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INTERVIEW : DISAGONY

Jeudi 22 janvier – avant que le label Impure Musik n’occupe l’espace des Passagers du Zinc pour deux jours de festival – nous avons pu rencontrer les Disagony qui s’apprêtaient à nous bombarder d’un rock rageur en compagnie des Black Widow Project.

C’est principalement Lynn Maring qui donna de la voix pour répondre avec une extrême sympathie à nos questions, agrémenté des remarques d’Alexandre Davoine et de Raphael Despas (respectivement batteur et bassiste). Alex et Lynn se sont rencontrés en 2008,  commençant à jammer. Un an plus tard, Rafael Peregrina rejoignait l’équipe : Disagony était né. C’est maintenant Raphael Despas qui a pris place à la basse.

Sensation Rock : Comment votre style a évolué depuis votre premier EP, en 2011 ?
Disagony : Nos gouts ont changé, on a testé des choses. C’était rock, très brut. L’élément déclencheur a été la rencontre d’Yvan Bing, qui a enregistré le premier EP, a vu nos concerts et nous a dit : bon les gars, on se lance. C’était notre volonté mais il nous a vraiment poussés à composer plus, plus vite. Une rencontre fortuite, un excellent ingénieur du son qui nous a vraiment poussés vers le haut.

SR : Vous vous attendiez à une telle reconnaissance ?
Disagony : Non. On ne sait même pas si on peut parler de reconnaissance !

SR : Quand même, vous êtes dans Rock&Folk, tous les articles presses qu’on lit sur vous sont élogieux…
Disagony : Ça a été une série de surprises en fait. Il y a plein de choses qui sont arrivées sur le tard. Ça a démarré par la radio Couleur 3 (radio alternative en Suisse qui aide à faire connaitre les groupes) qui a diffusé l’album avant même qu’il ne sorte. Cette diffusion nous a donné une crédibilité, les gens sont plus attentifs et réceptifs à ce qu’ils ont déjà entendu.

SR : Quelles ont été les conséquences de cet enchainement d’événements ?
Disagony : L’été passé on a pu faire des festivals, plutôt en Suisse même si on a aussi joué à Berlin et en Belgique. On a tous des jobs (Lynn était disquaire, Alexandre ingénieur du son dans une radio, Raphaël également ingé son et il travaille dans le parascolaire), c’est difficile de tout lâcher pour partir comme ça. Mais oui, c’est clair qu’il y a eu des choses qui ne se serait jamais passées sans cette série de rencontres et de hasards.

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SR : Venons-en à votre album, Venom Dish, plat venimeux.
Disagony : J’ai (Lynn) été inspirée par ce titre parce qu’on a un problème au niveau mondial à gérer, au niveau de l’agroalimentaire. Qui est le produit ? Il y a aussi cette volonté de mixer la femme avec le produit. J’ai travaillé dans une grande surface durant l’enregistrement de l’album, ça m’a motivée à dénoncer ce système de façon détournée. Pour dire qu’on mange de la merde (écoutez Meatball).

SR : Une revendication végétarienne ?
Disagony : Oui, j’étais (Lynn) végétarienne à cette époque. J’ai recommencé à en consommer un peu, je ne pense pas que ce soit mauvais de manger de la viande mais c’est la viande qu’on met dans notre assiette qui est mauvaise, le circuit. Ce thème est venu de Lynn (dixit Alexandre), nous on ne peut pas rester une semaine sans consommer de viande ! Mais on est tous d’accord sur ce constat, et le fait qu’il ne faille pas mettre entièrement la faute sur le consommateur. On peut, tous ensemble, faire bouger les choses. Il ne faut pas perdre espoir !

SR : Il y a une visée revendicatrice derrière cet album, cette image. Ce n’est pas qu’une image vide.
Disagony : Cette image fait réagir et elle nous représente. Avec cet album on s’est mis à nu, c’était un défi pour tout le monde, on a dû tout donner. Elle représente notre projet.

SR : Si vous deviez choisir une décennie, vous prendriez laquelle ? On vous situe souvent dans la lignée des 90’s, du grunge, mais moi je voyais aussi les 80’s sur Grace avec une ligne de basse façon The Cure au début. Mais vous, vos références, vos goûts, vous les situez où ?
Disagony : Entre les 60’s et les 70’s. Beaucoup de groupes de cette période ont fait la musique contemporaine ; en France pour Jacques Dutronc, en Angleterre pour les Beatles, Les Velvet Underground aux États-Unis, Midnight Oil en Australie. On nous attribue cette image des 90’s parce que notre musique a quelque chose d’assez fixé dans ces années là, surtout dans l’EP. Lynn et Moi (Alexandre) on vient de Nirvana, The Vines, des groupes grunge. Mais on essaie de partir sur d’autres influences qu’on a, on a pris plus de libertés sur l’album.

SR : Oui, c’est un album assez diversifié sur les structures, le tempo…
Disagony : C’est une expérience interessante de partir en studio avec une personne extérieure au groupe qui nous a donné des conseils. Ça nous a permis de voir plus loin. Quand on écoute l’EP maintenant avec du recul il nous parait très grunge. Avec l’album on a essayé de varier les tempos, les ambiances.

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SR : Lynn, tu as aussi un autre groupe, The Chikitas, beaucoup plus second degré ! Ça te permet de t’épanouir dans un registre différent ?
Disagony : J’ai (Lynn) fondé les Chikitas dans une période où j’avais besoin de recommencer autre chose, lorsque Disagony n’était plus un amusement mais un vrai travail (ce qui ne veut pas dire que ce n’était pas plaisant !), par besoin de récréation. Je ne me suis jamais dit que les Chikitas seraient un groupe crédible, on arrivait déguisées comme des poubelles (avec la batteuse Saskia Fuertes) pour faire des concerts sauvages mais ça a été un moyen de prendre le truc à la rigolade. Dans les Chikitas il y une dérision tandis que dans Disagony on parle de révolte.

SR : Sur internet on peut lire que tu as une voix “qui râpe comme celle d’un super chat”. Justement, comment as tu découvert cette voix de super chat ?
Disagony : Excellent ! Si ça peut rassurer les gens à la base je ne savais pas chanter, je n’ai jamais pris de cours mais j’avais envie de faire un groupe de rock. Le hasard, l’entrainement, j’ai bossé. Mais je ne pensais pas arriver à gueuler, c’est venu en jammant. Il n’y a pas de secret. Le travail et la bière. La bière whiskas !

SR : Vous avez des projets pour la suite ?
Disagony : Lynn a son deuxième groupe qui fait partie du planning. La on compose donc on ralentit les concerts. Le deuxième album sera pour l’année prochaine, on met en forme des idées. On jouera une nouvelle chanson ce soir pour tester. Le live permet une autre approche, et on vient du live.

Crédits photos : © Anouk Schneider (image à la une) ; pochette de Venom Dish et Clémence Mesnier.

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