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KING KRULE, The Ooz

Si le nom d’Archy Marshall semble inconnu, nous avons tous déjà entendu parler de King Krule, ce jeune anglais à la crinière flamboyante et à la voix ténébreuse. Ils ne font pourtant qu’un, tout comme avec ses nombreux alter ego musicaux, à savoir Hypnodisc, Edgar the Beatmaker, ou encore Dj JD Sports. The Ooz est son premier album.

Artiste multiforme, Archy Marshall multiplie les pseudonymes pour faire vivre les différentes facettes de sa musique. Tantôt producteur d’une house méticuleuse au cœur d’une boiler room, tantôt maître de morceaux instrumentaux trip-hop, Archy Marshall mélange les genres et se crée une identité unique. Le « Roi » est un crooner, un rockeur, un rappeur, un producteur, un slameur. Difficile de poser une étiquette fixe sur celui qui s’est inspiré du grand Elvis dans le film King Creole pour trouver son nom de scène. Ce mélange de genres qui forge son identité, King Krule l’a nommé lui-même « Blue wave ». Difficile de nier l’inspiration cold wave qui transparaît dans ses instrumentales, et cette détonante sonorité jazz-blues. King Krule réussit en effet à créer une sorte de neo blues sur fond de synthétiseurs et de guitares électriques, et tout ça du haut de ses 23 ans.

The Ooz, son tout premier album sort enfin. Il comporte 19 titres qui nous immergent dans cet univers particulier, dictés par cette voix hypnotisante et grave.

On reste suspendus aux lèvres de Archy sur Biscuit Town, où le jeune prodige confirme son talent de rappeur dans un morceau aux synthés dissonants. Les mots claquent, et en quelques instants, nous voici en tête à tête avec l’anglais au fond d’un bar enfumé. The Locomotive est profonde, sombre, avec un refrain rock efficace. Le « King » dépeint la noirceur et la souffrance avec beaucoup de talent. Dum Surfer est une sorte d’ovni ou deux entités se répondent, et se situe encore une fois à la croisée de deux genres : jazz et rock. Sur le choix des synthétiseurs, Logos rappelle le travail de Mount Kimbie, avec qui il a plusieurs fois collaboré. Difficile de poser des mots sur Sublunary, sorte de transition musicale où notre rouquin se perd dans des élucubrations toujours plus sombres. Emergency Blimp nous transporte grâce à son aura rock et garage, registre sur lequel il est particulièrement agréable d’écouter Archy.

Cet album est un journal intime, un préambule de la noirceur, ou King Krule nous parle de drogues, d’amour désespérés, de mal-être… The Ooz est déconcertant. Tant d’influences se confondent dans cet ovni musical. Malgré sa popularité, Archy Marshall n’a pas cédé à la facilité et a laissé libre cours à ses envies, qui sont à contre courant de tout ce que l’on peut entendre actuellement. Ce mélange de genres différents donne lieu à un album immersif, avec une ambiance authentique et jazz. Sur 19 tracks, on a enfin l’impression de pouvoir prendre notre temps. Étrange ressenti puisque l’album ne dure qu’une heure et cinq minutes.

Ce premier opus ambitieux pourrait être à l’aube d’une belle carrière. Il serait intéressant d’écouter ce musicien dans des collaborations indie rock – on rêve secrètement d’un duo avec Peter Doherty.

King Krule est actuellement en tournée internationale et passera par la France pour deux dates à guichets fermés : le 26 novembre à Paris et le 29 novembre à Feyzin.

 

 

Artiste : King Krule

Album : The Ooz

Label/distribution : XL Recordings

Date de sortie : 13/10/2017

Genre : Rock

Catégorie : Indie

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