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JULIEN BAKER, Little Oblivions

La songwriteuse américaine Julien Baker est de retour avec son troisième album intitulé Little Oblivions. Il succède à Turn Out The Lights (2017).

Ce nouvel effort de la folkeuse originaire de Murfreesboro (Tennessee) a été entièrement réalisé et bichonné par les soins de Calvin Lauber, grand ami de toujours.

Les compos de Julien sont souvent considérées comme sombres et mélancoliques, bien que la jeune américaine prétende être une personne d’un naturel jovial et enjoué, qui aime la vie par-dessus tout. « Mes chansons ne reflètent absolument pas ma personnalité » se défend-t-elle auprès de qui veut l’entendre. On ne demande qu’à croire cette chère Julien mais le nouvel opus est bien loin de démontrer que la songwriteuse n’aborde que des thèmes joyeux. Par exemple Faith Healer, single dont le clip est l’oeuvre de Daniel Henry, traite des différents vices: « Dans Faith Healer, je veux expliquer que les vices ont une façon insidieuse de s’immiscer dans nos vies. » Malgré ce sombre thème, Faith Healer est une magnifique ballade dont on aimerait qu’elle dure toujours: le rythme est planant, la voix de Julien à la fois douce et claire.

Relative fiction et Crying wolf se révèlent du même acabit, l’américaine délaissant néanmoins la guitare sèche pour les clavier et piano. La ballade, avec ou sans guitare, c’est toujours l’ADN de cette jeune parolière qui a grandi à Memphis, Julien Baker demeurant l’une des valeurs sûres de la folk américaine de ces dernières années.

Un album de miss Julien sans guitare serait un reniement de sa musique, Little Oblivions ne manquent pas de morceaux où cet instrument résonne à gogo. Sur le tout récent single Heatwave, Faith Healer ou encore Favor (dévoilé il y a quelques semaines), la guitare gratifie de sons vibrants et aériens, donnant des riffs clinquants à souhait et dignes des 70’s. Favor, tout particulièrement, rappelle cette période Woodstock où sévissait Joan Baez. Favor recèle de merveilleux effets de voix doublée et de majestueux choeurs intervenant en fin de morceau.

Little Oblivions laisse également transparaître un versant électro, légèrement plus cadencée. Ringside et Bloodshot amorcent à eux deux ce virage à 180 degrés vers ces sonorités à dominante synthétiques, Repeat et Hardline le terminent sans pour autant nous donner le tournis. Julien Baker se fait, avec Little Oblivions, de varier les plaisirs et de ne point nous abreuver de style réchauffé ad vitam aeternam. Sans vergogne et sans coup férir, la songwriteuse du Tennessee passe de la ballade folk au morceau truffé de boucles synthétiques.

L’album démarrait sur des charbons ardents avec le très électro Hardline, il se conclue de la manière la plus tranquille qui soit sur Highlight Reel et Ziptie, encore une autre belle ballade.

Avec Little Oblivions et ses 12 compos d’une incroyable polyvalence, Julien Baker signe et de loin son meilleur album. Les deux Q (qualité/quantité) s’y côtoient sans se marcher sur les pieds. Quatre singles (Faith Healer, Hardline, Favor et Heatwave) n’ont-ils pas déjà été dévoilés avant la sortie? On ne prend pas grand risque en affirmant que cette profusion d’extraits d’avant album est le signe d’un futur succès pour cette jeune folkeuse américaine. Puisse Little Oblivions porter Julien là où elle mérite d’être, à savoir au sommet de tous les classements d’albums !

 

  • Jean-Christophe TANNIERES

Artiste : Julien Baker

Album : Little Oblivions

Label/distribution : Matador Records

Date de sortie : 26 février 2021

Genre : indie rock, alternative rock

Catégorie : album rock

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