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FATHER JOHN MISTY, Fear Fun

Sub Pop/Bella Union/PIAS/2012

Joshua Tillman sort de sa chrysalide – sept albums de folk majeurs sortis entre 2005 et 2010 sous son propre nom – pour démarrer un nouveau projet sous l’énigmatique pseudo Father John Misty et signe avec Fear Fun certainement l’un des disques incontournables de 2012.
En quelques semaines, l’actualité alors plutôt calme de J. Tillman est devenue plus intense. Quittant les Fleet Foxes, après presque quatre années de très bons et loyaux services derrière les fûts et sous la bannière du roi Robin Pecknold, le multi-instrumentiste de Seattle annonce un nouveau projet. En parcourant quelques blogs très bien informés, on découvre alors I Would Love You en duo avec Phosphorescent puis
Hollywood Forever Cemetery Sings. Le morceau avec Phosphorescent n’apparaitra finalement pas sur le disque, maisHollywood Forever Cemetery Singsfait bel et bien partie de la tracklist deFear Fun. Fear Fun est d’ailleurs le premier disque de Tillman à paraitre chez Sub Pop, une maison ô combien respectable.
Dès la première écoute de ce nouveau disque, le puriste des albums ascétiques de Josh Tillman (on se souvient du dépouillé Singing Ax (2010), du magnifique Cancer & Delirium (2007) et de l’élégiaque Year in the Kingdom (2009) pourra être un brin dérouté. Fear Fun semble vouloir plus ou moins tirer un trait sur cette expérience pour s’engager sur plusieurs voies/voix pas forcément empruntées jusque-là. Tillman y chante comme si c’était la dernière fois (s’époumonant et sifflant comme Otis sur Well, You Can Do It Without Me, s’amusant sur Tee-Pees’s 1-12 comme ce bon vieux John Fogerty en son temps). Le trentenaire n’a pas renié d’où il vient, rendant un hommage très prenant aux 70’s (par exemple C.S.N. & surtout Y.) et donc d’une certaine manière à son ancien groupe, comme en témoigne quelques titres lumineux (O I Long To Feel Your Arms Around Me).
Mais c’est quand il tente une pirouette beatlesienne (guitare électrique du côté gauche, arrangements de cordes majestueux, clavecin, batterie mate…) que Joshua Tillman tire le meilleur de lui-même (et par ricochets, on pense à Elliott Smith). This Is Sally Hatchet est donc l’un des sommets de l’album. Oui, car Fear Fun en atteint d’autres, des sommets. On compte parmi ceux-ci Hollywood Forever Cemetery Sings où J. Tillman semble être monté sur un cheval fou. Only Son Of The Ladies’ Man (possible hommage à Leonard Cohen ?) qui sonne comme un énorme morceau des Foxes continue d’amener l’auditeur en balade du côté des cimes.
La cerise sur le gâteau, c’est la présence de l’ingé son Phil Ek (Fleet Foxes, Band Of Horses) et l’auteur du fabuleux Gentle Spirit – j’ai nommé Jonathan Wilson – qui ont apporté leur savoir-faire pour orchestrer cet album d’une richesse qu’on n’espérait ou n’aurait pas soupçonnée. Fear Fun, avec ses textures variées et ce brin de folie (non, non, la pochette, c’est vraiment pas possible !) démontre, une fois n’est pas coutume, le talent de composition du complexe Joshua Tillman.

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