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THE HORRORS, V

Trois ans après leur dernier album, The Horrors voient les choses en grand et avec ambition avec le super producteur Paul Epworth aux manettes (connu pour son travail avec Adèle, U2, Block Party notamment) mettant fin à des années d’auto-production, pour un voyage opérant entre inspirations eighties et mutations musicales.

D’emblée, avec Hologram, le groupe n’a rien perdu de ce son surpuissant vu sur Luminous, faisant écho à Nine Inch Nails mais aussi aux Simple Minds ; doté d’un beat asphyxiant, la longue composition de plus de six minutes met en valeur l’électronique omniprésente (avec un léger moment de calme à la fin du morceau). Mais nous retombons dans une ambiance assez dark avec le titre suivant, Press enter to exit, avec un faux air de dub et la voix du chanteur qui continue de s’élever jusqu’à laisser la place à une partie instrumentale plutôt ambitieuse. Machine ne déroge pas à la règle faisant que les titres durent au moins 5 minutes, et la chanson résume peut être assez bien le tournant opéré par le groupe en lien avec le son plus électro, bien que l’aspect rock demeure (cette chanson a des relents marqués de la grande époque des Stooges). Ghost débute tout en douceur avant un déluge sonore après 3 minutes, accompagné par une batterie hypothétique : The Horrors se surpasse dans l’art de tromper le public, comme si deux morceaux tenaient en un seul, le même cas de figure se répétant avec Weighed Down, qui s’apparente dans un premier temps à un slow étrange de Massive Attack ondulant sur de gros tambours, avant de prendre un tout autre chemin.

L’album comporte d’autres surprises, comme le morceau sautillant Point of no reply dont la filiation avec les Pet Shop Boys résonne comme une évidence, mais portée dans de nouvelles directions et énergies. Gathering et ses envolées spatialo-sonores avec une guitare acoustique (oui, vous avez bien lu !) apporte douceur et légèreté à ce joli titre, offrant à la voix de Badwan une superbe occasion de se mettre en évidence. L’excellent World Below semble être la quintessence de l’esprit de ce disque, entre rock industriel puissant et souvenirs sucrés “Made in eighties” (en compagnie des fantômes de Duran Duran et d’autres noms illustres) dans un format plus réduit (à peine trois minutes) mais particulièrement percutant.

It’s a good life est elle aussi une chanson faite de deux moitiés, deux entités qui cohabitent, entre une première moitié lente (ambiance downtempo et ambient), avant d’atteindre à l’aide de synthés rétros (évoquant ceux de The Who dans Who’s next ?) un point culminant libérateur, amenant un final particulièrement contemporain, moins gai que l’introduction mais diablement efficace. Pour terminer, The Horrors s’offre même un tube en puissance, Something to Remember Me By, titre new ordesque (on pense au formidable The perfect Kiss) où le rock va à la rencontre du dancefloor, offrant un ensemble assez irrésistible bien qu’il soit au final plutôt contrastant dans cet album.

L’impression dominante est que le groupe a voulu tout donner dans ce disque, s’investir pleinement et affecter toute son énergie à ce projet qui demeure assez expérimental, où les chemins musicaux empruntés sont nombreux et parfois déroutants, mais le résultat est vraiment très satisfaisant. V n’est pas que le numéro d’un album, c’est aussi (et peut-être) celui de la victoire et la reconnaissance du groupe.

 

 

Artiste : The Horrors

Album : V

Date de sortie : 22 septembre 2017-10-05

Label/Distibution : XL Recordings

Genre : Rock Indé, Shoegaze

Catégorie : Album Rock

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