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Festival de la paille, le vendredi 26 juillet 2019, Métabief (25)

C’est la foule des grands jours pour un festival qui affiche complet en ce vendredi soir. En dépit de difficultés pour accéder au site, nous prenons place dans le massif jurassien pour une affiche francophile, toujours ancrée dans le local et joyeuse.

 

Ce sont les locaux de Bysshe qui ouvrent les hostilités sur la scène Mont d’Or à 18h30. Exercice jamais évident, surtout pour un jeune groupe manquant encore de notoriété, avec une pression inhérente à cette responsabilité et la pluie qui a commencé à tomber durant le set, amenant le groupe – et c’est toujours dommageable – à jouer devant un public clairsemé. Le son rock’n’roll volontiers psychédélique et teinté de folk a eu du mal à trouver son public, surtout lorsque celui ci est encore absent, pris dans les embouteillages.

 

 

Clara Luciani

L’autre raison de ce relatif dédain est à chercher du côté de la grande scène, où Clara Luciani s’est installée avec ses musiciens. Sa pop classieuse et délicieuse a enchanté les spectateurs, et a montré que la jeune femme malgré une timidité revendiquée se révèle très à l’aise sur scène. Sa victoire de la musique dans cette catégorie ne semble pas usurpée. Toujours souriante, pleine de spontanéité envers le public – vers lequel elle s’adresse régulièrement, invitant même un jeune homme à la rejoindre sur scène -, elle interprète ses chansons délicates et mélancoliques comme Les fleurs ou Drôle d’époque mais c’est avec les « tubes » la baie et surtout la grenade que cette prestation enthousiasmante se transforme en triomphe.

 

Caesaria et son électro-rock permettent de prolonger le plaisir d’un festival sautant et dansant. Les jeunes hommes, présents il y a quatre ans au festival off dans le même lieu, se sont déployés avec une énergie particulièrement communicative sur l’autre scène durant trois bons quart d’heure. Un son entre LCD Soudsystem et les Klaxons où chaque musicien s’en donne à cœur joie, avec cette fois ci un public qui affiche complet.

 

 

 

Il est 20h50, et l’autre grand rendez vous de la soirée débute avec Dionysos qui effectue cette année son grand retour sur scène. Le groupe n’a rien perdu de sa grinta, les guitares sont toujours acérée, accompagnées par les cordes de Babet et l’explosivité de Mathias partant dans le public. Un somptueux répertoire permettant de réentendre les premiers titres électriques – Wet, Coccinelle – ou poétiques comme Miss Acacia ou le nouveau Paris brille t-il. Chaque morceau amène encore plus de passion et de fureur, notamment avec Song for a jedi et le final avec la reprise de Heroes de Bowie. Cette dernière permet à Mathias de traverser une nouvelle fois la scène, et les musiciens à son retour saluent de longues minutes le public en jouant ce titre jusqu’au bout. Près de 1h20 d’un véritable show, durant lequel les musiciens ont plus été que fidèles à leur réputation. Le grand moment de la soirée.

 

Forcément, et c’est toujours un risque, la programmation qui suit prend le risque de la comparaison inévitable et rédhibitoire, surtout lorsque le festival se veut à taille humaine. La foule rend le site difficilement praticable, et sans dire qu’elle le condamne, la question peut se poser à terme pour le festival s’il souhaite s’étendre. C’est non sans mal que nous partons écouter le duo potache Soviet Suprem, composé d’un membre de Java, pour des chansons rock mêlant uchronie et dérision, histoire et fiction.

 

Le retour à la réalité est facilité par la prestation d’Eddy de Pretto et ses chansons qui ont fait de lui un véritable phénomène de société et une star en France depuis plus d’un an. De retour dans notre région après plusieurs passages remarqués, il interprète un set solide, peut-être sans surprise, de Kid à l’inévitable Fête de trop, agrémenté d’un rappel. La fête justement se prolonge à Métabief avec de la musique électro. D’abord avec le duo féminin Komorebi, vu à Détonation il y a deux ans, pour un face à face musical entre vidéo, lumière et beat poétique. Puis Bob Sinclar, dans un genre plus grand public et disco house, dernier artiste à passer sur la grande scène pour ce premier jour. Reconnaissons que ce n’est pas vraiment notre genre et que notre curiosité a aussi ses propres limites, mais ce nom volontiers fédérateur contribue également au succès de l’évènement et de l’attente du public.

 

La pluie n’a aucunement refroidi nos ardeurs ni celle des musiciens, qui ont parfaitement lancé cette 19ème édition d’un festival toujours aussi sympathique. Si les Alpes ont pris le maillot jaune à un français, le massif franc comtois peut récupérer celui du meilleur public de France à cette altitude, après les compliments de Mathias Malzieu. Et ce n’est pas Édouard de Tignes, monté sur scène avec Clara, qui nous dira le contraire.

-Julien LAGALICE

Photos : Julien LAGALICE

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