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THE SLOW SLIDERS, Glissade tranquille

Presque une dizaine d’années après leurs débuts et à la suite des sorties pas forcément récentes de deux EP, les Slow Sliders nous offrent enfin un premier album. Forcément très attendu, Glissade tranquille tient toutes ses promesses et bien plus encore…  

 

Quelque part entre Brest, Rennes et Nantes, aux côtés d’excellentes formations telles que Bantam Lyons, Djokovic, ou encore Baston, les Slow Sliders tissent depuis un peu moins de dix ans maintenant une agréable toile teintée de jangle pop et de surf rock. Si quelques sons avaient déjà été partagés sur deux disques courts ainsi que sur les réseaux, jamais le groupe nantais n’avait sauté le pas du premier album. Néanmoins, les prestations scéniques ne laissaient présager que le meilleur. Et le meilleur est arrivé avec Glissade tranquille.

 

C’est avec Impalos que nous embarque en cette toute fin d’été les jeunes et talentueux musiciens bretons. Axel De La Pinta, Clovis Le Pivert, Gwenvael Mordret et Victor Gobbé ont l’art de créer des mélodies entrainantes et empreintes d’une certaine nostalgie qui nous gagne par la force des choses. À l’image de formations américaines, tout de même légèrement plus axées shoegaze, telles que DIIV ou Beach Fossils. Il est également difficile de lutter par la suite avec It’s Hard to Hate, le dernier extrait proposé par le groupe il y a de cela plusieurs semaines. Quelques minutes plus tard, on retrouve aussi Pady, un somptueux morceau dévoilé il y a maintenant plus d’un an.

Mais ce premier opus de huit titres regorge aussi de pièces inédites. On pense aux ensoleillés joyaux indie pop que sont Tell Me More ou bien Lesneu (un hommage à la commune finistérienne de Lesneven et peut-être un peu aussi au récent projet du chanteur Victor qui a accouché en décembre dernier d’un éblouissant premier EP nommé Lovin’). Si Pégase se permet de jouer la carte de rythmiques légèrement accidentées, la balade folk Empty Days prouve avec brio que la bande sait aussi se faire davantage minimaliste. Mais Glissade tranquille ne serait pas le même sans I’m Dead Anyway, un final sublime et bouleversant qui illustre encore un peu plus toute l’étendue de la palette vocale de Victor Gobbé. Sur cet ultime morceau, plus que jamais, les parties instrumentales se complètent parfaitement pour ne former qu’un seul noyau solide. Ces dernières notes appellent à l’introspection et viennent asseoir, en apothéose, la qualité indiscutable et certainement éternelle des compostions des Slow Sliders. Un moment de musique rare.      

 

Aux premiers abords, le son des quatre Nantais rappelle fortement la démarche d’un Mac Demarco, la mélancolie en plus. Il faut dire qu’avec leur attitude assumé de slacker et leur propension au second degré, il est difficile de s’attendre à autant de sensibilité. Pourtant, l’émotion véhiculée par les mélodies est clairement palpable. C’est d’ailleurs ce qui fait de ce premier disque un véritable et authentique coup de maître. Avec cet essai sincère et dénué de tout artifice, les Slow Sliders nous invite dans leur monde. Et quel monde ! Allez-y sans crainte, vous pouvez vous laisser glisser tranquillement !         

 

Hugo COUILLARD

Artiste : The Slow Sliders

Album : Glissade tranquille

Label : Kythibong, Eminence grise

Date de sortie : 21/09/2018

Genre : Rock indé

Catégorie : Album rock

 

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