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INTERVIEW : BLACK BOX REVELATION

4 ans après la sortie de My Perception, le duo belge revient avec un nouvel album intitulé Highway Cruiser. Entre deux répètes, le guitariste-chanteur s’est confié à Sensation Rock.

Félicitations pour votre dernier album. Peux-tu m’en dire plus sur Highway Cruiser, comment as t’il vu le jour ?

Merci ! C’est notre quatrième album en date. On a beaucoup tourné avec le troisième, en 2012, on a fait plus de 200 concerts dont la majorité aux États-Unis. On avait besoin de faire autre chose et de se reposer, donc on a fait un break durant lequel je suis allé en Italie pour faire de l’huile d’olive (rires) et Dries a fait des meubles chez lui. C’était essentiel de couper avec le rythme effréné des concerts. L’inspiration est venue de la nature, des différents paysages, des gens que l’on a rencontré, de la musique qu’on a écouté et de ce qu’on a fait chacun de notre côté pendant cette pause. Me concernant, j’ai beaucoup écouté Lee Fields et Charles Bradley. On s’est ensuite retrouvés pour rejouer de la musique, un peu en secret car personne ne savait que se tramait un nouvel album. Nous sommes d’abord allés en Bretagne, au studio Black Box, où l’on est restés dix jours pour enregistrer.

Enfin, on a décidé de contacter Thomas Brenneck, le producteur de Charles Bradley, parce qu’on voulait faire quelque chose de spécial avec les voix et particulièrement avec les backing vocal sur cet album. On s’est donc rendus à New York, dans son studio situé dans le Queens, et c’est là-bas qu’on a été très surpris par sa manière d’enregistrer, vraiment comme dans les années 60. Il n’y avait pas d’ordinateur, pas beaucoup de technologie, mais ça collait donc bien avec le fait qu’on essaye de toujours de rester le plus fidèle possible au son brut du départ.

Justement, j’ai entendu que le disque avait été enregistré en seulement quelques prises, c’était une volonté de votre part pour garder l’énergie telle quelle  ?

Exactement. On avait la batterie sur une piste et deux autres pistes pour la guitare. On voulait que les gens ressentent quelque chose d’honnête, allant jusqu’à entendre le toucher des cordes de la guitare.

Quel est votre processus de composition, quels sont vos rôles ?

Ça dépend des morceaux. La plupart du temps, ce sont des démos en acoustique que j’enregistre à la maison. Après, on les bosse ensemble, on jamme et on voit la direction et la tournure que prend l’idée.
Parfois, on compose ensemble directement, lorsqu’on essaye des choses en répète.

Pour Pounding Heart par exemple, le morceau est venu d’une idée en acoustique, on a ensuite fait une version électrique qui est disponible en bonus sur l’album. Mais on a voulu garder la première version acoustique qu’on trouvait encore plus pure et honnête que celle en électrique.

Le fait d’être un duo, ça ne vous limite pas dans vos possibilités sur scène ?

On joue à deux depuis qu’on a 13 et 11 ans, du coup, le fait d’être un duo s’est toujours imposé comme un choix naturel, dans lequel chacun avait beaucoup de liberté. On se partage l’espace et on peut avoir de la place pour expérimenter des choses justement en étant deux. Ça ne nous empêche pas d’ajouter du Hammond ou des backing vocals par exemple, qu’on garde parfois en live.

Quels conseils donnerais-tu à un musicien ou à un groupe qui voudrait se développer ?

Il faut toujours suivre ton cœur, jouer avec les tripes et jamais ne devenir paresseux. Il faut être passionné mais tout de même pas à l’extrême car ça devient difficile de prendre du recul par la suite. Il faut également faire les bonnes rencontres et bien choisir les musiciens d’un même groupe pour qu’il y ai une bonne alchimie entre les membres, c’est la base. Il faut toujours aller plus loin avec en explorant son instrument et être curieux en général.

Par exemple, pendant notre break avec BBR, j’ai pris le temps d’écouter de la musique et de découvrir, comme Elizabeth Cotten, une guitariste blues que je ne connaissais pas et qui m’a vraiment inspiré dans ma façon de jouer.

Si vous étiez programmateur dans un festival, quels artistes programmeriez-vous ?

Je dirais The Dead Weather, parce qu’on a joué une fois avec eux à Montreux et j’ai beaucoup aimé leur énergie et leur son. Après, Lightnin’ Hopkins car j’aime particulièrement ses premiers albums.

Enfin, sûrement Nirvana, ça a été une influence depuis nos débuts. Surtout au niveau de la batterie et de l’énergie qu’ils dégageaient… En live, ça doit être spécial.

Si vos morceaux devaient être la bande-originale d’un film, lequel serait-ce ?

Je pense Leaving Las Vegas avec Nicolas Cage. Pour son début, le côté voyage, road-trip. Je dirais également Lost Highway de David Lynch.

D’ailleurs, que signifie Highway Cruiser ?

On a choisi ce morceau comme titre de l’album parce qu’on trouve qu’écouter la musique dans la voiture permet de t’y consacrer pleinement, tu te concentres à suivre la route en regardant les paysages défiler sur une bande son. C’est une bonne façon d’écouter la musique.

À propos de tes sons de guitare dont tu portes une attention toute particulière, quel matériel utilises-tu ?

Pour l’enregistrement, j’ai joué sur deux petits amplis qui se trouvaient dans le studio, dont je ne me souviens plus de la marque mais qui ne coûtaient pas très cher. J’ai toujours mon pedal-board avec moi, sur lequel se trouve beaucoup de pédales, mais toujours des effets classiques comme un delay, une reverb, un octaver et deux fuzz. Je trouve que c’est mieux d’avoir des pédales pas trop complexes mais qui on un son bien spécifique afin de bien les gérer.
Concernant la guitare, je jouais sur une vieille Harmony Guitar au studio.

Vous aimez jouer en France ?

J’aime beaucoup venir jouer en France. Le public change beaucoup selon si on joue au nord ou au sud de la France. C’est toujours différent, certaines personnes dans le public ressentent la musique et se mettent à danser et chanter, d’autres prennent plus le temps d’écouter et d’analyser. Les concerts sont souvent différents et uniques en France.

 

Merci à Diane Lemaitre pour avoir organisé l’interview et à Jan pour son temps et sa gentillesse.

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