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Le Cabaret Vert 2026, le jeudi 20 août 2026, Charleville-Mézières (08)

4 jours exceptionnels. Voilà si l’on veut être des plus synthétiques concernant l’édition anniversaire du Cabaret Vert. 20 ans, ça se fête et l’équipe du festival a fait le boulot afin de marquer l’occasion. Donc commencer par adresser nos sincères félicitations et souhaiter (au moins!) 20 ans de plus à l’événement ardennais, nous semblait être l’entame minimum à faire de ce report. Avec une météo globalement clémente, le Cabaret Vert a donc soufflé ses 20 bougies en compagnie d’un public de plus en plus au cours de ces 4 jours. 106 000 festivaliers au terme de l’événement et une journée sold out, en l’occurence le samedi.

N.B. : Ayant assisté à une large partie des concerts proposés durant le festival, nous avons décidé de découper le live report du Cabaret Vert en 2 parties: un reportage écrit, plutôt copieux (que voulez-vous, c’était très bon en même temps!) et agrémenté de quelques clichés et pour ceux qui souhaiteraient compléter l’expérience du festival avec les photos nombreuses de Benoît, un report essentiellement photographique et cela pour chacune des journées. 

Bonne lecture.

 

Ambiance, Cabaret Vert 2026, Benoît GILBERT

 

Plus qu’un simple festival de musique programmée sur un large weekend, le Cabaret poursuit inlassablement sa quête à travers les années de recherches, de transformations de son site (notamment de sa friche de la Macérienne) et surtout de partage de ses valeurs. S’il fallait un exemple qui symbolise au mieux cette dernière idée, parlons d’emblée de la d’un point crucial pour tout festivalier: la restauration! Avec une logique d’approvisionnement locale, voire régionale, le festival tend à démontrer que l’on doit et peut, lorsque l’on crée une telle manifestation, agir pour le bien collectif en générant le moins de nuisances et de pollutions connexes à l’événement. Donc une nourriture produite dans un rayon de 200km maximum. Plus qu’une gageure, un principe. Par delà ce défi grandement relevé et pérenne, le Cabaret vert peut se targue à raison d’être vertueux pour l’environnement, aussi aussi pour le portefeuille du festivalier. Au passage, c’est aussi très bon et copieux; besoin d’une poutine vers minuit, ok problème! Votre ration sera servie en quantité et pour 10€ maximum. Conclusion, si cela fonctionne dans les Ardennes, la formule pourrait aisément être reprise ailleurs. Pardon, partout dans cet Hexagone parcouru par une multitude d’ événements semblables!

 

Poursuivons. Le Cabaret Vert est aussi une grande fête des arts. Dans le gymnase Bayard, siège d’une grande partie de la logistique, il y également festival côté Bandes Dessinées. Cette année, aux libraires, présents, aux dessinateurs se prêtant au jeu de la décidace agrémentée d’un dessin, se tenait une agréable petite expo centrée sur les Chevaliers du Zodiaque (pardon Saint Seiya pour les puristes). De même, un magazine édité pour les 20 ans avec en guest Spirou était en distribution gracieuse. Des films, des débats, … bref comme chaque année, par delà la grand-messe musicale, il y a en pour tous, petits et grands car le Cabaret Vert tend clairement à cultiver un esprit festival familial, notamment les dimanche.

 

Passé ces premiers points, il faut tout de même évoquer dans les grandes lignes l’aspect musical de ces 4 journées ici. Une fois encore, la programmation de cette année a été qualitative. Avec des journées résolument thématiques, le public ne pouvait qu’être servi.

 

Dès le jeudi, le festival démarre tambour battant. Enfin pour nous, car la liste des concerts auxquels avons prévu d’assister est longue. Jugez par vous-même:  Goya, Body Count et Ice-T, Delilah Bon, Basement, Turnstile, Last Train, Deftones, Rise of the Northstar, Ultra Vomit. Encore une fois, ce sont les semelles qui vont chauffer ici, d’autan il n’est pas prévu de beaucoup pleuvoir durant ce weekend. Arrivant dans les temps, mais pas suffisamment tôt pour s’échauffer avec le hardcore australien de Speed, c’est donc avec les Nancéiens de Goya que nous rentrons à proprement parler dans le festival de cette année. Formation nu metal resserrée – ils ne sont « que » 4, Goya retourne avec une facilité déconcertante la bienveillante et ponctuelle assistance de la Razorback. Une très bonne mise en bouche aux accents typique des années 2000 avant d’attaquer l’unes des premières grosses sensations du fest, Body Count.

 

Derrière les visuels outranciers et la censure qui suivit sa carrière, c’est une institution de la musique qui se présente dès le premier jour. En effet, la formation qui durant les années 1990 s’est évertuée à fusionner des styles que tout séparait et qui aura pour fils putatifs nombre de groupe nu metal, Korn, Limp Bizkit et même leur contemporains de Rage Against the Machine, se présente avec un large sourire aux lèvres, chapeautée par Ice-T (aujourd’hui associé au nom à l’aide d’un « featuring »). Sur des rythmes péchus, des riffs agressifs aux accents sabbathéens, le chanteaux multiples casquettes harangue une foule de fidèles et autres festivaliers adeptes de pogos musclés. Les titres puisent dans l’intégralité du répertoire, les backdrops et mises en scène scandaleuse (le jeune backer se fait casser la gueule par l’un de ses camarades de jeu, assurant une chanson le visage en sang, le même descendant dans le lit au contact du public avec un microphone en forme de couteau et arborant un masque effrayant; Ice-T lui-même enfilera un temps son plus beau collant comme les braqueurs d’antan, …).Fin du show sanguinolent, d’un « pas » nous bondissons en direction de la Razorback pour rejoindre Basement, histoire de faire retomber d’un bon cran la pression.

 

Renfrognés à la manière d’Oasis (ce sont des Anglais originaires du Sufffolk), évoluant dans un genre passif-agressif comme du Pixies, et avec une attitude côté chanteur renvoyant franchement à celle de Grian  Chatten, le frontman de Fontaines D.C., Basement a gagné en deux temps trois mouvements mon attention; les titres plaisants s’enchaînent facilement amenant alors un dilemme cornélien: au même moment, joue à l’autre extrémité du site Delilah Bon que nous avions Delilah Bon entourée dans la « shortlist » de concerts à voir.  Choisir c’est renoncer…  Je reste ici pour profiter de tout le show.

 

 

Consciencieux (…), Benoît traverse ce vaste site pour photographier l’autre prestation. Aux dires de notre photographe: « du Riot grrrl de bonne facture: des fringues Do It Yourself ultra colorés, un chant rappé  et engagé sur du punk hargneux; on n’est pas loin des Nova Twins ». Bon, il a gagné, maintenant j’ai hâte de voir cette artiste. Wait and see.

 

(…) 20h30 sur la scène Zanzibar, c’est encore une fois l’un des gros concerts à voir ici et même cet été auquel je me prépare à assister. Turnstile. La bande de Baltimore est en pleine hype: les dates se rajoute au fur et à mesure, notamment en compagnie de Deftones, le public ne désemplit pas, les écoutes, voir les ventes de supports physiques sont là pour les amoureux de la musique non dématérialisée, … l’effet Grammy Awards pour l’album Never Enough est redoutablement efficace. Et c’est avec la track 1, dudit album, le titre éponyme, que la bande de Brendan Yates nous accueille, sensation garantie! Le chanteur passe de longues minutes à sauter en tout sens, jouant à faire tournoyer son micro ainsi que son pied (de micro) tel Iggy Pop. Les musiciens de la formation sont aussi garants de l’ambiance même s’ils sont clairement pour concentrés sur leurs instruments respectifs. Ici aussi ça fusionne à tout-va: si l’essence musique des Américains réside dans le hardcore sincère, la pop s’est très largement infiltrée pour redéfinir la ligne artistique. Et cela depuis Glow on (2021). Un pari gagnant aujourd’hui car le groupe a considérablement élargit sa fanbase et conquit un vrai public français, aujourd’hui bien plus enclin à apprécier des artistes pop, electroniques et bien sûr des styles urbaines, au premier desquels le hip hop. Bref, c’est sous les applaudissements nourris que le concert se termine.

 

Pas le temps de trainer, ni de se restaurer, à la minute où le rideau est tiré côté Zanzibar, il se lève sur la Razorback pour Last Train. Lancés dans une tournée estivale riche en dates, une spécialité pour les Alsaciens, ils sont de passage en terre ardennaise pour la seconde fois en presque 10 ans. Ce soir encore, c’est un mélange de titres robustes, taillés pour la scène qui sont au programme: Home, Way out, On our knees, Disappointed, Between wounds, This is me trying et la désormais incontournable The big picture. Si la communion entre le groupe et son public est indéniable, Jean-Noël haranguant les foules avant de la fouler sur On our knees, Julien offrant un jeu de scène toujours très intense et un brin emprunté à Peter Hook de Joy Division/New Order, il sera regrettable ce soir qu’une bagarre au coeur de la foule vienne entacher l’ambiance. Pendant de longues, bien trop longues minutes le concert est interrompu à l’initiative du groupe soucieux du bien être de son auditoire. La sécurité fera le reste afin de permettre la reprise du show. Un événement moins cool que la demande en mariage en plein show lors de leur passage à Décibulles d’un festivalier à sa moitié…

Une fois n’est pas coutume, nous ne restons pas pour le grand final des Français – c’est à distance que l’on perçoit la rage des dernières minutes de The big picture, Deftones doit démarrer dans le quart d’heure et pas question d’en rater une miette. Donc il faut se placer au mieux pour apprécier LE concert du jour sur la grand scène de Charleville-Mézières.

 

Et c’est parti pour un tour de chant comptant une grosse dizaine de titres, dont l’ouverture n’est autre que Be quiet and drive (far away). Pas question de fuir face à la déferlante en provenance directe de Sacramento. Titre après titre, on est un toujours un peu plus captif de l’ambiance générale émanant de la scène. Chino et consorts semblent jouer comme jamais et face à des foules plus nombreuses que jadis. Oui Deftones a trouvé la recette, Deftones a touché la grâce et cette dernière rejailli à chaque instant dans ses concerts, qu’il s’agisse des festivals ou depuis les dates suivant la sortie il y a presque un an jour pour jour (le 22 août 2025 pour être précise) du remarquable et très attendu Private music. Bon pas de Back to school (mini maggit) pour les aficionados de la première heure, mais rien d’étonnant: la setlist est plutôt figée pour les festivals et de toute façon le titre n’est plus à l’ordre du jour depuis 2022. Pas de déception à avoir mais beaucoup de plaisir: les nouveaux titres, tels My mind is a Mountain, Locked club (enchainé avec le précédent cité), Infinite source (SU-PER-BE!) ou encore Milk of the Madonna conclu avec l’outre de Souvenir. Fin du spectacle, on se laisse à rêver à un nouveau passage dans l’Hexagone dans une tournée des Zénith pourquoi pas… fin du rêve en un instant… quoique, arrête de rêver! De toute façon, c’est désormais l’heure de se restaurer.

 

On profite donc d’un temps mort, le concert de Rise of the Northstar pour se sustenter. ROTNS, un temps mort? Ne pouvant shooter sans restriction le groupe, nous avons décidé avec Benoît d’apprécier le concert de la formation parisienne avec moins d’empressement que les autres. c’est donc depuis les stands de poutines, puis de crêpes que nous écoutons pour l’essentiel les titres nu metal. Concrètement, le show est bon, efficace mais sans grande surprise pour l’avoir vu il y a peu aux Eurockéennes. ROTNS, c’est du lourd, les poutines au juste prix dans les Ardennes aussi.

 

Calés, nous finissons la soirée avec Ultra Vomit. Là aussi, nous avons pu les voir du côté de Belfort au début de l’été, mais deux différences notables: 1-pas de contraintes excessives pour les prises de vue (Bon point); 2-le concert est cette fois donné au coeur de la nuit et non de jour. Aussi, on peut pleinement profiter de toute la scénographie déployée. Et soyons des plus honnêtes: certes aller voir Ultra Vomit, c’est se taper une bonne grosse tranche de rire, mais là les visuels réalisés sont léchés: l’univers cinématographique est top, les sculptures gonflables sur Doigts de metal aussi soignés que celles de formations US (une pensée pour Smashing Pumpkins, Sum 41 ou The Offspring) et par-delà la grosse grosse déconnade que propose le groupe de bout en bout, c’est Ultra Carré. Chapeau bas messieurs. Et c’est sur cette note positive et super saturée que nous quittons le site pour cette première journée.

 

Ambiance, Cabaret Vert 2026, Benoît GILBERT

 

Comme évoqué plus haut, pour voir davantage de clichés pris lors du festival, voici le lien vers le report photo de Benoît GILBERT de cette journée.

Jeudi: https://www.sensationrock.net/2026/08/27/le-cabaret-vert-2026-jeudi-20-aout-2026-charleville-mezieres-08/

 

-Mots: Emilie BABÉ

-Crédit photos: Benoît GILBERT

Merci à toute l’équipe du Cabaret Vert pour cette première journée de folie 😉

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