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Festival de la Paille, vendredi 28 juillet 2023

Une météo incertaine, quelques tracas logistiques et l’annulation de la venue de Ko Ko Mo ont été de mauvais signaux qui heureusement n’ont plus été d’actualité à partir des premiers concerts, attendus par un public toujours fidèle et familier.

Blue Tone Stompers ouvre le festival dans une ambiance rock, dub et ska ; les musiciens affichent une belle complicité sur la scène du Mont d’Or, et à l’écoute revient souvent les images de Madness sur certains titres. Une jolie découverte pour un groupe qui repassera très prochainement par la Franche-Comté.

C’est Manu Lanvin et son groupe (The Devil Blues) qui passe le premier sur la grande scène. Pas facile de remplacer au pied levé d’autres musiciens (toutes nos pensées pour Ko Ko Mo après le drame de l’incendie de leur bus), mais Manu met d’entrée de jeu une grosse énergie, haranguant la foule et livrant un set de pur rock. Les titres s’enchaînent sans temps mort, incorporant une reprise (Highway to hell pour mettre le public dans la poche), avant une deuxième partie très blues rock, faisant la part belle à la guitare face à un public qui semble quant à lui s’être réservé pour les têtes d’affiche ultérieures.

Dans un autre style, les Fils du facteur proposent de la chanson française poétique, parfois disco-pop à la Florent Marchet où l’improvisation est de rigueur. « Le futur était mieux avant », chante Sacha, avec des textes peaufinés et de belle qualité. Un set peut-être rapide pour ce groupe très sympathique mais qui bénéficie de la concurrence de Bernard Lavilliers, dont la présence justifie l’essentiel de la présence des (jeunes et surtout moins jeunes) festivaliers de ce jour. Le chanteur iconique, entouré de nombreux musiciens et d’une scène avec un éclairage remarquable nous offre un tour du monde musical, entre rock et reggae, avec un son d’une incroyable modernité. Titres récents et classiques (Idées noires, Stand the ghetto, Les mains d’or) ravissent les fans, et un rappel permet à l‘artiste de recevoir une belle ovation d’un public qui a apprécié le spectacle.

Du mondial au local, de la flûte brésilienne aux rifs heavy et noise, la transition est assurée de manière impeccable par les bisontins de Jack & The bearded fishermen. C’est toutes guitares devant que les musiciens (actifs depuis près de 20 ans) défendent avec rage et précision leur dernier album avec une belle énergie. Franchement une belle claque, qui permet de rappeler l’esprit de ce festival régional, défendant des groupes locaux et leur permettant de rencontrer d’autres publics.

C’est incontestablement Dub Inc qui crée la plus grosse ambiance avec un échange constant avec le public sautillant, une déclaration d’amour à Métabief et un set imparable (Tout ce qu’ils veulent, On est ensemble et Exil pour débuter). En français, mais en anglais ou en Kabyle, leur reggae mondialisé fait écho à Lavilliers et amène une grande fraîcheur sur le festival (quoi de plus logique au pied des remonte pentes). Un show qui reçoit de longs applaudissements, avant que le public parte écouter le hip-hop de Pierre Hugues José, danser aux sons toujours aussi beaux et teintés de world music de Fakear et ne se lâche avec Pogo, clôturant cette première journée du festival.

Un vendredi éclectique et dynamique, avec un public qui peu à peu a répondu présent, pouvant compter sur un nombre de bénévoles conséquent (et d’une incroyable disponibilité) au sein d’une équipe toujours aussi volontaire et impliquée. En cette fin de juillet, au cœur de la montagne, un été en pente douce mais toujours avec des décibels.

Crédits photos : Franck Laithier

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