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Rancid / Tomorrow Never Comes

Ils auraient pu être Anglais, mais sont Américains. Ils viennent d’une ville appelée Berkeley, mais rien à voir avec le Berklee College of Music, situé lui à Boston.

Très inspiré des Clash ou des mythiques Ramones et Sex Pistols, le bande de Tim Armstrong fait du bruit et le fait bien !

Tim Armstrong (guitare, chant), Lars Frederiksen (guitare, chant), Matt Freeman (basse, chant) et Branden Steineckert (batterie) ont formé Rancid dès le début des années 1990, avec comme seule ligne directrice l’énergie et la fureur de la musique punk rock.

Tomorrow Never Comes est le 11ème album du combo, et on peut affirmer sans crainte qu’il est réussi. Pour qui n’aime pas cette musique (ce qui est un peu mon cas), l’album s’écoute d’autant mieux que l’influence celtique est très marquée, en particulier sur un morceau comme Devil In Disguise. Bien sûr, cela reste de la zik qui gratte et qui pète, comme le dirait notre animateur vedette. Mais honnêtement, les formats des morceaux, relativement courts, nous aident à apprécier toute l’étendue de la panoplie ainsi que l’engagement rythmique et lyrique du groupe.

Tout commence avec le titre éponyme de l’album, Tomorrow Never Comes. Le titre évoque tous les combats qu’il reste à mener, et appelle à un sursaut pas forcément civil. Les guitares hurlantes ont la capacité de soulever les foules, et la scansion de Tim, spoken words d’abord puis chantée, a la faculté de nous entraîner dans le combat.

Mud, Blood And Gold est un cri contre la solitude et la colère qu’elle engendre (Tim a été alcoolique et SDF, il sait donc de quoi il parle), alors que Devil In Disguise traite de la mortalité accrue des simples voleurs sur lesquels certains policiers n’hésitent pas à tirer. New American est une chanson de marins, évoquant le rude labeur et la fierté de devenir citoyen américain, à moins que cela ne soit tout à fait ironique. The Bloody And Violent History nous rappelle l’action américaine sur la Côte des Barbaresques (littoral de l’Afrique du Nord) et l’élimination pure et simple d’Hamidou ben Ali, dans un contexte de traite des esclaves, esclavage qui a perduré encore un long moment au profit notamment des États-Unis, alors que Don’t Make Me Do It relate le fait d’être poussé à bout et d’en venir à des extrémités violentes.

It’s A Road To Righteousness est un hymne à l’éducation et à la rébellion, et Live Forever un mantra keupon affirmant (non sans raisons) que le punk survivra à tout, tant qu’il y aura matière à se révolter et à vivre en marge. Drop Dead Inn est un plaidoyer à la fraternité du groupe, et Prisoners Song une critique du monde asservissant du travail. Magnificent Rogue traite de la figure bien connue du voyou qui sera toujours en marge et prêt à tous les combats, One Way Ticket

du départ et de l’ailleurs sans doute salvateur, Hellbound Train décrit la fidélité à ses idéaux (le train jusqu’en enfer, sur la base de braquages ratés). Mention spéciale pour la ligne de basse d’Eddy The Butcher, ainsi que pour ses quelques dissonances bien senties. Le titre Hear Us Out est plus lumineux, presque enjoué tout comme la chanson qui vient clore l’album, When The Smoke Clears.

Seize pistes courtes, râblées et nerveuses, qui nous crachent chacune à leur manière au visage. Eh non, le punk n’est pas mort, et il est parti pour durer tant qu’il existera une forme d’oppression dans ce monde (autant dire que le mouvement perpétuel existe bel et bien).

Globalement, cela nous rappelle les débuts de Green Day (Billy Joe Armstrong a d’ailleurs été à un cheveu de faire partie de Rancid), les gloires passées façon Sid Vicious ou Devo et ce n’est pas pour nous déplaire. Un album plein d’énergie, à dévorer au petit déjeuner ou lorsque vous aurez un coup de mou !

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