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THE WAR ON DRUGS, A Deeper Understanding

The War On Drugs fait sa rentrée et nous livre cette année le sublissime A Deeper Understanding. 4ème album au compteur mais le premier signé chez la Major Atlantic Records et enregistré en partie dans un studio à Los Angeles délaissant Philadelphie leur terre natale. Il leur aura fallu un an et demi à boucler l’enregistrement de cet opus et pourtant Adam Graduciel n’est pas du type à chômer. Travailleur acharné et plus qu’impliqué dans le groupe, il s’est interdit l’alcool, le café et les drogues pour le réaliser. Le résultat en vaut largement la peine : A Deeper Understanding dépasse de loin nos attentes. 

La particularité de l’album dès qu’on commence à l’écouter est la surprise des titres longs et la multiplicité des instruments. Pendant 66 minutes on est bercé par les pensées torturées d’Adam Graduciel.

On commence avec Up All Night, morceau énergique emmené par le synthé qui prend de la force avec la batterie de plus en plus puissante jusqu’à que ce rythme soit coupé par une guitare électrique qui vient finalement lui redonner de l’élan.

Celle-ci s’impose comme l’instrument qui va faire vibrer les mélodies en apportant une profondeur aux récits du leader. Sur Strangest Thing, les notes s’abattent, ne laissant plus aucune issue au chanteur perdu qui parvient enfin à les identifier : “it’s the strangest thing” où ses paroles sont mises en exergue par la guitare électrique lui permettant de se libérer.

Il n’y a pas seulement cette dernière qui donne un sens à ses sentiments mais une multitude d’autres instruments se superposant,  et que l’on repère petit à petit à force d’écoutes. Sur Pain, les instruments se mélangent avec la voix d’Adam Graduciel poursuivant son discours, avec Holding On, cette dernière rebondit sur des notes de xylophone ainsi que des scintillements de synthé et le tournoiement de claviers qui conduit In Chains, symbolisant l’enchaînement de ses réflexions.

Multiplicité n’est pas synonyme de surcharge car les titres sont très bien construits. Chaque chose est à sa place comme une évidence.

Il n’en reste pas moins une ligne directrice dans chaque morceau. Le groupe ne perd pas et n’ennuie pas avec des titres qui pourraient être tirés en longueur mais surprend, intrigue et exalte. Thinking Of A Place, l’incroyable fresque de plus de 11 minutes- musique la plus longue de l’album – apparaît de prime abord comme un songe jusqu’au retentissement de la guitare électrique puis le solo de l’harmonica.

L’album reste bien ficelé avec une équilibre alternant musiques entraînantes et celles plus lentes, beaucoup plus épurées comme l’abattement dans Knocked Down ou plus sous forme d’acceptation avec Clean Living.

L’album est à l’image de sa pochette, Adam assis à son piano dans le noir d’un studio rempli d’instruments. A Deeper Understanding est authentique, venant du cœur et travaillé avec minutie.

Il n’est pas difficile de reconnaître que The War On Drugs puise ses inspirations dans le classic rock américain, Holding On résonnant comme une du Boss et You Don’t Have to Go par son air dylanien. Mais même si Adam Graduciel est souvent comparé à Bruce Springsteen, il s’en détache nettement et a trouvé sa véritable patte à laquelle on ne peut qu’adhérer.

Que vous écoutiez A Deeper Understanding dans le noir un casque vissé sur les oreilles ou dans une voiture les yeux fixés sur la route, échappez-vous du quotidien morose et laissez-vous guider vers des lendemains prometteurs. En tout cas, The War On Drugs y aspirent.

 

 

 

Artiste : The War On Drugs

Album : A Deeper Understanding

Label/Distribution : Atlantic Records

Date de sortie : 25/08/2017

Genre : Classic rock

Catégorie : Album rock

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