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Royal Blood / Typhoons

S’il y a un album qui fait couler beaucoup d’encre et de salive, c’est bien Typhoons de Royal Blood mais hélas pas forcément en bien. 
Pourquoi, parce que le duo du Sussex (Brighton de façon plus exacte) nous a littéralement pris de vitesse en se tournant vers des 
sonorités à la Justice, Daft Punk, voire même Cassius. Mis à part la voix tonitruante de Mike Kerr, on a peine à reconnaître ce qui a fait 
le succès de Royal Blood durant les deux premiers albums que furent Royal Blood (2014) et How Did We Get So Dark (2017). 
Ce duo britannique qui a pourtant inspiré des formations telles que les bordelais de Blackbird Hill et, plus récemment, les américains 
de Dead Poet Society.

Ce troisième opus de Royal Blood a été élaboré à Los Angeles, dans les propres studios de Josh Homme. C’est d’ailleurs le leader des 
Queens Of The Stone Age en personne qui a produit le meilleur morceau de l’album intitulé Boilermaker dont le début, tout en bons 
riffs de guitare, ressemble à The Way You Used To Do des Queens.

Trouble’s Coming et Typhoons, les deux premiers singles sortis avant l’album, ne sont pas mauvais mais Boilermaker est bien plus 
conforme à du Royal Blood pur jus. On est heureux d’entendre Mike Kerr s’éclater vocalement et donner de sa personne sans fléchir, 
lui qui revient de très loin suite à des problèmes d’addiction ayant débouché sur une terrible dépression. « Je me suis dit qu’il fallait que 
je m’en sorte, qu’il ne fallait pas que je flanche, que si je continuais dans cette voie j’allais définitivement sombrer » a déclaré Kerr 
lors d’une récente interview. Et Mike de joindre les actes aux paroles par le truchement de ce tubesque Boilermaker, secondé 
parfaitement il est vrai par son fidèle acolyte le batteur Ben Thatcher au grand cœur.

Boilermaker c’est bien joli mais il faut bien parler des choses qui fâchent, à savoir ce virage à 180 degrés vers la dance estampillée 
Justice et Daft Punk. Ben et Mike ont beau marteler à qui veut l’entendre qu’ils ont quelque peu tâté de ce style de musique avant 
mais rien n’y fait manifestement, ça a du mal à passer! Preuve en est avec Limbo, troisième single heureusement bien vite supplanté 
par Boilermaker. Limbo est pire que tout sur ce nouvel effort de Royal Blood: ennuyeux, décevant, redondant. La palme de la nullité 
revient à cette fin avec des boucles synthétiques qui n’en finissent pas et qui nous font nous demander où le duo du Sussex veut nous 
emmener. Rien d’étonnant à ce que Limbo n’ait fait que passer sur les ondes, tellement ce morceau s’est avéré inintéressant.

Autre curiosité de taille sur ce LP, Who Needs Friends produit par Paul Epworth qui mena Adele vers le succès aux Grammy Awards. 
On n’est pas surpris en sachant cela, plus proches des jérémiades d’Adele que de Royal Blood à l’écoute de ce Who Needs Friends.

Exceptés Boilermaker et la ballade piano All We Have Is Now (conclusion en douceur de cet album), tous les morceaux se ressemblent : 
ligne dance/disco, guitare pour prouver qu’on est tout de même, quoiqu’il advienne, en présence de Royal Blood. Certains morceaux 
comme Oblivion, Million And One ou encore Hold On relèvent un peu le niveau, lorsqu’on ne parle pas de Typhoons et Trouble’s Coming.


Cet album Typhoons n’est pas tout à fait nul, ne soyons pas trop abrupts et injustes avec Mike Kerr et Ben Thatcher, souvenons-nous 
de ce qu’on leur doit à travers des compos telles que Figure It Out et Lights Out entre autres. Néanmoins, force est de reconnaître que 
les mordus de bon gros rock sont tombés de très haut et cela dès la première écoute de Trouble’s Coming : 
« Qu’est-ce qui arrive donc à nos amis Ben et Mike, on leur a fait un lavage de cerveau ou ils ont fumé de la moquette? » 
Rien de tout cela (même si Mike a connu quelques déboires) mais le duo du Sussex a voulu expérimenter un autre style de musique, 
c’est tout du moins ce qu’il est préférable de penser pour trouver une explication rationnelle. Souhaitons qu’il en soit autrement pour 
le quatrième album, qu’on retrouve Mike et Ben tels qu’on les connaissait et adorait. Mike Kerr a certes montré qu’il était de nouveau 
au sommet de sa forme mais les bonnes grosses guitares, à part sur Boilermaker et Typhoons dans une moindre mesure, sont 
pratiquement aux abonnés absents.
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