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PINK FLOYD, The Endless River

Parlophone/Warner/2014

A glisser sous le sapin, le (faux) nouvel album de Pink Floyd fait plutôt dans l’instrumental et le soporifique mais est un hommage à son claviériste disparu, Rick Wright
Il était attendu, ce disque. Par les fans, par la presse, par ceux qui n’ont pas d’idées de cadeaux pour les fêtes. Bien sûr, il se vend comme des petits pains, ce n’est pas tous les jours que la légende du rock progressif sort un nouvel album. Nouveau, pas vraiment puisque The Endless River est constitué de morceaux enregistrés lors des sessions de The Division Bell, dernier album en date de Pink Floyd paru en 1994 sans Roger Waters, qui a quitté l’aventure en 1985, deux après la sortie de The Final Cut. C’est sûr, on peut voir ces pistes sorties des tiroirs floydiens comme une vaste arnaque. Ce n’est d’un certain côté pas faux. Il faut bien gagner sa croûte. Mais laissons de côté les considérations mercantiles, voyons plutôt de quel bois se chauffe The Endless River
Hormis Louder Than Words, qui clôt l’album, les pistes sont instrumentales, destinées selon David Gilmour à devenir après The Division Bell un disque d’ambient music intitulé The Big Spliff (le gros joint…vraiment ?). The Endless River c’est 18 plages qui s’enchainent, la longue intro Things Left Unsaid ouvre la voie à un It’s What We Do guidé par les solos de Gilmour et les nappes de claviers de Wright. La rythmique de Mason est feutrée et porte le tout juste comme il faut. Malheureusement, tout ce qui va suivre est du même acabit. Des instrumentaux plutôt courts mais sans grand intérêt et c’est comme ça pendant une heure. Gilmour en véritable Dieu du bend (pour les non-initiés, une technique de guitare qui consiste à pousser ou tirer les cordes pour en étirer le son et en modifier la hauteur) alignent les solos de Stratocaster jusqu’à nous en dégoûter à tout jamais. Plus loin, c’est Anisina et son solo de sax qui conduit à la nausée. Allons-Y rivalise avec le meilleur de Chris Rea, Calling et Autumn ’68 se rêvent en B.O. de films de S.F., et enfin ce fameux Louder Than Words, où l’on peut finalement entendre Gilmour chanter en compagnie d’un choeur féminin. Même s’il sonne comme du Leonard Cohen prog, le morceau a le mérite d’apporter la respiration donc ce disque a besoin.
Certes, voici un album conçu pour être écouté d’une traite, et donc préférablement en LP. Seulement la traite semble n’en plus finir et ce qui aurait pu être là un beau moment de rock progressif se révèle être d’un ennui profond. The Endless River est plutôt destiné aux ultra-fans qui eux n’ont pas pu attendre Noël pour se le procurer.

 

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