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Joe Chester, Jupiter’s wife.

Vous avez envie de voyager mais physiquement vous ne pouvez pas, qu’à cela ne tienne nous allons y remédier. Comment, tout simplement par l’entremise d’un génial folkeux irlandais du nom de Joe Chester.
La notoriété de ce songwriter de talent n’a pas encore dépassé l’Irlande, bien que Joe soit à créditer de six albums.
Jupiter’s wife, son septième et nouvel opus, devrait lui permettre d’enfin franchir le cap irlandais, direction l’Angleterre et pourquoi pas la France.

La notion de voyage n’est pas ici anodine car Jupiter’s wife est une invitation au road trip, à l’exploration de terres lointaines et rurales, parfois même inhabitées.
Joe Chester, par sa voix chaude et réconfortante, nous entraîne à travers la lande, les falaises, tous ces paysages qui font l’Irlande maritime et rurale.
Cet album est constitué de treize morceaux, pour l’essentiel de magnifiques ballades interprétées à la guitare acoustique et au violon. On n’y trouvera nulle trace de batteries ni de guitares électriques, reconnaissons que de temps en temps ça fait du bien, nos cages à miel se reposent.

Jupiter’s wife débute par un instrumental, le morceau intitulé Jupiter’s wife précisément. Qu’on se rassure, notre ami Joe sait chanter et de fort belle façon. C’est Staying for the children, l’une des rares compos les plus enjouées et dynamiques du LP avec Nothing at the end, Staying for the children donnant le top départ de sa prestation vocale.
On l’a dit Jupiter’s wife fait la part belle à de fabuleuses ballades d’anthologie, à des complaintes qui évoque l’Irlandes et ses tourments
: histoires d’amour, de mort mais aussi de réels espoirs.
Parmi ces somptueuses compos guitare/voix, citons A siren song to a shipwreck, Somewhere between oblivion & bliss ou encore A red balloon.
A l’écoute de ces joyaux musicaux, on n’a qu’à se laisser porter par la voix enjôleuse de Joe Chester, à ne penser à rien d’autre qu’à ce petit voyage jusqu’au confin des contrées irlandaises.
Deux chansons ont pour titres des noms propres, Hilton & Michael ainsi que Novena, deux splendides ballades sans doute dédiées à des personnes chères au cœur de Joe.
Jupiter’s wife a la particularité de compter quatre morceaux instrumentaux : l’éponyme Jupiter’s wife bien sûr, Is cuimhin et Sweet bird en solo de guitare sèche ainsi que Synge’s chair jouée piano/violon. Pourquoi tant de compos instrumentales, c’est un peu déplorable tellement la voix de Joe Chester fait du bien à entendre.

Il résulte donc que Jupiter’s wife est un opus de qualité et on se demande comment, en appréciant les neuf morceaux chantés, comment cet irlandais pur sang ne s’est pas encore fait une personnalité dans le petit univers de la folk britannique. A l’image de Conrad Vingoe ou même de David Keenan (tiens, un irlandais aussi), Joe Chester peut devenir avec Jupiter’s wife une étoile montante du genre folk et sonner la révolte des irlandais face aux puissants anglais qui, même du point de vue musical, exercent une impitoyable domination. Ce qu’on aimerait être petite souris pour assister à cette éventuelle consécration hors Irlande de Joe Chester. Croisons les doigts pour lui et souhaitons-lui le meilleur !

Note de 8 sur 10.

Jean-Christophe Tannieres

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