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DÉCIBULLES, dimanche 16 juillet 2017, Vallée de Villé, Neuve Église (67)

En ce dimanche, les portes s’ouvrent bien plus tôt que les jours passés. Festival généraliste, les Décibulles proposent aujourd’hui une journée très éclectique, offrant la part belle à des formations françaises de tous horizons.

Malheureusement pour les Lemmings Suicide Myth, le public n’est pas au rendez-vous au mitan de l’après-midi. Une poignée de personnes est là – quelques curieux accoudés à la barrière, le reste vautré à même le sol – pour assister à ce duo jazzy, réunissant sur la Grande Scène du festival un pianiste et un batteur. Ingrats ou vingt grammes (de liquide houblonné) dans le sang des campeurs ? Peu importe. C’est trop tôt pour le gros des festivaliers ; un dimanche qui plus est ! N’insistons pas.

Afin de faire patienter en musique jusqu’au prochain groupe, l’Imperial Kikiristan parcourt la pâture distillant ses sonorités de fanfare. Bref, une transition festive toute trouvée. (…) Lorsque Jahneration arrive, il y a désormais foule. Visiblement, le reggae à le vent en poupe dans le coin. Avec le concert de Naâman vendredi, il s’agirait presque d’un tour de chauffe pour beaucoup avant le Summer Vibration Reggae Festival prochain. Les Parisiens entament leur concert avec la célèbre boucle electro des Floyd d’On the run, et durant une heure, ils alternent entre sonorités jamaïcaines et des titres à la saveur hip hop. Le public est conquis d’entrée de jeu par les remuants chanteurs et le tournoyant bassiste qui fait danser sa ribambelle de dreadlocks.

En ce dimanche, les arts de rue sont à l’honneur. Deux humoristes, Plouf et Replouf, vêtus de slips et de bonnets de bain s’agitent longuement autour d’une petite piscine gonflable. Plongeront-ils ou pas ? Telle est la question… Un interlude comique parfait pour les Naive New Beaters. Débarquant avec des bleus de travail parsemés de mains jaunes (rappelant le logo de SOS Racisme ?), le quintet français se joue du public en l’haranguant en anglais. Au-delà des titres efficaces, mêlant pop, electro, voire rock à travers les soli du gratteux (comme les très dansants Heal tomorrow, Words hurt ou Montecristo, « dédicacé aux rares fumeurs de cigares »), les NNBS officient tels des comiques troupiers. Les chorégraphies loufoques, les déhanchés et les mouvements de gymnastique du chanteur Esteban, … tout est fait pour que l’interaction avec le public soit permanente, jusqu’à inciter à grimper sur les épaules des voisins. La foule semble alors diminuer de moitié et gagner par la même un étage.

Une première dans Sensation Rock, un live report de Boulevard des Airs ! Plus sérieusement, peu de choses à dire, si ce n’est que le public présent connaît les paroles des chansons gentillettes et pas seulement d’Emmène-moi. Du coup, une pause s’impose et j’entame mon travail d’écriture (…). À 21h, Partout Partout, le groupe présent sur la mini-scène, est de suite inatteignable tant l’attroupement est dense. Pour une vingtaine de minutes le tonnerre semble gronder avec un registre musical aux antipodes des airs de boulevard déversés sur la scène principale.

C’est entre chien et loup que DJ Need, Little Mike et Crazy B, les trois têtes pensantes de Birdy Nam Nam s’emparent des Décibulles. L’oiseau des réseaux sociaux a déployé ses ailes et s’abat à grands coups de stroboscopes et au rythme des beats electro sur les festivaliers. Entre accélérations fracassantes et freinages rythmiques précipités, triturant nos oreilles et chahutant les tripes, le trio montre toute sa dextérité en matière de scratchs dans un battle de courte durée, rappelant au passage qu’il n’est pas seulement une réunion de pousseurs de disques dépourvus de technique. Le show se referme avec l’excellent Abbesses.

Daikiri doit assurer la soudure avec le concert final. Derrière ce nom aguicheur de cocktail, réside un duo basse-batterie qui envoie des riffs stoner sur une agrégation d’amplificateurs éprouvés, via une pédale whammy qui permet à l’hirsute bassiste de grimper ou de descendre de plusieurs octaves d’un simple mouvement du pied. En lieu et place des paroles, des piaillements aigus et des aboiements fascinent une foule de headbangers assoiffés de sons hypnotiques et de beats rustiques. Une certitude, avec Daikiri, l’appellation « Impromptus musicaux » n’est pas galvaudée !

Loti derrière un décor cartonné qui évolue au gré des couleurs et de l’intensité des lumières, Jérôme Souillart, alias Møme, interprète à l’aide de machines et d’une 6-cordes ses titres dansants et estivaux à l’instar d’Aloha. Avec une réelle cool attitude, il clôt en apothéose cette 24e édition du festival alsacien.

Redescendu pour la dernière fois de cette plateforme dévolue aux bovins, je longe durant plusieurs minutes la route en direction de ma voiture. Je suis la lueur de deux sabres lasers Star Wars tenus par deux festivaliers Siths… Vivement l’an prochain afin de fêter les 25 ans de Décibulles !

 

-Benoît GILBERT

-Crédit photo : Benoît GILBERT

 

 

 

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