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LIVE REPORT : NÄO + EZ3KIEL, samedi 10 octobre, La Rodia, Besançon, (25)

Soirée remarquable à la Rodia ce samedi 10 octobre dernier avec la venue des très attendus Ez3kiel et des franc comtois de nÄo en première partie. Deux concerts particulièrement acclamés avec un public nombreux et conquis. Retour sur cette soirée qui nous a semblé trop courte.

Il y a des soirs où l’on sort satisfait d’un concert. La musique était agréable, l’ambiance chaleureuse, on a dansé, croisé des amis, bu un dernier verre avec eux… Des soirées nous nourrissant socialement et nous faisant penser que nous n’avons pas perdu notre temps. Il y a des concerts qui remplissent d’une toute autre manière : intellectuellement et émotionnellement. Des concerts qui mettent une claque qui propulse dans les étoiles, font planer pendant trois heures et le trip semble trop court. C’est dans cette veine que s’est inscrite la soirée de samedi dernier.
nÄo que nous n’avons plus besoin de présenter mais qu’on vous présentera quand même prend place aux alentours de 20h30. Le groupe bisontin, anciennement résident à la Rodia, démarre den 2007. Les trois membres actuels – Pierre André Pernin aux machines, Jordan Daverio à la guitare et Thibault Fellman à la batterie – y sont actifs depuis 2010. Comparés à Nine inch Nails, ou 65daysofstatic, cette première partie était l’occasion pour le groupe de présenter son nouvel EP Duel qui sortira en novembre 2015.

L’electro rock instrumentale était à l’honneur avec des morceaux alternant entre rock nerveux hyper efficace et ambiance fuligineuse et hypnotique. Sentiment d’être prisonnier d’une pièce embrumée où la mélancolie s’installe le temps de quelques minutes. Sentiment très court car le spectateur est vite bousculé par des riffs énervés de guitare. Le set de nÄo se termine après une petite heure. Un public bouillonnant en redemande.
Ez3kiel prend le relais quelques minutes plus tard. Si la grande salle de la Rodia était déjà remplie dès le début des concerts, elle est à son comble pour l’arrivée du quatuor de Tours. Trois musiciens demeurent sur scène : Johann Guillon à la guitare, à la programmation et aux claviers, Stéphane Babiaud principalement à la batterie mais aussi au vibraphone et aux percussions, et pour finir Sylvain Joubert à la basse et à la guitare. Yann Nguema est aux machines et s’occupent des aspects visuels particulièrement travaillés et stupéfiants.
Le groupe revient avec un nouvel album Lux six ans après la sortie de Battlefield qui se rapprocherait plus du post rock si le groupe n’était pas définitivement inclassable. L’accent a été mis autant sur la sonorité que sur la dimension visuelle avec la création d’un « Magic screen ». Imaginez en fond de scène une immense structure lumineuse composée de quarante huit projecteurs Magicpanel disposés sur une matrice de quatre sur douze. Si les projecteurs ne diffusent pas des lazers et des lumières aux couleurs tantôt froides ou ardentes, ils se retournent et un vidéoprojecteur émet des images de toute sorte: des formes géométriques, des quadrillages noirs et blanc qui laissent ensuite la place à une sorte de buffle.

L’expérience est aussi sonore. Nous retrouvons la mélancolie dont nous parlions déjà pour nÄo à travers des morceaux comme Born in Valhalla, longue introduction de huit minutes de l’album. Morceau reposant pour peu de temps car les saturations prennent vite le dessus. Interprétation de Lux, morceau aux expérimentations électronique et aux percussions bien présentes. L’introduction énergique à la batterie accompagnée de lumières voltigeant dans toute la salle est impressionnante. Les riffs de guitares qui suivent sont rugueux, énervés. Moment plus planant avec L’œil du cyclone où résonne un vibraphone pouvant rappeler une boîte à musique vintage. Le show est assez hallucinant et se termine avec Versus, titre magistral d’Ez3kiel de l’album Barb4ry. Les spectateurs semblent hypnotisés par cette expérience sensorielle à la fois sombre et onirique et encouragent le groupe à revenir. Le groupe termine le set après un rappel. Si chacun semble conquis, une petite déception demeure : le désir non assouvi d’entendre Anonymous, titre majeur et planant de Lux.
Une soirée lumineuse à la musique conceptuelle, certes ombreuse mais pas obscure. Elle nous marque par les qualités musicales et visuelles des deux groupes dont la priorité reste artistique.

-Solène Barbier

Crédits photos : Eric

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