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BECK, Morning Phase

Capitol/Universal/2014

Il n’avait pas sorti d’album depuis 2008 (le très court et très bon Modern Guilt produit par Danger Mouse). Cependant, Beck n’a pas chômé, produisant IRM, le deuxième LP de Charlotte Gainsbourg et Demolished Thoughts de Thurston Moore, passant par les studios Third Man (la “Blue Series” chapeautée par Jack White), s’essayant à l’auto-production de trois titres (Befriended,I Won’t Be Longet Gimme) sur son propre label Fonograf ou tentant – avec succès – de reprendre Bowie en live et en version 360° (Sound And Vision).
Ce douzième album de Beck marque donc un retour très attendu. Il y a d’abord ce single annonciateur, Blue Moon, une magnifique chanson qui donne à penser que Beck va reprendre les choses où il les avait laissées au moment de Sea Change, son disque acclamé paru en 2002. Oui, mais (car il y a un mais). Tout cela sonne très bien, sauf que l’Américain n’a pas choisi de s’aventurer en terre electro, ni hip-hop, ni expérimentale mais plutôt de reprendre une de ses vieilles recettes. Assagi, le Loser ? Peut-être. En tout cas, Morning, le titre qui succède à l’intro orchestrale Cycle confirme.
Des accords de guitare francs, quelques notes de piano, une basse ronronnante, une batterie feutrée. Si l’on a souvent l’impression d’entendre une redite de Sea Change (Morning, Say Goodbye, Country Down, Don’t Let It Go), on passe quand même de beaux moments, lové dans l’esprit californien des 70’s. Dans cette veine pop-folk et parfois country, Beck reste une pointure. En plus, la même équipe d’excellents musiciens (Justin Meldal-Johnsen, Roger Joseph Manning Jr., Joey Waronker, Smokey Hormel…et son père David Campbell aux arrangements de cordes) accompagne le blondin sur cette dizaine de titres, ramenant encore plus le disque vers ces sonorités connues.
C’est pourquoi un Unforgiven très synthétique, vocal et aérien (l’air que respire Jean-Benoit et Nicolas), un Heart Is A Drum aux arpèges savoureux et à l’ambiance spatiale tirent leur épingle du jeu.
Rendez-vous en terrain connu, avec Morning Phase Beck ne prend pas vraiment risque mais signe néanmoins un disque agréable, plutôt bien produit, avec quelques pépites glissées à l’intérieur. Les inconditionnels de l’époque Odelay, eux, devront patienter. Un album plus electro serait actuellement en préparation.

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