NEIL YOUNG, A Letter Home

Reprise/Warner/2014

La rencontre tant attendue entre le Loner et Jack White débouche sur un disque bancal, qui de prime abord décevant dévoile peu à peu un certain charme.
Quand on a appris que Neil Young allait enregistrer dans les studios Third Man, on a vite été excité comme des puces et impatients d’entendre le résultat. Puis des démentis sont vite apparus indiquant que White ne produirait pas le nouvel album du Canadien à tel point qu’on en avait un peu perdu le Nord. Effectivement, le père de Harvest est bien allé à Nashville, effectivement Jack White a produit cet album mais pas au sens auquel on pourrait s’y attendre. Mr Blunderbuss a mis à disposition du Loner sa fameuse cabine d’enregistrement de 1947, pas plus grande qu’une cabine téléphonique pour la réalisation de A Letter Home. Le résultat est soit surprenant pour les inconditionnels de Neil Young comme moi ou soit complètement pourri pour ses détracteurs. L’enregistrement est fait en prise directe, à l’artisanale comme à l’époque, d’où effectivement ce son relativement mauvais, qui arrive vite à saturation à tel point qu’on a l’impression d’écouter de vieilles démos (On The Road Again). Mais d’un autre côté, tous ces craquements confèrent à l’authenticité au disque, d’autant plus que l’ensemble est un recueil de reprises choisies par le Canadien pour la signification qu’elles ont pour lui, comme il l’avait fait récemment avec Crazy Horse sur Americana. Des chansons tellement significatives qu’il en fait part à sa mère au travers de lettres lues en début et en milieu d’album.
Il n’y a rien à redire sur les interprétations des différents morceaux de Dylan (Girl From The North Country) à Don Everly (I Wonder If I Care As Much) en passant par Springsteen (My Hometown). Guitare/voix/harmonica, ou piano remplaçant la six cordes, la formule classique imposée par la taille du dispositif fonctionne et est parfaite pour ces titres folk et dont notre préférence ira au Crazy de Willie Nelson.
A l’opposé de son Pono développé pour contrer la médiocre qualité du son portatif du mp3, Neil Young avec la complicité de Jack White joue encore le contre-pied pour ce disque artisanal, au son dégueu mais fait à l’ancienne, à la chaleur indéniable et fait pour le gramophone.

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