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James Blake, The colour in anything

Troisième album pour le chanteur multi-instrumentiste James Blake, qui à 27 ans seulement continue de s’imposer comme une référence majeure d’un genre qu’il a lui même créé, entre dud-step, soul, électronica, et de continuer à être plébiscité par la culture populaire, de Kanye West à Joni Mitchell en passant par Beyoncé.

Difficile d’exister et de se détacher en ce printemps 2016 au niveau musical quand tour à tour la rubrique nécrologique, les programmations des festivals ou le dernier Radiohead envahissent les médias. Une seule solution : continuer à faire de la bonne musique. Ca tombe bien, James Blake est rodé à cet exercice, entouré par Frank Ocean pour l’écriture (travail pour Brandy ou John Legend) et Rick Rubin, présenté par MTV comme le producteur le plus important de ces vingt dernières années (il a travaillé entre autres avec Run DMC, Red Hot Chili Peppers, Eminem ou Jake Bugg).

 

Radio silence, premier des 17 nouveaux titres, superbe chanson ou l’électronique croise le gospel futuriste, qui confirme son statut d’auteur romantique de début de XXIe siècle. Ce qui est fascinant avec ce jeune homme, c’est la manière avec laquelle il vampirise, emprunte ou détourne les sons dominants de notre époque (rap, électronic, univers de Major Lazor) à l’instar du titre Points pour mieux les détourner, déconstruire avec de la mélancolie et du rêve (suggéré par la pochette de l’album). Love me in whatever way continue cette plongée dans son univers de spleen et de gospel (sur un fond de dubstep qui croise un peu d’auto-tune), James Blake nous livre un album qui terrasse, à l’image de Timeless, douloureux mais envoutant.

On peut toutefois peut être reprocher quelques longueurs (sortir un disque de 76 minutes en 2016, c’est soit une anomalie, soit un acte prétentieux) comme le titre f.o.r.e.v.e.r (en dépit d’une belle prestation vocale) ou Put that Away and talk to me (avec le renfort de l’auto-tune déjà évoqué).

 

I hope my life, titre addictif et hypnotique, aux sonorités pop, puis Wave Know shores, qui avec ses cuivres discrets et son ensemble dépouillé nous donne l’impression de nous trouver dans une cathédrale et de y croiser les fantômes de Monteverdi, sans oublier My willing Heart (un des sommets de l’album) : James Blake joue avec de multiples particules sonore au sein de voyages mouvants et d’un monde qui vibre en se réinventant (Choose me fait penser à Radiohead), teinté d’érotisme doux (par moment sa voix évoque celle de Marvin Gaye). I need a forest fire (titre ayant eu la collaboration de Bon Iver) est un autre grand moment du disque : James Blake est sans aucun doute un des plus grand soul-men de ce début de siècle (le charme demeure en dépit de la tragique coïncidence des incendies au Canada). Le jazz demeure aussi une source d’inspiration comme sur le morceau The colour in Anything, et le piano est mis en évidence sur la jolie ballade Always avec un refrain fait d’une voix féminine perçante (le mixage n’aurait pas déplu à Diplo) nous laisse pantois devant une telle beauté. Meet you in the maze conclut ce grand disque d’une note légère, douce et envoutante ; James Blake réussit à combiner charme, élégance et pureté d’un son aux influences multiculturelles brassant plusieurs décennies musicales. Blake is beautiful.

 

-Julien

 

Artiste : James Blake
Album : The colour in anything
Label/Producteur : Polydor
Date de sortie : 06/05/2016
Genre : electro
Catégorie : Album Rock

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