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CONFRONTATIONAL

En à peine un an, Confrontational, le projet solo darkwave/synthwave de Massimo Usaï s’est élevé du statut de “découverte” à celui de “révélation”, adoubé par la critique (NewRetroWave, Post-Punk). Nous revenons sur cette année prolifique qui aura fait naître un royaume de la nuit des plus mélancoliques, Kingdom of Night.

Je remarque que tu as joué dans des groupes avant de lancer ton projet solo, notamment Dahlia Indaco, dans un style post-punk/darkwave. Que t’a apporté cette expérience en groupe ? 

Massimo : Qu’il faut faire attention aux réactions et qu’il faut savoir la direction dans laquelle on souhaite aller. J’aime écouter du post-punk, mais mes goûts vont du métal aux bandes-originales ; des choses les plus “dark” jusqu’à Mickaël Jackson.

Pour toi, avoir son propre projet solo est une nécessité ou seulement une circonstance ?

Les deux ! Une nécessité, dans le sens où quand tu travailles par toi-même, tu peux prendre ton temps et pouvoir ainsi aller là où tu le souhaites.

Quand on travaille seul, la seule limite est sa propre imagination. Quel genre de choses nourrissent la tienne ?

Des choses sombres. Des choses étranges. Sur ce nouvel album plus spécialement, j’ai été très inspiré par l’atmosphère de ma ville, Cagliari, et particulièrement par son entourage puisqu’il y a une montagne au sommet de laquelle se situe la plus grande nécropole de toute la mer Méditerranée – la nécropole Tuvixeddu. J’ai essayé d’écouter et de comprendre ce que le sol me communiquait. Je sais que ça a l’air bizarre mais… C’est réel.

J’ai découvert ton projet il y a un an, au Synthzilla. Confrontational, d’où vient ce nom ? Est-ce que la confrontation entre rock et électro ?

Je ne le conçois pas cette idée de “confrontation” comme une approche négative mais comme une confrontation positive. Comme une rencontre, une façon de communiquer. Cette interview même, par exemple, est une forme de confrontation, une confrontation positive.

Qu’as tu fait pendant cette année ?

Quand nous sommes rentrés du Synthzilla, nous avions pour projet de faire plus de live, mais ce fut difficile car le 13 novembre est arrivé, et j’en ai eté très affecté. Le monde est plus effrayant dorénavant. Mon état d’esprit est devenu plus sombre. Je pense à tout cela, le monde va dans une direction étrange. J’ai joué quelques fois dans ma ville avec Fabio, en me focalisant sur ma musique, sur l’enregistrement studio et sur cet album qui sort le 1er octobre 2016.

J’ai écouté cet album qui va sortir, et je trouve qu’il est plus grave, plus déprimé que le premier.

Cet album est plus sombre, plus grave, même dans les sons, avec plus de basse. C’était une réaction à ce qui se passe autour de moi. Pas seulement mon microcosme, mais l’état général du monde.

De Dance of Shadows, ton premier album, tu es passé à Kingdom of Night. On ressent une évolution dans le choix des termes, puisque le premier titre comportait une idée de mouvement, tandis que le nouveau est plus appuyé, plus statique.

Ce nouvel album est le second d’une trilogie. Un royaume est quelque chose de plus envahissant, qui prend lecontrôle. Dans la nuit, tout est immobile. Le royaume de la nuit est une expression qu’Elie Wiesel, un survivant de la seconde Guerre Mondiale, a utilisé dans ses mémoires. J’avais lues celles-ci il y a plusieurs années, et cette phrase résonnait en moi. Je pense que maintenant, nous vivons, d’une certaine façon, dans un royaume de la nuit.

On associe toujours la scène goth/dark avec l’Allemagne, la Belgique, mais très peu avec l’Italie. Es-tu seul dans ce créneau ?

Il y a quelques groupes, dont des très connus comme Lacuna Coil. Mais en Sardaigne cette scène est peu développée.

Si l’on regarde tes artworks, on peut y voir une croix, des yeux rouges, des montagnes, un ciel violet… L’ambiance parfaite pour un film vampirique. Souhaitais-tu rendre hommage à toute cette culture visuelle ?

C’est plus généralement un hommage à toute la culture “noire”. A chaque fois, les images sont produites par Branca Studio. Pour le premier album, les morceaux étaient déjà enregistrés lorsque j’ai choisi la couverture. Pour le second, j’ai imaginé le concept et Branca Studio a fait la suite.

Il y a beaucoup de collaborations sur ce nouvel album. Peux-tu nous en parler ?

Bien sûr. Il y a tout d’abord Cody Carpenter, déjà présent sur le premier album, qui revient sur le dernier morceau de l’album. Il y a aussi Hélène de Thoury, de Hante, que j’ai découvert sur bandcamp et que j’adore. Il y a Tony Kim de Dance With the Dead. Le single sur lequel il fait une apparition a été rendu possible par Cody Carpenter. Et puis Ugo Laurenti, un compositeur italien. Il a fait la bande originale de Voci Notturne, une série italienne sortie dans les 90’s, réalisée par Pupi Avati, dont la musique constitue une inspiration majeure pour moi.

J’adore Hante et cette scène cold-wave, que j’avais notamment vue en concert avec la canadienne Xarah Dion…

Le premier album que j’ai écouté d’Hèlène est This Fog that never Ends, et elle vient de sortir Living in A French Movie. Avec No Hard Feelings, j’adore cette chanson.

Quand on lit les titres de tes morceaux, on remarque que la ligne est une figure qui revient de façon récurrente (Flat/Line ; In the Line of Fire). Est-ce une façon de tracer ton propre chemin ?

D’une certaine façon, oui. Toutes les chansons sont reliées, Flat/Line et In the Line of Fire sont les deuxièmes morceaux de chacun des albums. C’est à chaque fois ces chansons qui constituent le point de départ du chant sur les albums.

Comment vas-tu organiser ta setlist pour ce soir ?

Un mix entre premier et second album, dont je jouerai quatre morceaux : deux qui sont déjà sortis en single et deux autres que le public va découvrir pour la première fois.

 

-Clémence Mesnier

 

 

 

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