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-M-, Îl

Barclay/Un hiver sale/2012

Ca commence comme sur un disque de relaxation ou un mauvais album de bruitages de films. De l’eau coule, une chouette hullule, un piano schulteissien fait son entrée avant de laisser place à la voix de plus en plus aigüe de l’ami Chedid. Dans quoi on a mis les pieds ?

-M- est un artiste qui se réinvente sans cesse, c’est écrit partout. Nouvelle équipe et nouveau look pour celui qui se fit remarquer en 1996 avec le très réussi et inaugural Baptème. En effet, de nouvelles têtes (Dorion Fiszel, Brad Thomas Ackley, Lawrence Clais) entourent Matthieu Chedid qui s’est fait designer de grosses lunettes en forme de -M- et a opté pour le blouson de cuir. Mais qu’en est-il de tout ça ?
Le résultat de cette nouvelle direction est un disque basé sur l’énergie et l’instinctif (à en juger par la qualité de certains textes). Quand la fougue chedidienne fonctionne, cela donne Mojo, un titre qui sonne comme du Black Keys à la française, Faîtes-Moi Souffrir, morceau plutôt fédérateur ou Le Film, funky à souhaits. La Maison De Saraï rappellera à certains Le Festival De Connes pour son côté jazz déglingué.
Cependant, quand l’envie de se diversifier grandit encore chez Matthieu, on obtient Baïa, tellement Chico et les Gypsies que ça en devient risible. -M- rend hommage à son pote DJ Mehdi sur un titre d’électro gentillette qui fait des jeux de mots du style “l’océan, oh, c’est en moi”. Bof.
Ensuite, lorsqu’il place un solo de clavecin dégueulasse (c’est le mot) sur Elle ou tente une ballade planante vaguement orientale (Machine), et termine l’album par les bandes inversées inaudibles du titre précité (Enihcam), on approche de la nausée.

En risquant – on ne peut pas lui enlever ça – le tout sexuel, sensuel, instinctif, planant, -M- se perd dans l’autoparodie (les calembours font “flop”) et l’outrance d’effets qui ne fonctionnent par vraiment. On passe.

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