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LIVE REPORT: THE BLACK KEYS, Hall Tony Garnier, Lyon, Vendredi 30 Novembre 2012

Fin de l’année 2011 le monde entier se déhanchait sur le rockabilly revisité de Lonely Boy des Black Keys paru sur le controversé El Camino qui pour certains fans était le passage à la facilité et au rock commercial en total décalage avec le blues garage des premières heures… Nous n’allons pas nous lancer dans un énième débat sans fin mais tout simplement profiter de l’occasion de la venu à Lyon du duo d’Akron (Ohio) pour cette nouvelle tournée européenne.

L’immense Hall Tony Garnier (17000 places) n’est pas comble ce soir mais l’espace est honorablement investit par la foule qui est composée autant de jeunes ados portant la chemise de bûcheron dernier cri que par les fans du duo qui visiblement n’en sont pas à leur premier concert de blues.

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Après une mise en bouche plus ou moins convaincante des anglais de The Maccabees qui durant 40 minutes ont déversé un rock quasi expérimental avec énergie, l’équipe technique envahit la scène et met en place le décor de la nouvelle tournée du duo (enfin du quatuor puisqu’on aperçoit un clavier et une basse en arrière plan…) Après une longue attente les lumières s’éteignent enfin. 21h10 on aperçoit enfin derrière l’écran géant diffusant des animations old school, l’ombre de Dan Auerbach (chant, guitare) et Patrick Carney (batterie) qui entrent enfin en piste suivis de 2 musiciens sous les applaudissements du public déjà en feu avant le début du set. Les hostilités commencent avec Howlin’ For You et Next Girl tous deux tirés de Brothers, album ayant propulsé la carrière du duo, et qui étonnamment par rapport à la version studio sont plus punchy. Run Right Back sous ses fausses allures pop met tout le monde d’accord avant que la guitare grinçante de Dan n’entâme le très bluesy Same Old Thing. Puis les choeurs d’enfants et les claviers prennent la relève pour le très radiophonique Dead And Gone suivi de près par le tubesque Gold On the Ceiling où Dan nous invite à reprendre le refrain en choeur. Les 2 aides de scène s’éclipsent un moment pour laisser les têtes pensantes de la formation en duo tels qu’ils l’ont toujours été. La distorsion du riff lourd et grinçant de Thickfreakness est toujours aussi sale de quoi râvir les fans des premières heures. Si Girl Is On My Mind et son blues/garage cradingue est méconnu des nouveaux admirateurs du duo, pour nous autres qui les suivons depuis le début c’est le pied intégral ! De même pour Your Touch issu du injustement oublié Magic Potion… Session nostalgie terminée, les 2 acolytes reviennent cependant dans le noir lorsque Dan attrape la guitare Dobro dorée pour entamer la partie acoustique du splendide Little Black Submarines dans une ambiance très folk américana, avant de repasser en mode électrique accompagné par la lourde rythmique de Pat pour un final très Zeppelinien à couper le souffle.

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L’ énergique Strange Times tiré de l’excellent Attack & Release vient provoquer un grand mouvement de foule de par son énergie décapante. Avec plus de retenue Sinister Kid et Ten Cent Pistol nous renvoient à la période blues/soul de Brothers mais également à une pop 60’s à l’aide Tighten Up qui est décidément surprenant d’adaptation scénique. La machine à tube pointe le bout de son nez pour le désormais incontournable Lonely Boy repris en choeur par un public décidément très en forme ce soir.

Après une courte pause Dan, Pat et leurs 2 musiciens (dont j’ai oublié le nom) remettent le pied à l’étrier pour un court rappel composé de Everlasting Light avec un chant surprenant très aigu de la part de Dan nous plongeant immédiatement dans une ambiance soul 70’s. De plus une énorme boule à facette descend de la scène et éclaire la salle entière de mille feux. Pour l’ultime titre nos 2 gaillards reprennent la formation d’antan pour nous envoyer le très très bon I Got Mine à la distorsion bien sale et furieuse avec un final instrumental blues/garage impressionnant.

Il est 23 h lorsque résonne le dernier larsen de la Gretsch plongeant la salle entière dans une atmosphère pesante et électrique. The Black Keys quoi que l’on puisse en penser ont délivrer ce soir un show complet débordant d’énergie sincère soudée par la complicité incontestable de Dan et Pat qui jouent désormais dans la cours des grands voir des très grands.

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