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MUSE, Simulation Theory

C’est à chaque fois un événement. Trois ans après la sortie de Drones, Muse revient en cette fin d’année 2018 avec leur nouveau disque : le très attendu Simulation Theory. Comme à chaque fois, Muse profite de leurs albums pour expérimenter, tenter, conquérir un nouveau public. Ils aiment s’amuser dans leurs disques, ce qui est tout à leur honneur. Mais à force de vouloir s’essayer à tant de styles, ne prennent-ils pas un trop grand risque ?

 

Dès le premier morceau, on se demande si on ne s’est pas trompés. On se retrouve en plein milieu d’un épisode de Stranger Things, mis en musique par Kavinsky. Ce n’est pas mauvais, mais ça n’a rien à voir avec l’essence de Muse. Heureusement, un air de piano, qui nous rappelle Space Dementia ou Butterflies and Hurricanes, fait durer un peu l’espoir qui nous reste encore (plus pour longtemps malheureusement). La voix de Matthew Bellamy apparaît après une minute trente. C’est bien la seule chose qui n’a pas changé chez Muse : la voix toujours aussi dingue de leur chanteur. Algorithm est un bon opener, même si on est loin de la qualité de ce qu’on a pu entendre jusque là.

 

On enchaîne sur The Dark Side, mi-pop, mi-électro, encore une fois, on est heureux d’entendre la voix de Bellamy qui sauve tout, mais le refrain est un naufrage, et c’est globalement la faiblesse qui ressort de l’album en général. C’est long, très long. On se demande quand le morceau va se terminer, et d’ailleurs, on passe à Pressure, qui est un des 5 titres sortis en amont. Un titre qui rappelle parfois Panic Station avec son ambiance funky, mais une nouvelle fois, le refrain est décevant, plat et très en dessous de ce qu’on pouvait encore attendre.

Avec Propaganda, on est désormais entre Prince et Justin Timberlake. On ne comprend pas bien la proposition du groupe, c’est brouillon, il y a trop d’informations.

 

Pour la suite, si on exclut Thought Contagion, premier morceau dévoilé de l’album qui est un bon élément (surtout en live, cela s’est confirmé en février dernier lors du live-première à La Cigale), on part sur un trio de grand n’importe quoi. Tantôt des sonorités mi-orientales mi-Halloween sur Break It To Me, tantôt un mauvais boys band sur Get Up and Fight, sans parler du single Something Human qui est vide, et dénué de tout sens.

On notera quand même Blockades qui est un bon titre, assez solide, qui peut-être vu comme une suite à MK Ultra que l’on trouve sur l’album The Resistance. C’est le seul morceau qui sort du lot.

Une comparaison plus que légitime se fait entre le Madness de The 2nd Law et sa nouvelle jumelle maléfique Dig Down. Et puis la version standard du CD nous quitte sur The Void, pas mauvaise, mais elle nous laisse sur notre faim, il manque quelque chose à cette chanson, comme à l’album en général de toute façon.

 

Pour les chanceux détenteurs de la version deluxe, vous y retrouverez une version « Alternate Reality » très intéressante d’Algorithm, qui penche vers une BO d’un film d’épopée paranormale. De même pour The Dark Side, même si cette fois, l’univers alternatif ne fonctionne pas. Puis, Bellamy s’essaye à belle tentative « Acoustic Version » de Propaganda, mais il reste trop d’effets pour que cette version « acoustique » soit réellement considérée comme telle. La version acoustique de Something Human ne change rien à la catastrophe délivrée par cette chanson. On terminera cette critique par une mention spéciale accordée à la chorale gospel accompagnant le piano, la guitare et la voix de Bellamy sur la version acoustique de Dig Down qui clôt la version « améliorée » de l’album.

 

On aurait pu croire à une blague, mais Muse assume ce virage bien trop serré et nous laisse avec notre faim. Beaucoup seront déçus, mais ces sonorités amèneront certainement un nouveau public et toucheront d’autres personnes. Muse a définitivement enterré ce qu’il était avant 2006 au grand dam de leurs fans de la première heure, qui regrettent les influences rock, laissées de côté après Absolution.

 

On le sait, Muse est maintenant taillé pour les stades, la preuve encore, la tournée d’ores et déjà annoncée est uniquement composée de grands espaces et festivals. Ils seront d’ailleurs au Stade de France le 6 juillet, au Stade Orange Vélodrome de Marseille le 9 juillet et au Matmut Atlantique de Bordeaux le 16 juillet 2019. Les billets seront en vente dès le 15 novembre prochain. On sait que le live est la force de Muse, on attend donc leurs prestations avec impatience, peut-être arriveront-ils à tirer quelque chose de cet album qui est très loin derrière les autres de leur discographie.

 

Gaëlle Flesselle

 

Artiste : Muse
Album : Simulation Theory
Label/Distribution : Warner Bros. Record
Date de sortie : 9 novembre 2019
Genre : Rock
Catégorie : Album Rock

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3 comments
  1. Je cherche des critiques sur cet album que je suis en train d’écouter. Ni positives ni négatives, juste construites.
    Malheureusement, c’est chaud d’arriver à des conclusions aussi personnelles et peu construites.
    Réécoutez et essayez encore.

  2. J’ai acheté le dernier album comme tous les autres d’ailleurs… Et je trouves ça super ce petit changement de style de leur part ! En effet il est beaucoup plus électro que d’habitude avec des chansons qui nous font énormément penser à du Depeche mode où même du Hurts notamment pour propaganda et break it to me. Mais je trouve celà très bien car le petit côté redondant de Drones commencait à me décevoir. De plus il ne faut pas oublier que chaque groupe à ces périodes je pense évidement à songs faith and dévotion de Depeche mode qui était un album très rock de leur part à l’époque ! Après si les fans n’arrivent pas à s’ouvrir musicalement et qu’ils s’enferment dans leur style je n’y peux rien… il y a beaucoup de personnes fermées d’esprit dans ce monde et on voit où ça nous mène…Et n’oublions pas que cela va à l’encontre de la politique de MUSE.

  3. Vous n’avez pas totalement tort mais si sur disque je trouve que c’est quand même cher payé. franchement j’ai écouter l’album de long en large et je peux dire qu’il y a quand même d’excellents morceau comme algoritm, blockades, dark side, the void. Les morceaux comme propagande et break it to me sont à écouter plusieurs fois parce que franchement c’est des titres visionnaire au début franchement on se fait pas trop prendre au jeu et après il faut laisser tomber ses préjugés et réécouter et on apprécie vraiment leur juste valeur.
    Après get up and fight franchement je peux pas écouter. C’est excessivement mauvais. C’est de la même trempe que big freeze ou revolt. Et encore je préfère ces deux dernières. Pour les titres comme pressure, dig down et something human, je pense qu’ils ont quand même cédé à la facilité. Ça reste des bons titres mais pas excellents. ça change quand même de secours en été habitué pour les albums comme absolution origin of symmetry ou showbiz. Pour finir je remettrais quand même un petit 8 sur 10 là où je mettais quand même un très bon 10 pour les autres. Mais c’est album est loin d’être mauvais.
    Il faut vraiment arrêter avec le cliché de “muse est fait pour les stades”. Pourquoi parce qu’ils chantent en LIVE qu’ils ont des effets spéciaux délirants? Et alors ils font le show et ils m’ont toujours fait.

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