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INTERVIEW : THE INSPECTOR CLUZO

En pleine tournée et de passage à La Rodia de Besançon, The Inspector Cluzo s’apprête à nous délivrer un concert apocalyptique. Sensation Rock s’est empressé de prendre à part Laurent Lacrouts, chanteur/guitariste du furieux duo qui a aimablement répondu à nos questions.

Salutcomment ça va ? Peux tu te présenter en quelques mots ?
Adishatz. Ca va bien, merci. Je m’appelle Laurent Lacrouts, je suis chanteur, guitariste. Le batteur qui se repose en ce moment s’appelle Mathieu, on forme à nous deux The Inspector Cluzo.

Vous venez de sortir il y a peu de temps votre 4 ème album Gasconha Rocks. L’accueil du public est il toujours aussi positif lors de cette nouvelle tournée ?
Oui, je dirais même plus encore. Le succès s’est fait par étapes. La notoriété monte à chaque album sans pour autant exploser et à ce qu’on fasse des singles « putassiers » Cela ne sera d’ailleurs jamais le cas. La réputation tend sur la longueur. Ca ne fait que 5 ans que le groupe existe avec 4 albums et hier soir on affichait complet à Dijon, à Berlin la semaine passée pareil, ce soir quasi. Inspector Cluzo fonctionne à l’ancienne, on tourne beaucoup mais on arrive à se gérer. Après cela fait 21 ans que je connais Mathieu et qu’on joue ensemble donc on se sent en phase on peut improviser facilement ce qui en principe plait beaucoup au public. Pas mal de personnes qui nous on vu plusieurs fois savent que lorsqu’on joue, c’est sans frein à main, on va vraiment tout donner. Par ailleurs, avec ce nouvel album on apparaît dans plus en plus de médias comme les Inrocks ou encore Le Mouv’.

En parlant de l’album on sent que vous êtes revenus à un son plus brut de décoffrage même si le côté funky est toujours présent. Comment expliques-tu ce choix ?
C’est avant tout avec le recul après chaque tournée. Si tu veux, on procède par cycles et l’envie d’évoluer arrive d’elle même sans pour autant perdre la patte du début mais c’est un regard autocritique de notre part qui fait qu’après plus de 600 dates tu souhaites te renouveler et aller plus loin encore. Ca ne me gênerait absolument pas de sortir par exemple un album entièrement folk.

Comme à votre habitude l’album a été produit par vous-mêmes, chez vous à Mont de Marsan, vous avez donc votre propre studio à la maison ? Le côté fait maison plus qu’une façon de faire c’est avant tout un mode de vie ?
Oui c’est le premier album que l’on enregistre entièrement de A à Z par nous même. On a acheter pas mal de matériel pour être totalement indépendant. En ce qui concerne le côté fait main c’est avant tout culturel pour nous. La Gascogne est un pays rural. J’ai été élevé de cette façon. « Si on ne te le donne pas, fais le par toi même ». On cherche également à lutter contre ce que j’appelle la culture de l’ambition mal placée. En gros, si tu as 40 canards dans ta ferme ne cherche pas à en vouloir 400.

http://www.ouifm.fr/wp-content/uploads/2013/09/theinspectorcluzo_alb-320x320.jpgVous avez toujours été un groupe engagé en ce qui concerne la défense des cultures et des traditions. On sent d’autan plus cette implication dans certains titres de Gasconha Rocks comme dans Move Over Monsanto par exemple.
Cette chanson parle effectivement des industries qui veulent empêcher la souveraineté des peuples à être autonomes alimentairement parlant. L’autonomie alimentaire aujourd’hui est fondamentale. Autrefois ont cultivaient et échangeaient maintenant ces valeurs n’existent presque plus. On consomme plus que ce que nous donne la terre. Aujourd’hui tout le monde cours après le dernier i phone mais un jour on devra redonner une définition aux besoins primaires. C’est inquiétant de voir que la population est de plus en plus citadine et de plus en plus superficielle. Même dans la musique je ne te citerais pas de nom mais je déteste ces soit disant nouveaux « phénomènes de société ». Quand je vois ces groupes parisiens qui dans leurs chansons se plaignent de leur nombril de métropolitain dépressif j’ai envie de leur dire arrête de te plaindre, barre-toi de ta ville et fais autre chose.

L’album est accompagné d’un DVD intitulé : The Two Mousquetaires A Fight For Independance le titre est assez révélateur. Vous vouliez prouver au monde que vous n’avez pas besoin de l’industrie musicale pour pouvoir exister et tourner autant, c’est çà le message ?
Avant toute chose, il n’y a pas de leçon. L’idée est celle du partage. Il est important d’avoir sa propre culture et pouvoir la faire partager avec autant de monde en tournée. Sans pour autant dire ma culture est mieux que la tienne çà non. Mais le fait de pouvoir dire qu’on a des valeurs va vous nous permettre de faire des belles rencontres qui à leur tour vont partager les leurs avec nous. Remplir un zénith de 15 000 personnes, j’en ai absolument rien à foutre. Si c’est pour que le show soit minuté, parfait et sans accros çà m’intéresse pas du tout. Les clubs en revanche c’est excitant tu n’as pas échappatoire tu dois tout donner. Et partager, interagir avec le public ça te donne une énergie énorme. Ce qui n’est pas le cas avec les grandes salles. Continuer à faire les petites sallestous les soirs me convient parfaitement.

Justement vous tournez énormément plus de 38 pays au compteur tout cela de manière totalement indépendante. Comment expliquez vous ce phénomène ? A partir de quand tout cela à pris une telle ampleur ?
Le Japon a été le déclic. En fait, un de nos amis qui a un label là-bas a fait circuler notre premier 4 titres à l’époque sans nous demander et là les programmateurs du Fuji Festival ont été emballés et nous ont invités. L’effet boule de neige ne s’est pas fait attendre et du coup on s’est retrouvé à faire une tournée en Asie en Europe et un peu partout autour du globe ou le bouche à oreille à fonctionné.

Vous tournez en Asie, en Europe et dans quelques jours vous vous envolez aux Etats Unis pour une vingtaine de dates. Il paraît qu’il est difficile de tourner là bas quand on est pas américains. Un nouveau challenge ?
C’est avant tout une invitation de nouveaux amis les Suicidal Tendencies pour lesquels on fera la première partie de la tournée. Ils ont été touché par le dvd qui leur a un peu rappelé leurs débuts dans les années 80. Ils sont d’ailleurs venu en vacances à la maison à la ferme avec les canards et ils été incroyablement surpris de voir une culture qui pouvait leur paraître étrange mais avec laquelle on retrouve la même ligne de conduite à savoir le respect de l’autre et des traditions. Eux mêmes en ce qui concerne la tournée sont hyper confiants. Même si c’est un public qui n’est pas habituellement le nôtre, on va tout faire pour tout retourner.

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Vous avez un agenda overbooké avec ces immenses tournées, en gérant tout vous même. Comment arrivez-vous à tenir le coup ? Vous allez vous ressourcer régulièrement en pays Gascon pour décompresser j’imagine…
Oui, c’est sur que la tournée pour le coup est vraiment intense. Après notre escapade aux Etats Unis on va se donner 2 mois vers janvier/février pour se reposer s’occuper de nos canards, nos oies et préparer la tournée prochaine pour le printemps et la saison des festivals. Et dès la rentrée de septembre je pense qu’on enregistrera un nouvel album si tout va bien. Les pauses permettent de te ressourcer et prendre du recul par rapport aux réactions du public des concerts d’auparavant et corriger certains trucs.

Pour terminer j’aimerais te demander vos coups de coeurs musicaux que ce soient des découvertes récentes ou même des artistes qui vous ont influencés . Qu’est ce qui tourne sur votre platine en ce moment ?
En ce moment on écoute beaucoup Mark Lanegan & Duke Garwood ainsi que l’album d’avant Blues Funeral. Je l’ai connu avec les Screaming Trees dans les années 90 qui est une période énorme pour le rock avec la scène de Seattle ou l’on retrouve Alice In Chains, Soundgarden, Mudhonney, Pearl Jam… D’ailleurs Eddie Veder avec Curtis Mayfield sont mes 2 chanteurs préférés. On écoute peu de choses récentes finalement parce que les prod d’aujourd’hui nous paraissent moins bonnes. Hanni El Khatib aussi, j’avais beaucoup aimé son premier album et moins le nouveau à part la chansonFamilyqui est terrible. Je trouve qu’il s’est fait bouffer par Dan Auerbach et qu’il a perdu de sa superbe. C’est dommage.

Merci à toi. Un petit mot pour la fin ?Je te remercie beaucoup pour ton interview mais là il faut que je file (rires) j’ai un second entretien dans 10 minutes. Adiu (au revoir).

Propos recueillis par Johan. Merci à Simon Nicolas de La Rodia pour avoir rendu cet entretien possible et bien sur à The Inspector Cluzo pour sa disponibilité et sa bonne humeur.

Photos : copyright.

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