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L’ALBUM OUBLIE : SHED SEVEN, Change Giver

Polydor/1994

1994. Année phare dans l’histoire de la musique anglaise. C’est l’explosion de la Britpop, Oasis et Blur sont sur le devant de la scène, et captent presque toute l’attention, notamment grâce au pseudo combat qui les oppose et qui fait le bonheur des tabloïds. Mais en dehors de ces deux formations, d’autres surfent aussi sur la même vague, connaissant plus ou moins de succès. On pourrait citer Menswear, The Bluetones, Cast et Shed Seven donc. Tous ces groupes mériteraient quelque part de se retrouver dans cette rubrique mais on va s’intéresser aujourd’hui au dernier cité (mais cela ne veut pas dire pour autant qu’on ne consacrera pas quelques lignes aux autres à l’avenir).

Shed Seven est originaire du nord de l’Angleterre, comme les frères Gallagher. D’ailleurs leur style est plus à rapprocher tant musicalement que mentalement de celui d’Oasis. On ne sent pas une ouverture d’écriture comme on peut la trouver chez Albarn et Coxon. Change Giver fait dans la pop à tendance rock, avec un chant plein de nonchalance, à la diction trainante de la part de Rick Witter. Un leader qui ne déroge pas à la règle de l’époque : tête à claque, arrogant et qui pour faire original avait proclamé son groupe comme le “plus grand groupe du monde”. On n’en est pas là bien entendu même si ce premier album de Shed Seven est un véritable recueil de 11 tubes. Le premier coup de poing était venu du single Dolphin, commençant sur des percussions quasi tribales, il possède un refrain ravageur (“Shame on you, there’s something in my head and it’s got it’s back to me”) qui crée une adhésion immédiate. Pour l’anecdote, on aura droit à une performance live sur le plateau de Nulle Part Ailleurs, une époque où le son des lives de Canal était excellent et où on n’avait pas à se coltiner l’insupportable et pas vraiment utile China Moses (merde, je regretterais presque Tania Bruna-Rosso). Bref. Dirty Soul ouvre ensuite Change Giver. La gratte stridante en intro n’est pas sans rappeler celle du Columbia d’Oasis mais ensuite le morceau devient un titre pop assez influencé 60’s. Les pistes se succèdent et font toujours mouche. Sens de la mélodie imparrable et refrains fédérateurs, que ce soit en mode pop rock (Head And Hands, le titre sous haute influence des Stones Roses Mark) ou lorsque que le tempo ralentit (Speakeasy, la formidable Long Time Dead). Le slow est totalement maitrisé avec Ocean Pie. Et Shed Seven démontre tout son savoir faire en offrant en clôture de Change Giver un morceau épique de 8 minutes, qui touche presque au shoegaze et devient un titre plânant (On An Island With You).

Le premier essai de Rick Willer et des siens est une réussite de bout en bout. Mais le véritable succès du groupe viendra deux ans plus tard avec A Maximum High, pourtant en dessous de son ainé, mais qui aura droit cependant à une réédition en 2011. Malheureusement, l’intérêt pour la formation de York retombera avec le courant musical qui les avait vu naitre.

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