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HELLFEST 2018, Vendredi 22 juin 2018, Clisson (44) – Part2

Vendredi, Jour J – La suite

N.B. : Ayant assisté à une trentaine de concerts ce vendredi, nous avons décidé de découper en trois parties ce live report afin de ne pas effrayer nos lecteurs. Précédemment ont été évoqués les 11 premiers shows (Bukowski, Sons of Otis, Toseland, Darkenhöld, Spermbirds, TesseracT, Dopethrone, The Chris Slade Timeline  Hard-Ons, Sons of Apollo et Celeste) . Dans cette seconde partie sont décrits les concerts ayant eu lieu entre 15h et 20h. Suivront enfin ceux de la soirée.

Bonne lecture.

 

À 15h05, Rose Tattoo prend place sur la Main Stage 1. Les vétérans australiens emmenés pas Angry Anderson attirent un public fidèle mais tout de même compté par rapport à la taille de la scène. Les aficionados n’en perdent pas une miette et reprennent à tue-tête les refrains des six titres interprétés aujourd’hui (One of the boys, Juice on the loose, Tramp, Rock’n’roll outlaw, bad boy for love et Nice boys). L’ambiance est à la nostalgie. Le groupe semble apprécier le moment même si le set à un petit côté empâté et attire peu le jeune public, profitant de ce concert pour se sustenter et s’hydrater…

 

Au même moment au Temple, le black metal dénué d’originalité et quelque peu passéiste de Nordjevel est à l’ouvrage. La récente formation affichant au compteur un album et un EP est on-ne-peut-plus carrée. Ici le blast beat est roi, ça riffe à tout-va, ça corpse paint, clous et cartouchières à tous les étages… Le groupe d’Østfold aligne ainsi tous les poncifs pour revendiquer, semble- t-il, sa filiation à la scène black norvégienne du début des années 90. Mais après celle de Celeste, leur prestation a quelque chose d’inoffensif…

 

Troisième formation à jouer sur le même créneau horaire, Seven Hate et son punk truculent made in Poitiers. Pour le coup et malgré le cagnard, le public de la Warzone est plus compact qu’ailleurs et affiche une très bonne humeur.

Il est vrai qu’il assiste à petit événement et dès que les rythmes endiablés balancés par la batterie résonnent dans l’air, les pogos s’enchaînent. Pour l’occasion, Eric est convié à shooter depuis la scène ; ça fleure bon les années 90 et le punk mélodique…

 

Come back sur la Main Stage 2 investie par Converge. Les Bostoniens réveillent une foule quelque peu endormie (l’effet Rose Tattoo combiné au soleil et aux bières peut être…). Il est bien compliqué de mettre une étiquette et de décrire ce à quoi l’on assiste avec le set des Américains, à la fois punk et d’une brutalité inouïe, notamment au travers des hurlements de Bannon qui s’apparentent davantage à des aboiements qu’à des paroles, le concert n’en est pas moins léché et étudié. Barkingcore ?

Peu importe le genre, le quatuor écrase tout sur son passage et relance les slammers en manque de réelle sensation forte sur la grande scène depuis quelques heures.

 

Histoire de trouver un brin d’ombre, direction la Valley où officie Bongzilla. Bienvenue en territoire stoner pour une grande partie instrumentale. Le set concocté est totalement hypnotique. Le frontman Mike Makela n’offre pas le visage des grands jours : c’est les yeux fuyants et parfois révulsés qu’il aligne les riffs à l’esthétique stupéfiante et par moment souintant le blues.

L’ambiance est presque plus lourde sous le chapiteau que sous le soleil de plomb. Kyuss, Fugazi et consorts, le désert nous reviennent pas bouffées successives. La nasse semble se referme sur le public captivé par la formation dévolue aux psychotropes…

 

Sans transition, il est désormais temps de faire place à la “Queen of noise“, à la grande, belle et inédite en Europe, j’ai nommé Joan Jett ! Fortement respectée dans le milieu grâce à son parcours plus que respectable, Joan Marie Larkin, pour l’état civil, est attendue par bon nombre de festivaliers cet après-midi. C’est avec Victim of Circumstance que les cinquante minutes attribuées à la formation Joan Jett and the Blackhearts débutent, tout de suite suivie par le cultissime Cherry Bomb. Son refrain ravageur est repris en choeur par toute l’assemblée, avant que le calme plat revienne gagner la foule, qui ne semblait pas connaître les trois quart des titres bien qu’illustres… Do you wanna touch me (oh yeah), Bad reputation, You drive me wild

La reprise de Light of dayThe French song et son refrain plus qu’évocateur… Toute la discographie de la belle y passe, que ce soit avec les Blackhearts, les Runaways ou en solitaire, ainsi que les (nombreuses) reprises ayant fait le succès de l’artiste. Nous aurons même l’honneur de pouvoir entendre Fresh Start, le titre issu de la bande originale du documentaire Bad Reputation, que nous pourrons (peut-être) voir sur nos écrans en septembre. Bien entendu, I Love Rock’n’Roll fait le bonheur du public présent, sur lequel nous nous retrouverons même au cœur d’un pogo puis à porter une jeune fille d’une dizaine d’années en slam ! Le set se termine sur I hate myself for loving you, et on se déteste de devoir lui dire au revoir pour une durée probablement indéterminée… A la prochaine fois, grande Dame !

 

Retour au Temple pour le folk / black atmo des écossais de Saor, enfin du « one man band » studio, Andy Marshall, chanteur et bassiste de son état. En live, ce dernier est accompagné d’un batteur, de deux guitaristes et d’un violoniste. Le set est épique, l’interprétation excellente mais l’ensemble sonne quelque peu emphatique parce que décalé compte tenu de l’absence de « look » des musiciens… Paradoxal parce qu’habituellement, je considère comme une qualité ce que je reproche présentement à Saor. Cela s’est traduit, pour moi, par une sorte d’empêchement à entrer dans l’univers très Highlands / Braveheart des thèmes musicaux déployés… Bref, ils n’auraient pas été ridicules en kilt !

 

Amoureux de punk mélodique, direction la Warzone. Les Burning Heads prolongent le petit plaisir suscité trois quarts d’heure plus tôt par leurs compatriotes de Seven Hate. Le public réuni sur cette scène excentrée se délecte des hymnes – pas moins de 18 tout de même – parmi lesquels A true life, Competition ou encore S.O.S font mouche.

Comme dans un concours, les slammers sont légions à défiler. Mieux encore, ce sont des récidivistes qui fréquentent le pit aux côtés des photographes et des agents de sécurité. Pas de casse – même si une colonne vertébrale de salle de Sciences et Vie de la Terre jonche le sol… – mais beaucoup de sourires et de bras levés au ciel. La Warzone s’éclate jusqu’à la reprise des Clash, The Guns of Brixton.

 

Première incursion personnelle devant les Main Stages, la 2 en l’occurrence, pour Meshuggah. Très en avance et rôtissant sous un soleil de plomb alors que d’autres somnolent paisiblement – je subis le dernier quart d’heure du set de Joan Jett sur la scène attenante – j’attends patiemment  les « inventeurs » du djent.  La scène est décorée du visuel du dernier album en date des Suédois, The Violent Sleep of Reason (2016). Et c’est parti pour une succession de polyrythmies en béton armé, de vocaux scandés, de soli complètement « dégingandés » … la musique du quintet est furieuse et agressive, elle est étouffante tant l’ensemble sonne dense, ultra répétitive mais foisonnante de nuances. Ça se déchaîne dans le pit, les agents de sécurité auront à réceptionner un flux continu de slammers à la barrière. Côté setlist, huit morceaux faisant la part belle aux trois derniers albums du groupe. J’aurais aimé entendre du Chaosphere… C’est ainsi.

 

Sous la Valley c’est un set maousse, comme déboulonné au pied de biche qui se donne à voir. Crowbar est dans la place depuis presque 30 ans et aujourd’hui c’est Clisson qui fait les frais de la bande de Kirk Windstein et de son sludge mastodonte.

Il y a ici des puristes qui se régalent et headbanguent avec l’extrême lenteur de la batterie et les novices, comme moi, qui apprécient l’instant qui s’étire. Cette année encore la Valley est résolument une scène qualitative et pleine de surprises.

 

Quelques instants plus tard, la Main Stage 1 résonne au son des Suédois d’Europe. Nous assistons à une prestation simple mais efficace, à la fois culte et mythique. La discographie du groupe est représentée en nombre et les musiciens sont une fois de plus heureux d’être présents. Tout le monde s’amuse, Joey Tempest est en grande forme et se déplace d’un bout à l’autre de la scène en courant. Rock the night et Sign of the times mettent la foule dans un état euphorique, avant que le grand final sur Cherokee et The Final Countdownmette tout le monde d’accord. La prestation en soi n’était pas exceptionnelle, mais voir Europe est un moment agréable à vivre dans une vie.

 

Mysticum. Attention, groupe culte ! Peut être même plus que ceux précédemment cités, question de point de vue bien sûr… 25 années d’existence pour seulement deux albums studios (un aller simple au panthéon de l’histoire du black metal en 1996 avec In the Streams of Inferno). Pour qui a vu les captations vidéo de leur concert au Roadburn 2017, l’attente devait être fébrile et pourtant, la scène du Temple est loin d’être comble… Tant mieux ! Plus facile de se placer à la barrière. Il fait jour mais déjà, les ténèbres semblent se refermer sur cette zone du Hellfest qui va bientôt basculer dans un univers black industriel visuel à l’extrême… et assez rapidement redondant finalement, mais qu’importe, ma première grosse baffe du festival.

Les trois de Mysticum – Cerastes (chant et guitare), Prime Evil (chant et guitare) et Dr Best (basse) – accèdent par échelle à leurs promontoires respectifs sur fond de samples « ambient » minimalistes. S’ensuit une heure de black indus martial et impitoyable : vocaux incantatoires, mur de riffs, boîte à rythme limite « techno gabber » et déluge de vidéo-projections à base de symboles lucifériens, spirales, imagerie de Guerre mondiale et autres coulées magmatiques sur les perchoirs et les trois écrans situés à l’arrière de la scène. L’impression d’être ailleurs s’impose, vraiment. Un moment incongru du show : une avanie matérielle! Un technicien doit alors faire l’ascension d’un piédestal pour remédier au problème et c’est reparti comme en ’14…

 

Troisième et dernière formation française à enchaîner sur la Warzone dans le registre punk mélo, Uncommonmenfrommars. Le coup du chapeau en quelque sorte. La formation, après un hiatus de 5 années, avait annoncé sa reformation en vue du Hellfest. (…)

D’emblée la magie opère : côté scène on offre de nombreux jumps, sauts auxquels la foule répond avec des vagues incessantes de crowdsurfing. Alors que la température commence à baisser – il est tout de même bientôt 20h(!) – la Warzone maintient à un haut niveau la pression, ce qui n’est pas sans déplaire aux Ardéchois, tout sourire pendant l’heure qui leur est octroyée.

 

À Suivre les concerts à partir de 20h.

-Marion ARNAL, Fred, Benoît GILBERT

-Crédits photos : Benoît GILBERT, Éric

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