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INTERVIEW : THE SHERLOCKS

C’est à l’occasion du premier concert hors Angleterre de leur tournée Live For the Moment que nous avons eu l’occasion de discuter avec le groupe britannique The Sherlocks, avant qu’ils ne s’envolent pour la Belgique pour la suite de cette première tournée européenne. 

C’est dans les loges, situées au premier étage du bar, que nous rencontrons les musiciens. Ambiance anarcho-punk qui me rappelle les salles autogérées que j’ai pu arpenter il y a quelques années. 

Nous nous asseyons en cercle, installés entre fauteuils et canapés qui ornent la petite pièce bruyante donnant sur la rue, autour d’une bière et commençons à discuter. 

 

 

Ce soir n’est pas votre premier concert à Paris. Vous avez joué pour la première fois ici, à La Mécanique Ondulatoire. Comment était-ce ? 

C’était plutôt pas mal ! Le public était réceptif, les gens dansaient, on a bien aimé. On verra bien comment ce sera ce soir, on espère que ce sera comme la dernière fois, mais bon, peut-être que le public de ce soir ne nous connaît pas du tout et ça ne va pas prendre.

Qu’est-ce que vous préférez dans ce genre d’atmosphère, la proximité avec le public ? 

En réalité on est plutôt habitué à ce genre de petites scènes, donc on ne peut pas non plus vraiment comparer. La plupart des salles dans lesquelles on joue ressemblent à celles-ci. Cela dit, il nous est déjà arrivé de jouer sur des grosses scènes, notamment quand on s’est produits cet été en festivals, au Reading festival par exemple. La plus grosse scène que l’on ait faite, c’était en première partie de Kings of Leon à la Sheffield Arena. Et là c’était vraiment impressionnant, quand on a l’habitude des jouer face à un public plus réduit, de se retrouver d’un coup face à plusieurs milliers de personnes.C’était assez incroyable. Ce que l’on apprécie, dans les plus petites salles, c’est cette intimité qu’on peut nouer avec le public, c’est une sensation assez particulière qu’on adore ressentir lorsqu’on joue.

Il y a une scène en particulier à Paris où vous aimeriez jouer ? 

On ne connaît pas vraiment les scènes qu’il y a à Paris. Mais on a forcément entendu parler du Bataclan, malheureusement à cause des évènements de 2015. Donc on connaît un peu cette salle et on aimerait bien y jouer plus tard.

Comment sont reçus vos concerts dans votre pays, en Angleterre ? Avez-vous pu remarquer des différences ? Le public est-il plus réceptif, surtout à Sheffield, la ville d’où vous venez ? 

Comme on n’a pas fait beaucoup de scènes en dehors du Royaume-Uni. Du coup c’est difficile de comparer, peut-être que les différences qu’on peut sentir sont plus liées au circonstances de la soirée, au public qui était présent en particulier ce soir là. C’est difficile de faire une généralité sur le public d’un pays lorsqu’on n’y a joué que peu de fois. Par contre au sein du Royaume-Uni, effectivement c’est différent. A Sheffield en effet les personnes nous connaissent plus, ce sont notre famille et nos amis, et puis les amis de nos amis, qui viennent. Ils connaissent nos chansons, ils nous suivent et sont de plus en plus nombreux. En Irlande aussi, on a adoré y jouer, le public était très réceptif, les gens chantaient avec nous, c’était une ambiancetrès festive et donc très agréable.

Vous avez sorti votre premier album, Live for the moment cette année, ce qui est assez rapide finalement, puisque le groupe existe réellement depuis 3 ans seulement…

En réalité ça fait 7 ans que le groupe existe. Les 4 premières années on jouait exclusivement des reprises. Au bout de 4 ans on a commencé à écrire nos propres chansons, composer nos propres morceaux. Donc ce n’est pas si rapide que ça finalement. *rires*

Et était-ce un projet de longue date, cet album ? C’était votre but, quand vous avez créé le groupe, de sortir votre propre album ? 

Au tout début quand on s’est formés, on ne pensait pas réellement en arriver là. C’était effectivement un peu notre rêve, de sortir notre propre album, mais on ne s’est pas formés autour d’une idée précise, on voulait surtout faire de la musique ensemble, et suivre là où ça nous mènerait. Ensuite il y a 3 ans, quand on a commencé à écrire nos morceaux, on n’a pas tout de suite composé l’album. Petit à petit, au fur et à mesure de l’écriture, a commencé à se dessiner un projet qui a réussi à aboutir, avec la sortie de cet album.

Quelles ont été vos influences pour cet album ? Comment avez-vous réussi à vous unir autour de ces influences ? 

Même si chacun a ses préférences dans l’ensemble il y a quand même un noyau commun. Donc ce n’est pas difficile de s’accorder, on est déjà unis en quelque sorte par des goûts communs – quand je vous disais qu’il y avait une belle complicité entre eux. Mais on écoute un peu de tout, ça peut être par exemple The Killers, The Verve, AC/DC évidemment, The Strokes, ou encore David Bowie, Toto… Ça fait donc beaucoup d’influences différentes… Donc on essaie de puiser un peu dans tous ces styles, pour inspirer nos propres morceaux, et notre propre style à nous. Dès qu’un groupe, un morceau, ou parfois même juste une phrase musicale, nous plaît, on le garde de côté, et on en intègre le style dans notre propre son. Donc à partir de toutes ces différentes musiques, tous ces différents genres on crée quelque chose propre à nous.

Motions est très différent des autres morceaux de l’album. Que se cache-t-il derrière cette chanson, est-ce vers là que se dirige votre son ? 

Il y a de grandes chances, oui, que le prochain album soit plus dans la continuité de ce morceau.

A quelle fréquence écrivez-vous des morceaux ? Comment est-ce que vous vous organisez dans la composition ? Qui fait quoi ? 

Kirian : C’est moi qui écrit les chansons. En général, dès que j’ai une phrase musicale, ou des paroles, en tête, je l’écris dans mon carnet, que j’ai toujours sur moi. Je note tout.

J’essaie de me nourrir de tout ce que j’entends, mais surtout de tous nos lives. A chaque fois en sortant de concert, les chansons qu’on a jouées, l’ambiance qu’il y a eu… me font penser à un nouvel air, à un nouveau rythme, alors je l’écris avant de me coucher.

Les autres : C’est vrai il fait ça, dès qu’il rentre de concert il écrit, tout le temps.

Kirian : *rires* je n’écris pas non plus des nouveaux morceaux tous les soirs, mais de nouvelles choses que parfois je vais abandonner, et qui parfois vont donner naissance à une nouvelle chanson. Ensuite je partage avec le groupe, et chacun y apporte quelque chose à lui.

Josh : Oui, en général, il nous donne une idée générale qu’il a notée, ensuite moi j’essaie un petit rift  à ce moment Josh improvise une phrase sur sa guitare, ce qui me fait remarquer qu’il la tenait depuis le début de l’interview – puis Brandonapporte un beat, et ensuite on retravaille tout ça jusqu’à obtenir la version finale.

Pour le moment, est-ce que vous vous concentrez sur vos concerts pour promouvoir la sortie de votre nouvel album, ou avez-vous de nouveaux projets sur lesquels vous travaillez ? 

En effet on est plutôt concentrés sur la tournée. Mais bon, comme Kirian ne s’arrête jamais d’écrire, on est toujours en train de travailler sur la suite. On n’a pas encore vraiment défini le projet suivant mais ça arrive.

Est-ce qu’on peut s’attendre à un second album, éventuellement en préparation ? 

On l’espère oui ! Mais si tout se passe bien, il y a des chances qu’il y ait un prochain album prochainement. On a déjà beaucoup de chansons que l’on a écrites, certaines avant la sortie de Live for the moment, d’autres qu’on vient d’écrire, etqui pourraient être intégrées dans un second album. Et en pluson n’arrête pas d’écrire de nouveaux morceaux, qui pourraient aussi faire l’objet d’un album.

La rencontre se termine, après 20 minutes d’interview dans cette petite salle agréable, prêts à attaquer le concert, pour les britanniques comme pour nous. La légère timidité pressentie au début s’est au fil de la discussion échappée pour laisser place à une convivialité très appréciable. Ce qui nous a marquées, c’est cette douce complicité entre les musiciens, en partie due aux liens de parentés qui en unissent certains, puisqu’il s’agit de deux paires de frères (voilà bien une expression singulière, « paire de frères »…) : Kirian et Andy / Josh et Brandon. Ils se connaissent, se comprennent, et ça se sent autant en interview qu’en concert. Ils sont unis et transmettent cette complicité à leur public

 

-Noémie et Sophie

 

Crédits photo insérée dans l’article, prise lors de l’interview : Merci à Sophie Ponçot

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