L’ALBUM OUBLIE : J. TILLMAN, Cancer And Delirium

Yer Bird Records/2007

On est en 2007. Au milieu de quelques drames survenus cette année (Fred Chichin des Rita Mitsouko est emporté par un cancer, les deux grands cinéastes Bergman et Antonioni meurent le même jour, Mika sort son premier album…), parait Cancer And Delirium de Josh Tillman, songwriter méconnu ayant à son actif trois albums (I Will Return (2005), Long May You Run, J. Tillman (2006)tous deux au départ autoproduits puis réédités – et Minor Works, paru chez Fargo en 2006). Cancer And Delirium est un album brut, enregistré en quelques jours mais d’une beauté à couper le souffle.
“La plupart des chansons ont été écrites pendant une semaine où j’étais seul à Paris, et le titre de l’album provient d’une phrase de Tropique Du Cancer (un roman d’Henry Miller, NDR), qui parle essentiellement du fait d’être jeune, pauvre et isolé dans Paris, tout ces idées se sont rassemblées. Cette phrase ne cessait de revenir dans ma tête. Ce disque a aussi été la première occasion pour moi d’expérimenter des accordages différents, qui je pense contribuent à sa beauté”. Voilà comment Tillman présente le disque lors d’une interview pour un blog. On a donc à faire à un jeune homme inspiré et sûrement francophile. Pourtant, son label parisien Fargo le lâche après le manque de succès de Minor Works, pourtant l’un de ses disques les plus aboutis et cohérents. Tillman se tourne alors vers les Américains de Yer Bird Records, petite maison hébergeant d’autres artistes/groupes aussi méconnus tels que Small Houses, Hezekiah Jones ou The Great American Desert.
Cancer And Delirium n’est clairement pas le disque à écouter pour découvrir la musique de Josh Tillman. On penserait plutôt à Minor Works pour ça. L’enregistrement de Cancer And Delirium y est parfois assez médiocre (beaucoup de souffle, bruits dans la rue…) mais le son lo-fi confère à cet album un certain charme. Par exemple, au milieu de la lumineuse Under The Sun, on entend la sirène d’une ambulance, un son qui sied plutôt bien à l’ambiance du morceau.
S’il est donc respectivement enregistré et mixé de façon artisanale par ses amis Colin Wolberg et Kory Kruckenberg, Cancer And Delirium est constitué de morceaux qui se tiennent tous entre eux. Des ballades épurées qui font la part belle à la voix de l’Américain (How Much Mystery, Milk White Air, If I Get To The Borderline) et
évoquent l’une de ses influences, Nick Drake, songwriter anglais disparu et auteur de trois albums majeurs. Quelques titres bénéficient d’arrangements plus conséquents. Ribbons Of Glass est un monument de songwriting, évoluant par paliers : d’abord le banjo, puis l’harmonium, puis la guitare puis la voix, puis la batterie puis tout ensemble. When I Light Your Darkened Door et ses deux batteries mixées chacune d’un côté pour le final du morceau. Evans And Falls, montrant l’harmonie d’un banjo, d’un glockenspiel et d’un piano.
Cancer And Delirium n’est peut-être pas l’album le plus accessible de Josh Tillman mais il fait partie de ces enregistrements sincères, honnêtes que l’on pourrait écouter longtemps tant il recèle de mélodies magiques.

Tracklist :

01. Visions Of A Troubled Minds
02. Milk White Air
03. Evans And Falls
04. A Fine Suit
05. Ribbons Of Glass
06. Under The Sun
07. If I Get To The Borderline
08. When I Light Your Darkened Door
09. How Much Mystery

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