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Feu ! Chatterton + Norma, mercredi 4 avril 2018, La Rodia, Besançon (25)

Dans le cadre de « Fair le Tour », La Rodia accueillait mercredi 4 avril Norma et Feu! Chatterton. Retour sur un des concerts les plus intenses auxquels nous avons assisté en ce début année.

Complet depuis plusieurs jours, le concert des cinq parisiens est attendu avec beaucoup de ferveur. Dès 20h00, le bar est densément investi, chose assez rare alors que le concert ne débute pas avant 20h45. Voici une bonne nouvelle pour la jeune toulousaine Norma qui assure la première partie de cette soirée. Révélée par les Inrocks Labs, elle présente les titres de son EP Badland et les futurs titres de son album en pleine préparation.  Ce soir, Norma est orpheline de son groupe. Qu’à cela ne tienne ! Un clavier, une guitare et un Ipod lui suffiront pour nous accompagner 45 minutes durant, avec des compositions pop envoutantes et rythmées. Tantôt doux, tantôt électrique, le son de Norma se révèle d’influences diverses. De l’hymne folk Girl In the City, en passant par la puissante ballade rock Lost and Found, l’orient prend une part importante dans ses rythmiques et son jeu de guitare.

Le public de la Rodia se montre réceptif et la salle reste fortement garnie durant toute sa prestation. C’est sur le titre Woman que Norma nous quitte avec une bonne humeur toujours aussi communicative. Belle découverte. 

 

 

Durant le backline, personne ne veut perdre sa place et peu de spectateurs osent s’aventurer pour aller prendre une bière au bar. On mutualise et on envoie des émissaires qui reviennent les bras chargés de gobelets pour ravitailler les gosiers asséchés. Tous attendent impatiemment le début de la grande messe poétique de Feu ! Chatterton.

Il est 21h45 quand sonne le glas. C’est avec le duo Je ne te vois plus et Grace – qui ouvre également le splendide album L’Oiseleur sortit en ce début de printemps (retrouvez notre chronique ici) – que le quintet ouvre le bal de cette soirée qui s’annonce exquise. La scène est habillée de miroirs mobiles qui enveloppent le groupe et renvoient des reflets dans toute la salle.

Grace fait place à Ophélie qui devra s’éclipser devant Ginger puis Anna avant que Juliette n’ait le dernier mot. L’arrivée du Côte Concorde nous propulse au milieu d’une véritable tempête. Des riffs puissants s’abattent sur la scène de la Rodia et déferlent sur la foule compacte.

 

 

En a peine quatre morceaux, nous ressentons la maîtrise et la symbiose du groupe. Les morceaux sont joués à la perfection et l’interprétation au chant nous emporte par son intensité. Un engagement sans limite des musiciens sur chaque titre confère à cette prestation un parfum de cérémonie que sublime encore Arthur Teboul par ses interventions empruntes de gentillesse et de poésie. 

La célébration continue avec la bossa nova de L’oiseau qui permet au public de reprendre ses esprits et son souffle. Mais l’accalmie sera de courte durée car, si elle n’a pas le dernier mot, Ginger vendra cher sa peau. « La montagne vacille » et nous avec, dans une ambiance Chapeau melon et bottes de cuir portée par les synthés omniprésents et un final salué par une ovation. La première mais pas la dernière.

L’ivresse, morceau décalé et interprété avec justesse démontre une nouvelle fois, s’il y en avait besoin, la qualité de jeu du groupe. 

 

 

Feu ! Chatterton navigue entre ses deux albums et son premier EP avec la présence du magnifique et nostalgique A l’aube, proposé dans une version electro-rock percutante qui met le feu à la salle.

Anna et sa rythmique saccadée permet de souligner la justesse du jeu de Raphaël à la batterie tout comme de ses acolytes : Antoine, Clément et Sébastien, tous d’une précision implacable. 

Poète brillant, Arthur Teboul n’en n’est pas moins humble et avec Zone libre, il reprend Aragon et convoque les fantômes d’Eluard, Apollinaire, et consort.

L’heure avance et la fin est proche. Après le glas de l’attente, c’est celui de l’au revoir qui pointe le bout de son nez. La mort dans la pinède nous fait swinguer et embrase nos cœurs conquis. Et, quitte à partir, autant ne pas lésiner sur les moyens et prendre le large avec un Boeing en first class please. Détonnant, complétement fou, La Rodia se déchaine et penche sévèrement à gauche !!!!

 

 

L’ovation est à la mesure de la prestation et le rappel sera gargantuesque. Souvenir, ballade progressive avec son final en apothéose, Porte Z et La fenêtre nous accompagnent délicatement vers les côtes mexicaines de La Malinche. La Rodia se transforme en club pour une interprétation electro-funk. On se dandine sur un morceau qui s’étire pendant plusieurs minutes que l’on ne veut pas voir finir tant la communion est totale. Gargantuesque, le terme n’était pas trop fort. La générosité de Feu ! Chatterton transporte le public, soulignons-la d’autant plus qu’après une deuxième ovation plus que justifiée, les cinq comparses nous feront l’honneur de revenir à nouveau, surprenant les premières personnes qui étaient mécaniquement déjà en train de quitter la salle.

Nous l’évoquions précédemment : Juliette aura le dernier mot ce soir. Sari d’Orcino clôture une soirée parfaite. Nous nous reverrons avec joie pour partager la poésie de Feu ! Chatterton Oh !!! Oui…

 

  • Rémy Poidevin

 

Setlist de Feu ! Chatterton

Je ne te vois plus 

Grace 

Ophélie

Côte Concorde 

L’oiseau

Ginger

L’ivresse 

A l’aube

Anna 

Zone libre

La mort dans la pinède 

Boeing

Rappel

Souvenir

Porte Z  

La fenêtre  

La Malinche

Rappel

Sari d’Orcino

 

 

Crédits photo : Merci à La Rodia – Clément Airiau – Elsa Bellucci

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