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GIORGO POI + PHOENIX, 13 juin 2018, Les nuits de Fourvière, Lyon (69)

Ce mercredi 13 juin, l’ancien théâtre romain surplombant Lyon fleure bon l’Italie. Flâner dans les ruelles de la colline de Fourvière suffirait à s’y méprendre. Et ce n’est pas la programmation de ce soir aux Nuits de Fourvière qui mettrait fin à l’illusion : le concert de Phoenix, accompagné du groupe italien Giorgio Poi, affichent complet. Un an après la sortie de Ti amo, ôde à la Péninsule, les quatre versaillais reprennent les routes des festivals d’été avant de se frotter à une série de dates aux Etats-Unis à la rentrée.

 

     Difficile d’évoquer le festival des Nuits de Fourvière sans décrire ce lieu si particulier. Le théâtre antique, construit au début de l’Empire, est un véritable bijou. L’immensité des gradins en demi-cercle, les ruines d’escaliers labyrinthiques dissimulées autour de la scène, ainsi que le musée gallo-romain de Lyon font de cet endroit l’un des plus appréciable de la métropole. La programmation pointue du festival cette année vient couronner le tout : les ingrédients semblent réunis pour que ces Nuits restent gravées dans les mémoires.

     21:30, la première partie commence. Giorgio Poi et ses musiciens livrent une pop sucrée sous le soleil couchant de Lyon. Ce jeune italien originaire du Piémont a accompagné Phoenix sur plusieurs dates de la tournée. Un choix made in Italy donc, assorti aux couleurs de Ti amo. La foule s’agite un peu au troisième morceau sans pour autant se laisser porter : les français sont attendus avec beaucoup d’impatience.

     22:30, les musiciens de Phoenix arrivent sur scène. J-Boy, l’un des titres phares de toutes les playlists de l’été dernier, ouvre le bal. Déjà dix-sept ans de carrière pour ce groupe français longtemps boudé par son pays d’origine, et on retrouve toujours cette même candeur singulière qui mâtine le son de leurs six albums.

La cavea du théâtre antique affiche comble pour Phoenix, ce soir.

     A l’aube des années 90, le guitariste Laurent Brancowitz faisait partie du groupe Darlin’, dont les deux autres membres n’étaient nul autre que Thomas Bangalter et Guy Manuel de Homem-Christo… ou les Daft Punk. L’électronique et la French Touch sont donc encrés dans l’identité musicale de Phoenix.

     Second titre, Lasso, issu de Wolfgang Amadeus Phoenix. La surprise est intense et ravive les souvenirs de ce très bel album de 2013, ticket d’entrée vers la carrière internationale que le groupe méritait. S’enchaînent Lisztomania, où le public s’époumone sur le refrain, Tryin’ to be cool, et même Like a sunset, morceau présent sur la fameuse B.O du film « Somewhere » de Sofia Coppola.

    Puis les musiciens au look dandy enchaînent Ti Amo et le génial Armistice. Ils interprètent également des titres plus anciens, comme Too Young (Alphabetical, 2004), ou encore If I ever feel better (United, 2000).  Des morceaux sont piochés dans tous les albums et les versaillais n’interprètent que des tubes ; comme Entertainment (Bankrupt !, 2013). Le choix de la setlist est parfaitement dosé, permettant de combler à la fois les fans de la première heure et les fans les plus récents.

Thomas Mars irradie la scène des Nuits de Fourvière de générosité et de bienveillance.

     Sans tergiverser, le chanteur aux cheveux longs fait cesser le concert quelques instants, quand il aperçoit une jeune fille se blesser au premier rang dans la fosse. Et même quand la scène se transforme en une géante bataille de coussins – initialement destinés à rendre plus confortable les gradins du théâtre –  les musiciens n’hésitent pas à participer à cette joyeuse mascarade. A plusieurs reprises, Thomas Mars prend des bains de foule et grimpe dans les gradins, pour se rapprocher un peu plus de son public.

    Le festival des Nuits de Fourvière possède une dimension très intime. La foule n’est jamais trop loin de la scène et jouit d’une belle qualité sonore, amplifiée par la configuration du théâtre antique. L’édition 2018 se termine à la fin du mois de juillet et promet encore de belles Nuits.

 

– Léopoldine D.

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