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JOHN FRUSCIANTE, Enclosure

Record Collection/2014

L’ex-guitariste des Red Hot publie sa douzième longue production et efface les quelques traces qui pouvaient encore le lier au groupe californien.
Frusciante a quitté les Peppers par deux fois, et dans les deux cas, les productions qui ont suivi étaient à mille lieux de ce qu’il faisait avec sa formation. Au début des années 90, Niandra Lades And Usually Just A T-Shirt et surtout Smile From The Streets You Hold étaient des albums conçus par un homme en pleine proie à l’enfer de la dépendance, des disques où on sentait que leur auteur était au plus mal, loin des rythmes rock et funk de Blood Sugar Sex Magik. Puis quand il annonce une nouvelle fois son départ fin 2009 et après avoir sorti un Empyrean de grande facture et proche de ce qu’il avait fait en solo en parallèle de son contrat avec l’institution de Venice, on ne pensait pas que sa discographie allait prendre un nouveau tournant. Comme il l’avait déjà touché du doigt avec Josh Klinghoffer sur le EP A Sphere In The Heart Of Silence, sa musique prend une tournure électronique et très expérimentale. Enclosure est donc dans la droite lignée de ce que produit le guitariste depuis Letur-Lefr. Symbolisées par le labyrinthe sonore Shining Desert d’ouverture, les 9 pistes mélangent l’électricité de la guitare de Frusciante à des sons synthétiques et à des rythmes touchant au dub (Sleep).  Mais l’ensemble à tendance à nous perdre quand les compos sont lancées dans des expérimentations alambiquées (Run, Fanfare). Les titres ne sont pas construits sur le modèle classique couplet/refrain/couplet. La place est au pilotage automatique et l’auteur se laisse aller à ses envies. Malgré des rares moments où la voie empruntée est dirigée vers des sonorités pop et new wave, où l’écoute se fait plus digeste (Stage, Excuses), Enclosure confirme le changement radical de l’œuvre de John Frusciante et sera destiné à un public averti.

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