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LiveReport : Cabaret Vert – Jeudi 18.08

Un jeudi pour l’histoire

Qu’on vous le dise tout de suite et sans trop divulgâcher les choses, ce jeudi 18 août est peut-être tout simplement l’une des plus grosses journées “Ever” del’histoire du Cabaret Vert, ceci depuis ses timides débuts, jusqu’à son explosion début 2010. Non-content d’inaugurer un nouveau terrain de jeux du côté du Greenfloor avec un plateau “Electro & Hip-Hop” qui pourrait se faire passer à lui seul, pour un mini-festival parallèle de l’autre côté de la rive. C’est l’annonce surtout d’une nouvelle ère, avec un nouveau format journée XXL à 5 scènes qui s’annonce ainsi qu’un combat des genres et des artistes plus excitants les uns que les autres qui se font face ce soir. Entre des artistes Rock/Metal internationaux et des diamants actuels de la scène Rap/Hip-Hop. Deux mondes que tout oppose si ce n’est l’ambiance, toujours au rendez-vous et des Pogo assurés des deux côtés du terrain. Dans le camion, on dispose de notre côté de la VAR et l’on vous propose d’arbitrer objectivement cette journée historique et vous livrer nos ressentiments sur les acteurs de ce match d’anthologie !

Ty Segall and Freedom Band

On démarre les hostilités pour ce deuxième et déjà (sniff!) dernier jour de Cabaret Vert pour notre part avant de filer vers d’autres horizons, sud, en se faisant déjà un premier petit plaisir. On savoure d’avance avec le retour d’un autre grand habitué du Cabaret Vert, à savoir le Californien Ty Segall.

Déjà présent au festival ardennais derrière les futs, à la batterie avec le trio Fuzz et son autre groupe originel plus “Garage”, le Ty Segall Band à la guitare, cette fois-ci c’est à l’occasion d’une tournée européenne qu’il se produit ce mois d’aout avec ses compères habituels du Freedom Band, formation plus fournie, plus proggy et avec toujours Charlie et Mikal évidemment ! Lorgnant de plus en plus vers le Glam Rock, collaborant désormais musicalement aussi avec sa femme, Segall propose une belle re-visiste plus orchestré de ces derniers albums et quelques reprises qui claqueront bien les tympans une fois de plus. C’est en place, le groupe qui se connaît parfaitement donne toujours cette impression de “jam” constant.

Pas d’avalanches de Fuzz ici, on est sur un quintet avec clavier, moins Fuzzy et plus mélodique. Le groupe a pourtant la difficile tâche de démarrer la journée sur une grande scène encore assez calme, ou les premiers de rangés sont déjà bien encrés dans leurs bottes, attendant impatiemment les métalleux masqués de Slipknot. A une heure ou certains font la sieste ou essai justement d’en sortir, c’est une version plus calme de Ty que découvre le public. On ressent néanmoins que la fosse à su apprécier la prestation de ces musiciens qui en ont sous le pieds, sans pour autant connaître le groupe et son historique. Nombreux seront les amateurs guitaristique ce jour là a apprécier le jeux du blondinet, toujours aussi électrifiant.

On remerciera encore la programmation de mettre en avant ces groupes de la scène/garage psyché, notamment ceux de U-turn Touring qui sont malheureusement cantonnés bien tropsouvent en France à un public de niche, et donc des dates restreintes dans les petites salles parisienne. De facto plus rares en province, et encore plus dans les Smac du Grand-Est.

Uncomfortable Knowledge

19h00 déjà, on se rend compte que mine de rien, cette année les premiers concerts démarrent sur le tard. Le soleil commence à se coucher et on se décale tout en profitant d’une petite pause avant que les Pixies ne s’installent sur la grande scène pour aller voir l’un des groupes français mis en avant par le festival. Une habitude pour le Cabaret Vert qui distille une dizaine d’artistes locaux ou nationaux, sélectionnés chaque édition au compte-goutte par les programmateurs pour faire le pont entre découvertes et gros noms. Et rassurez-vous on est rarement déçu de la proposition. Positionné souvent le dimanche ou en début de soirée, c’est ce jeudi un beau cadeau pour la jeune formation des Uncomfortable Knowledge sur la scène déjà de belle taille des “Illuminations”.

Les Occitans déploient en force un agglomérat de Metal moderne entre le Neo, le sludge et le Post-Hardcore ou les riffs heavy s’intercalent dans des rythmiques alambiquées avec quelques moments de suspensions et surtout de rage, on y croise même quelques inspirations Neurosis pour pas nous déplaire. Pas forcément toujours constant dans le mix et dans leur jeux de scène, c’est une Mission tout de même réussi pour eux puisqu’ils déclencheront les premiers Mosh et Circle-Pit de la journée et auront réussi à nous faire transpirer et battre la terre jusqu’à en tartiner le nez du public présent dans la fosse. On saluera par ailleurs le lightshow mis à disposition sur cette scène des Illuminations et qui sert aussi bien le set des “petits” français que les groupes internationaux qui viendront s’y produire ! Venir jouer au cabaret pour les groupes découvertes c’est aussi mettre en avant la technique et donner des moyens à ceux qui ont rarement l’occasion de jouer sur des scènes de cette taille, de briller et tout donner.

Pixies

De retour en 2022 avec un nouvel album à venir “Doggerel” (à ne pas confondre avec celui Fontaines D.C. qui seront eux aussi présent à cette édition du CV) , les Pixies nous avaient laissé il y a quelques années dans le flou musical avec un album mi-figue, mi-raisins et quelques interrogations quand à leur envies scéniques après des prestations relativement molles en comparaison avec l’historique de concerts mémorables du groupe de Boston.

On sera très vite rassuré dès les premiers titres, on savoir littéralement ici dans cet agréable fin d’après-midi et un temps encore une fois idéal, un set best-of ultra généreux de 20 titres avec quelques covers très intéressantes des Jesus & Mary Chains, et même du “God Tier” Neil Young suite à un soucis technique après le cultissime “Where Is My Mind”. Les Pixies ont su convaincre tout le monde, y compris les plus fidèles métalleux du devant de scène, dont Corey Taylor himself, qu’on a pu voir discrètement kiffer le set des Américains sur le côté de la scène avant de se préparer à enfiler le masque pour mettre le feux au Cabaret !

L’impression de voir un groupe, certes jamais dans le démonstratif ou les excés, se concentrer sur son son, le rendu. Le fond plutôt que de la forme, célébrant une simplicité consciente du grand âge. On les sentait parfois stagnant, eux deux dizaines d’années se voyait prisonniers de l’indissociable tube “Where Is My Mind”, une première fois dès sa sortie puis après ce fameux film et sa philosophie nihiliste, quasi-symabol d’une génération pré-internet. Alors que l’ont sait évidemment que la bande à Franck Black porte bien plus que ce long couteau à son chapelet de tubes et de singles puissants.  Nous prouvant encore une fois sa capacité technique vocale et ses textures de véritable chanteur, depuis les tout premiers albums jusqu’à certains inédits à paraître sur ce nouvel album à venir.

Lenchantin à la basse, fait plus que valider sa trop longue période d’essai, elle prouve qu’avec ses presque dix années aux côté des trois gusses de Boston, celle-ci est désormais une membre à part entière d’un Pixies mature qui accepte son statut. On regrettera un Joey Santiago étonnamment plus en retrait et quelques absences dans une set-list pourtant ultra fournie qui déroule sans trop se préoccuper des interactions avec le public. Nous, ça ne nous a pas dérangé, au contraire ! Les américains avaient besoin de revenir sur scène, de se prouver quelque chose et cela se ressent dans le jeu de Franck et ses trois compères. On vous l’affirme sans doute, les Pixies c’est solide comme jamais et on leur assure aisément,une nouvelle décennie musicale sur les planches.

Cleopatrick

On se remet de nos émotions et on retourne du côté de la scène des “Illuminations” en vitesse pour admirer rapidement une autre guitare Gibson SG, cette fois-ci autour du cou d’un tout jeune Canadien et de son binôme derrière les futs. Encore des jeunots qui ont cassé les plateformes de streamings avec quelques titres sur un EP, à l’image des Wet Leg, mais cette fois-ci outre atlantique. C’est aussi ça 2022, s’intéressait aux groupes émergeant qui font des millions sur Spotify ou Youtube sans forcémment accumuler les centaines de dates en concerts avant, un pari.

Dans nos mémoires collectives, on a gardé un souvenir incroyable d’un set de Royal Blood sur la scène des illuminations il y a quelques années. Une des premières dates en France et en festival pour eux, et déjà une claque pour nous. Un set gageant déjà d’un futur statut de tête d’affiche sur la scène Rock pour le duo alors quasi-inconnu au bataillon. L’histoire aime bien se répéter, c’est tout naturellement que l’on retrouve sur cette même scène en 2022 un duo déjà inspiré forcément par les Royal Blood, mais aussi par un autre duo d’Anglais, les excellent Slaves (dont on attend des nouvelles d’ailleurs) à la vue de leur backdrop scénique à cagoules. Les deux kids de l’Ontario sortent régulièrement des titres depuis 2015 et viennent de sortir enfin un premier album “Bummer” moins Power-Rock qu’annonçait, mais au contraire plus fusion. S’inspirant de la scène Punk actuelle comme celle du Hip-Hop, Cleopatrick se démarque en évitant les fioritures à la guitare et en se concentrant sur des notes quasi-monophonique, percussives as fuck pour alimenter une batterie plus libérée, dans des ryhtmiques hip-hop modernes. Ça joue simple et fort, comme si les White Stripes s’étaient blindées au Rage Against The Machine et à Denzel Curry. Ian plus discret à la batterie, impeccable dans ses BPM tandis que Luke seul à la guitare, semble plus remuant sur scène, il n’hésitera d’ailleurs pas à venir chercher le public et demander de l’énergie.

On apprécie le set efficace quoique minimaliste du groupe, même si l’on trouve la voix du duo in fine assez générique. Un mélange de Royal Blood moins octavé avec des influences très américainess de Rock FM, type Foo Fighters Vs Jack White dans le mix ou les refrains prennent le pouvoir sur le reste. Très US, peut-être trop pour le marché européen ? Pas révolutionnaire mais hautement compatible avec les mosh-pit ! On saluera aussi le véritable travail sur les fuzz et la qualité des vocals pour sortit proprement du mix.

Beaucoup feront l’impasse encore une fois pour se positionner pour Slipknot, une erreur de notre avis. Car c’est aussi ça pourtant la vrai force du Cabaret Vert. De faire venir des exclusivités et de belles découvertes entre les gros noms, ceux qui alimentent le haut de l’affiche. On ne saurait le répéter, mais plus que de rentabiliser la journée en enchaînant les concerts, on ne vous conseillera jamais assez d’aller faire l’aller-retour entre les scènes et délaisser les premières places de vos groupes phare pour admirer les pépites qui les de demain. Le meilleur moyen de pouvoir dire à vos potes “J’y était” ou “je les ai vus avant tout le monde ici”, au Cv évidemment !

Vlure

Mais dites donc, n’est-ce pas l’heure de revenir sur la petite scène Razorback pour la petite claque quotidienne ? Mais, oui !

Publié sur le très chic et noir label “So Young Record”, le Post-Punk n’est ici pas Anglais cette fois ci bien Écossais. Après des baffes inoubliables sur ce même festival avec des Idles, Shame ou encore Murder Capital, c’est avec beaucoup d’attente que l’on se masse pour voir si la promesse annuelle annoncée par la venue des Vlure tiendra la comparaison avec leurs aînés à la réputation déjà bien solide.

Dans des tenues tout aussi SM que Punk, le quintet 80% masculin et 20% féminin derrière le clavier distille une musique de clubs fait de briques rouges. Un univers ou les poings serrés font pression sur des bagues à têtes-de-morts dans un axe de rencontre avec des claviers de synthétiseurs aux relents 80s. plus sombre, tout aussi tourmenté que leurs convives, on décèle tout de même une musique plus dansante et électronique avec des inspirations parfois orientales comme sur “Shattered faith“. On retrouve aussi quelques titres plus classiques et calmes comme “Euphoria” mettant plus en avant la voix du leader à travers guitares mélodiques oubliées dans une reverb brumeuse. On se prend à imaginer un Foals qui aurait dit oui aux côtés obscurs. Et cet accent écossais, irrésistible !

Le chanteur tatoué et peroxydé de Vlure n’est pas là pour faire du bal musette, il viendra très régulièrement haranguer la foule et se coller à la masse, le micro au poing pour brailler dans les oreilles de ses ouailles, les revendications d’un peuple issu dans la génération Z. En colère oui, mais avec des solutions ou de véritables appels à l’aide lorsque plus rien n’est envisageable, “Show me how  to live”. Une claque, un énième nom supplémentaire à retenir dans cette foisonnante scène post-Punk qu’est le panier garni et inépuisable proposé par les territoires outre-manche. On est jaloux, la pêche est bien trop bonne sur ces îles si sombres !

 

Slipknot

On y est ! Il est presque 22h00 et le moment tant attendu depuis des mois, voir deux ans pour certains va enfin arriver. La super TA américaine, l’un des plus gros groupes de la scène Metal actuel jouera ce soir au Cabaret Vert. Nous étions nombreux à en douter, à craindre après des avalanches d’annulations, de reports de dates concernant les artistes US. Conséquence toujours du covid et d’éventuels problèmes de Visa et de tests antigénique. Un grain de sable semblait pouvoir se nicher dans les rouages vicieux du bon déroulement de ce concert. Avouons le, nous étions beaucoup à ne pas en croire nos yeux lorsque les premières rumeurs, puis la première affiche assurant la venue à Slipknot en 2021 puis 2022, fut dévoilée sur les réseaux sociaux du groupe et du festival. On pensait même personnellement que le groupe n’était plus “Accessible” pour un festival français hors Hellfest et even sous giron LiveNation. Un petit miracle de programmation qui se réalise finalement.

Devant la fosse, le gazon ne se voit plus, deux dizaine de milliers de spectateurs se massent, les fans à t-shirt devant, ceux à masques customisés encore plus en avant, aux premières places pour cette messe.  Les curieux, familles et amateurs de Hip-Hop derrière profitant du temps mort pour accéder enfin aux différents stands de nourritures. Quelle impressionnante réunion, nous avions rarement vu un tel public au Cabaret Vert.

N’étant ni un grand fan de Slipknot sur la longueur et n’ayant pas gardé un souvenir mémorable de mon unique rencontre avec les cinglés de l’Iowa lors du feu (jadis) gros festival Metal du Grand-Est qu’était le Sonisphère, monté à l’époque par Live Nation non sans pertes (le Download avant l’heure diront les plus anciens). J’attendais Slipknot plus avec une curiosité impatiente et une envie de me forger un véritable et dernier avis sur la prestation scénique de cette super tête d’affiche de la scène Métal que pouvait l’être beaucoup d’amateurs de gros sons dans la fosse. Comme je me trompais.

Slipknot sur scène, c’est un cirque, un numéro pachydermique dans le bon sens du terme. C’est bien simple, selon votre placement selon là où se portera votre regard pendant chaque chanson du set, il vous sera impossible de voir la même chose que votre voisin. Si l’oreille captera les mêmes fréquences, pour peu que vous ne soyez pas collé aux caissons de Sub-Bass. Le concert des américain en “One Shot” est une vision oculaire incomplète tant le show fournis de détails et de scénettes sur chaque morceau et pullule d’interactions entre ses membres, au nombre de neuf rappelons le ! Neuf musiciens en jumpsuit, masqués sur scène qui bougent sans arrêts et font littéralement en parallèle, du théâtre en en plus de délivrer de diaboliques riffs et patterns à une cadence démonique. Ajouter à ça une avalanche de pyrotechnie, des fumigènes, des effets techniques, un ligth-show puissant avec des écrans leds en back-drop et des décors qui pourraient jouer à jeux égales avec certains plateaux des allemands de Rammstein.

On est sur de la très, très grosse production, et Slipknot en Europe ne vient pas comme certains groupe de la scène Métal, en se moquant du monde, avec une scénographie limitée. Se contentant bien souvent, de faire des efforts sur les tournées Américaines. Alors évidemment, le nouveau batteur ne bénéficie pas du même attirail scénique qu’avait Joey (rip) en son temps, mais chaque membre dispose de plus de m2 de jeux qu’un parisien lambda dans son logement secondaire en bretagne pour exploiter la scène et surtout délivrer une prestation impeccable. Le son est propre, très porté en medium et n’est pas bouilli dans les basses comme ce qu’on avait pu vivre avec Korn pour exemple il y a quelques années. Un mix au petit oignons qui fait bien sortir les kicks de batterie. On est rassuré, car si l’image est toujours impeccable, c’était l’une de nos principales craintes pour ce concert.

Corey Taylor agit en vrai maître de cérémonie et vient dicter le tempo de la soirée, il guide ses milliers de “Maggots” (petit nom affublé aux fans du groupe) à la baguette. “Jump”, “Get Down”, pas avare en parole et en propos touchant, le front-man va multiplier les interventions pour capter son public et rappeler l’importance de cette tournée et de cette unique date en France. Cette chance pour eux comme pour nous de les revoir sur cette. Des paroles sincères évidemment reçu chaleureusement par le public, une famille selon ses propres dires.

Du côté de la set-list, on démarre très fort dès l’introduction portée par les notes d’AC/DC annonçant la vue du groupe sur scène tandis que le rideau noir géant Slipknot se baisse dans un vacarme sourd pour faire apparaître le gang masqué sous les riffs de “DisasterPiece”. Pas le temps de respirer, c’est déjà Wait and Bleed le méga-single de l’album éponyme au groupe qui résonne. La foule est parti dans une autre dimension, un autre festival dans le festival et ne descendra plus de tout le set. Tous les tubes y passeront, “Before I Forget”, “Psychosocial”, “Duality”, “Spit it Out”. La set-list est in fine assez équilibré et conserve une bonne partie des titres phares des quatre premiers albums du groupe. On avait peur d’avoir droit à une tournée mettant trop en avant les deux derniers albums, moins convainquant il faut bien l’avouer. Ce n’est pas le cas ici même si nous aurons forcément droit à un petit bout avec “Custer” et “Unsainted” plus mélodiques. Enfin, c’est aussi l’occasion de découvrir le nouveau single du dernier album “The Dying Song”, intégré discrètement en milieu de set entre quelques claque histoire de calmer les nerfs.

On vous ajoute ici la set-list complète de la soirée histoire de vous mettre l’eau à la bouche ;

  • For Those About to Rock (We Salute You) (AC/DC )
  •  Get Behind Me Satan and Push (Billie Jo Spears)
  • Disasterpiece
  • Wait and Bleed
  • All Out Life
  • Sulfur
  • Before I Forget
  • The Dying Song (Time to Sing)
  • Dead Memories
  • Unsainted
  • The Heretic Anthem
  • Psychosocial
  • Duality
  • Custer
  • Spit It Out

Rappel :

  • (515)
  • People = Shit
  • Surfacing
  • ‘Til We Die

Corey annonce la couleur en guise de bouquet final enflammée, SlipknotTil We Die”. La mort, tragique, ne semble pas suffire pour arrêter le groupe qui semble positivement se nourrir de ses multiples deuils depuis ses débuts. Celui-ci prouvant encore sa vitalité et démontrant l’intérêt de sa propre existence à travers l’annonce toute fraiche d’un nouvel album à paraître cette année et via cette tournée qui nous fait à croire que derrière le masque, le vin comme l’homme se bonifie avec le temps. On citera avec facilité le regretté Thierry Rolland ; “Je crois qu’après avoir vu ça, on peut mourir tranquille… Enfin le plus tard possible !

Voir Slipknot et mourir, non mais “Voir Slipknot et revivre” après deux années de disette, oui mon général ! Une tête d’affiche qui nous permet d’espérer, l’espoir de voir dans les années à venir dans nos gros festivals français “Associatifs” et encore indépendants. De pouvoir réussir à capter des artistes aussi rare et puissant que Slipknot et permettre ainsi à un large public de bénéficier de concerts de plus en plus élitistes, chers et souvent dispensés en réseau fermé. Ce concert entre dans mon top 10 des concerts fait dans ma vie, il y en a eu plus d’un millier pourtant, c’est dire. Merci le CV !

 

Slowthai

On quitte tout ébouriffé le show de Slipknot et la grande scène, pour filer sur la gauche du site et voir une partie du show du rappeur anglais Slowthai. Véritable révélation de ces dernières années, le jeune originaire de Northampton s’est laissé poussé les cheveux et fut presque méconnaissable de loin. Il débarque sur seul sur scène, sans MC ou DJ et dans un brouillard monochrome. Un difficile démarrage pour celui-ci qui prends place une heure après le set de son compatriote plus “Tiktok” compatible, Central Cee dont je ne comprends personnellement toujours pas la hype. Et encore moins autour de son titre “Doja” si ce n’est d’être un “meme” en puissance. Le terrain n’est donc pas conquis et les premières minutes sont flottantes.

Quand vous démarrez un set et que vous en êtes à demander dès la deuxième chanson l’attention et surtout l’énergie du public, c‘est bien que vous n’allez pas faire le concert de votre saison. On reste étonné de voir qu’il y a une part de responsabilité dans le public quand à la prestation du jeune anglais, du moins sur les premiers titres du set de ce soir. Un musicien malgré sa nationalité, devrait toujours avoir le sentiment de jouer à domicile, chose encore plus indispensable dans le Rap.

Slowthai enclenche alors la deuxième et quitte son très kitsch t-shirt “Magic The gathering” du légendaire jeux de cartes à jouer pour passer en mode torse-nu et enchaîner ses singles. Une vitesse supplémentaire et un intérêt à susciter, il se met alors à plus naviguer sur scène et à aller à la rencontre du public dans la crash. Ce concert est aussi l’occasion de venir présenter un gros morceau de son excellent album Tyron. On est ravi de pouvoir entendre le très bon “Momentary Bliss“, de l’excellente collaboration avec Damon Albarn, mais aussi le remix avec Mura Masa ainsi que “Canceled“. Ça va mieux, la mayonnaise prend et les dix premiers mètres prennent feu, ouf ! Le minimum syndical étant assuré. On se dit néanmoins que le jeune Anglais bien que talentueux, semble avoir du mal à animer seul cette si grande scène devant un public curieux, mais pas 100% fan de prime à bord de l’artiste. Slowthai brille quand il est accompagné, d’un liveband ou de superbes musiciens. On citait Albarn, citons Joe Talbot de Idles, le besoin d’un écrin et d’un cadre. On se satisfait de ce bout de set et nous décidons de faire quelques mètres seulement pour se placer devant le show de the Armed, une tout autre salle, tout autre ambiance…

 

The Armed

Tout comme hier soir, nous filons en fin de soirée vers l’entrée du site tout comme une bonne partie du public “metalleux” venu pour certains uniquement pour Slipknot. Eux vont en profiter pour se remettre de leurs émotions, nous de notre côté avons encore coché dans notre agenda un beau petit morceau et un groupe rare en Europe. On s’attend au pire ou au meilleur avec The Armed. Direction la Razorback, la scène de l’extrême !

C’est à la suite de leur set live-streamé à l’occasion du Adult Swim festival que nous avons décidé de mettre ce créneau en tête de liste de “à voir” de cette édition du CV. On avait déjà apprécié l’album “Ultra-Pop” paru il y a quelques mois chez le non moins excellent label Sargent House, un ovni sur la scène metal actuel.
The Armed s’avance, son symbole étrange et moderne en back-drop, sorte de double M réfléchissant et proche d’un X, se qualifiant eux même ironiquement de “World Greatest Band”. Premier constat, diantre qu’ils sont nombreux sur scènes ! On parle bien ici d’un collectif mystérieux dont les membres changent assez régulièrement et dont l’apparence et les physiques peuvent donner un premier indice sur la prestation à venir.

Petit rappel et conseil de vie en concert ! Si vous voyez un mec avec un “Corpse-Paint”  et du cuir, arriver guitare noire à la main dans un fest’ Métal, là pas d’inquiétudes, ça va bien se passer. Par contre, si les mecs viennent en survet’ de sport et qu’on annonce un set “Metal” dans un festival généraliste… Méfiez-vous vous risquez de perdre vie dans la fosse et de découvrir votre nouveau groupe préféré. On est dans cette jurisprudence inexplicable avec the Armed. Du Punk Rock Post-Hardcore foutraque et déjanté capable de pondre des berceuses dans des morceaux à presque 200 de BPM, de mélanger des claviers cristallins sur des tracks lofi. Les Dillinger Escape Plan ne sont plus (rip), mais pourtant la scène actuelle regorge de “bon” groupes du style. The Armed ne déroge pas à la règle, un collectif là pour remplir le vide, vous coupez le souffle et vous prendre à la gorge. Un versan scénique côté Métal de l’hyper pop et les potos de A.G. Cook en chef de file.

Mystérieuse société secrète dont one ne vas pas se mentir, on se doute bien que les spectateurs découvriront pour beaucoup en direct la formation devant le fait accompli, devant cette métallique scène de la Razorback. On juge d’abord le livre par sa couverture et difficile de croire la trame narrative annoncée lorsque la pochette nous présente un groupe trentenaires aux allures de Gym Bro’ tandis qu’une des choristes et d’une chanteuse/danseuse affublée d’un masque boule à facette fait du saute mouton autour d’un autre bonhomme bodybuildé de presque deux metres. Une énergie folle, des membres qui finiront au sol ou dans la fosse, des cris, des moshs et de l’incompréhension. Beaucoup plus d’interrogations en sortie de ce concert mémorable, c’est aussi ça l’art. Des propositions abstraites et clivante. Un set culte qui valorise encore plus l’intérêt essentiel de la présence de cette scène Razorback en parallèle des grosses productions sur les deux autres scènes. Il y a un monde dehors d’Orelsan, et il mérite de s’y pencher !

Paula Temple

On fini cette exceptionnelle soirée rincée et sur les rotules avec un dernier détour. Loin de considérer ça comme un dernier effort, nous faisons le choix de conserver nos dernières gouttes d’énergie en faisant l’impasse sur le concert du rappeur Laylow sur la grande scène pour filer de l’autre côté de la Meuse et admirer le superbe nouveau terrain de jeux du Cabaret Vert. On est rapidement ébahi devant l’aménagement inédit du côté de la scène “GreenFloor“. Ce nouveau véritable écran de verdure niché entre les arbres est en soit un véritable exploit du festival, les organisateurs ont en effet réussi le pari d’agrandir un site qui commençait à avoir les mêmes problématiques d’agencement et de jauge que les Eurockéennes, pris eux en tenaille sur la presqu’il du Malsaucy. La solution, cette passerelle nautique et flottante permettant aux festivaliers de passer littéralement au-dessus de la meuse pour accéder à un espace 100 % gros son. Un défi, qui nécessite dans la réalité des pompiers et sauveteurs nautique à proximité, une surveillance de tous les instants. On se retrouve donc avec un tout nouvel espace aménagé tout en couleur et leds, des commodités mais aussi de nouveaux stands food et boissons ! De quoi rester à la GreenZone en toute autarcie et se faire une soirée full electro pour ceux qui ne souhaitent pas multiplier les allers-retours. C’est un grand oui !

Minuit est largement passé, nous avons perdu quelques vertèbres lors du show de The Armed, mais on retrouve de la force dans le corps pour dodeliner de la tête devant l’une des patrones de la techno et sa frange sale, punk et acide. Paula Temple est une “Noisicienne” comme elle aime se l’entendre dire et navigue à contre-courant d’une tendance marquante de cette décennie dans la techno moderne. Une étoile noire bienvenue dans un monde de plus en plus Pop ou la basse nous absorbe comme une drogue trop dure. Le kick est puissant, la baffe est réelle. On se réjouit de voir des femmes prendre toujours plus de pouvoirs et retourner la scène électronique mondiale. Le désormais célèbre “More Women On Stage”, c’est aussi valable pour celles derrière les platines.

On se quitte pour nous sous cette belle note, des espoirs et des étoiles dans les oreilles. On ne remerciera jamais assez le Cabaret vert, de continuer à programmer des artistes à l’engagement sonore radical et unique, à travers une programmation toujours aussi riche en découvertes et fortes têtes d’affiche.

 

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