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NEW ORDER, NOMC15

Le groupe légendaire de Manchester est de retour avec son quatrième album live, le troisième en 6 ans, enregistré à la Brixton Academy de Londres en novembre 2015. Ce disque est l’occasion de (re)découvrir ce groupe majeur avec des réinterprétations parfois étonnantes et surprenantes de nouveautés ou de classiques, pour un ensemble particulièrement réussi et aux sonorités tant reconnaissables.

La bande débute de manière étonnante : exit le titre rock Crystal, relégué en milieu de set list, ou un morceau de Music Complete, dernier album studio en date, au profit d’un extrait du prélude de l’or du Rhin, l’opéra de Wagner, joué pour la première fois en 1869. Vision présomptueuse de leur ouvre devenue elle aussi « classique » ? Allusion à leur volonté de garder l’héritage, « or musical », à l’abri des dangers (comme une allusion aux actions procédurières avec l’ex bassiste Peter Hook, parti pour d’autres projets ?) L’effet retombé, le groupe attaque le concert sui peut se diviser en deux parties : une première autour du dernier album, et du cultissime Power, lies and corruption de 1983 (que le magazine NME a placé en 2013 dans la liste des 500 plus grands albums de tous les temps). Les morceaux récents, comme Singularity, ou Restless, passent ainsi sans encombre l’épreuve de la scène, et c’est avec beaucoup de plaisir que les fans retrouvent certains titres fameux des années 1980, comme le superbe Lonesome tonight, avec son intro de basse bien exécuté, 586 qui ressemble au petit frère de Blue Monday avec un accent kraftwerkien, mais tout aussi efficace, sans oublier le célèbre Your silent Face, avec son labyrinthe de synthés, batterie électronique et cet instrument sifflotant accompagné de la basse. Le groupe enchaine ses titres, souvent assez longs, avant de régaler le public de deux titres particulièrement dansant et donc au cœur de l’ADN du groupe, Tutti Frutti, virevoltant et facétieux, et People On The High Line.

La seconde partie ressemble à la quintessence d’un best-of de près de quarante années de musique anglo-saxonne, après les singles imparables Ceremony ou Crystal joués durant la première partie. Elle débute avec Bizarre Love Triangle, et, parfois avec New Order, l’impression de kitsch peut croiser la perfection synth-pop : on jure écouter Début de Soirée, et puis on découvre un titre relooké qui (re)devient familier après une bonne minute, ravissant le public avec ses parties instrumentales toujours aussi superbes. Waiting For The Siren’s Call subit le même sort, pour un résultat étonnant et extrêmement dansant.

La suite des titres finit de transformer la salle en un immense dance floor : The perfect Kiss, où la basse cohabite avec les légendaires cris de grenouilles, avant un déferlement d’électro et de guitares ; la frénésie ne retombe pas au moment où débutent les deux hymnes suivants, True Faith et Temptation, eux aussi maquillés voir méconnaissables au tout début mais qui touchent ensuite à la perfection, et entendre le public chanter le refrain du second titre et siffloter avec Barney donne à ce standard une puissance et une beauté remarquables.

New Order est unique. Tout comme le fut Joy Division, dont le batteur (Morris) et guitariste (Sumner) perpétuent l’héritage et le souvenir ; quiconque a pu entendre des titres en live mesure le privilège qui fut le sien, comme ici le rock gothique mystérieux et toujours envoûtant d’Atmosphère, avant l’exceptionnel, bouleversant et intemporel Love Will Tear Us Apart, joué avec justesse et précision, avec le refrain lui aussi repris par tout le public, qui ponctue ce set de la meilleure des manières.

Mais le plaisir se prolonge, «OK one more » clame Barney, qui en éternel adolescent déconneur termine avec Blue Monday, non sans dire au tout début en se marrant « I recognize that byte », avant de dérouler ce titre éternel pendant 7 minutes, remerciant longuement le public de ce concert dont le rendu sur disque est vraiment remarquable.

Ainsi, ce disque live de 18 titres, couvrant quatre décennies de musique, est un excellent moyen de prendre rencontre avec le groupe, ou pour les fans aguerris d’espérer de nouvelles dates, histoire de revoir à nouveau ce groupe qui demeure un des plus importants de toute l’histoire de la musique britannique depuis plus de 30 ans. Jusqu’à nouvel ordre.

-Julien Lagalice

 

 

 

Artiste : New Order

Album : NOMC15

Label/Distribution : Mute Records

Date de sortie : 2 décembre 2017

Genre : Alternative, électro, indie rock

Catégorie : Album rock

 

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