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THE BLACK KEYS, Turn Blue

Nonesuch Records/Warner/2014

El Camino avait déjà fait couler beaucoup d’encre au sein de la fanbase du groupe d’Akron. Turn Blue ne va pas arranger les choses, même ceux les plus à même de laisser passer les choses risquent bien de laisser tomber, car il est parfois impossible de défendre l’indéfendable.
On arrivait encore à voir El Camino comme l'”album à tubes” des Black Keys, comme il en existe dans la carrière de beaucoup de groupes. Seulement voilà, le duo recommence sur les mêmes bases, en témoigne le premier single Fever, ultraefficace, au refrain entêtant mais loin de ce qu’était le band garage auteur des succulents Magic Potion ou Attack & Release. Auerbach et Carney n’ont-ils plus d’inspiration ou seraient-ils tombés dans le mauvais goût? Ou le problème vient-il d’ailleurs? La présence de Brian Burton derrière la console y est grandement pour quelque chose. L’homme a pourtant produit de grands classiques (Demon Days de Gorillaz, son propre album Rome avec Daniele Luppi ou encore Dark Night Of The Soul) mais on arrive maintenant à une lassitude de ses productions. Et à entendre le condensé de ses tics de producteur sur Turn Blue, on en vient à se demander si on n’a pas finalement affaire à un album de Danger Mouse joué par les Black Keys. Hormis le titre éponyme dans une veine blues plutôt réussie, le reste de l’album rappelle chacune des dernières sorties de la Souris. Et il profite grandement de Turn Blue pour faire du recyclage.Un peu de Portugal The Man sur In Time, du Broken Bells sur Waiting On Words, du Norah Rome Jones en ouverture avec Weight Of Love, ce dernier morceau étant quelque peu sauvé par le solo saturé de Auerbach. Le titre disco 10 Lovers n’apportent rien. A la limite, si on n’est pas trop regardant, on trouvera finalement un petit charme au titre final Gotta Get Away, avec son petit côté rock sudiste.
Album pompeux, Turn Blue démontre que Danger Mouse a de plus en plus la main mise sur le duo, comme si ces deux membres, tellement pris par leurs travaux de production, n’avaient plus l’énergie de réaliser eux-mêmes un bon disque.

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