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INTERVIEW FONTAINES DC

Fontaines DC a confirmé avec « A Hero’s Death » tous les espoirs placés en eux depuis leur coup de maitre qu’était « Dogrel ». Ce deuxième album les impose définitivement comme l’un des groupes majeurs de ces dernières années. Nous avons rencontré Conor Curley et Tom Coll, respectivement guitariste et batteur du groupe lors de leur récent passage à Paris.

Pierre-Arnaud Jonard

 

  • « A Hero’s Death » est aussi bon que ne l’était « Dogrel ». Il y a un secret de fabrication chez Fontaines DC ? »

« Faire deux bons albums n’est pas encore suffisant pour dire que nous avons un secret de fabrication. Nous suivons notre instinct, faisons les albums que nous avons envie d’écouter. Dans dix ans, on pourra peut-être dire que nous avons un secret de fabrication mais pas avant. »

 

  • « L’album est très différent de ce qu’était « Dogrel ». J’imagine que vous ne vouliez pas faire un « Dogrel » bis ? »

« C’est vrai. Ce serait totalement ennuyeux de faire à chaque fois le même album. »

 

  • « On vous a souvent étiqueté post-punk mais dès « Dogrel » vous étiez plus que cela. Sur le nouvel album, votre palette musicale est encore plus large qu’elle ne l’était sur le premier album. »

« Définitivement. Nous n’avons jamais voulu être catalogué post-punk. Nous avons souvent produit des morceaux énergiques dans le passé. Nous avons eu envie de faire des trucs plus mid-tempo. Le post-punk n’est qu’une étiquette. »

 

  • « Je pense à un titre comme « Sunny » que je n’imagine guère sur « Dogrel ».

« Oui, c’est vrai. C’est excitant d’essayer de travailler à de nouveaux arrangements pour les morceaux. »

 

  • « Pourquoi avez-vous de nouveau confié la production à Don Carey ? »

« Il avait produit notre premier disque. C’était comme revenir à la maison. Et en plus, c’est un génie. »

 

  • « Vous êtes devenus connus dès le premier album. Est-ce que cela vous a mis une quelconque pression ? »

« Cela n’a pas été compliqué sauf peut-être par rapport au fait de tourner sans arrêt et d’être toujours loin de chez soi. »

 

  • « Cet album est arrivé très vite après « Dogrel ». Vous ressentiez une urgence à refaire très vite un nouvel album ? »

« Cela était un peu devenu une routine que de jouer tous les soirs les mêmes morceaux sur scène. On avait envie de sortir de nouveaux titres. Les groupes des années 60/70 sortaient des albums tous les six mois. Récemment, nous écoutions un album des Stones avec Ry Cooder. Cela a été enregistré comme ça, en prise directe. C’est cool de fonctionner ainsi. »

 

  • « Vous composez vite, je suppose. »

« Oui même si c’est difficile à dire car nous n’avons jamais été dans d’autres groupes donc nous n’avons pas de comparaisons possibles sur la façon de faire des autres. Nous faisons des jams, amenons chacun des idées et les choses effectivement arrivent assez vite. »

 

  • « Sur le premier album, il y avait pas mal de morceaux qui parlaient de votre ville de Dublin. Cette fois vous parlez de l’Amérique. Qu’évoque « Living in America » ? »

« Cela parle de la folie qui règne aux Etats-Unis, de la pauvreté qui y sévit. »

 

  • « Vous avez tourné toute l’année dernière. Vous avez fini l’année 2019 exténués ? »

« Nous étions sur les rotules. C’était une année de folie. Cela devenait parfois confus entre tous ces concerts. Il était devenu difficile de mémoriser les choses. »

 

  • « Après cette année folle, il y a eu le lockdown. Comment l’avez-vous vécu ? »

« Il y a eu la frustration de ne plus pouvoir jouer live mais en même temps cela a eu des aspects positifs. Cela a permis de faire un break. Je suis allé vivre chez ma mère trois mois. On a pu vivre une vie normale où la seule préoccupation était d’aller acheter du lait. »

 

  • « Le concert à France Inter la semaine dernière était le tout premier pour « A Hero’s Death ? »

« Oui le tout premier. »

 

  • « Vous ne savez pas plus que n’importe qui ce qu’il en sera pour les live ? »

« Notre manager, notre tour manager essaient d’organiser des concerts mais c’est très compliqué. »

 

  • « Vous avez été nominés pour le Mercury Prize l’an dernier. C’est important ce genre de distinction ? »

« C’est cool. Surtout de l’être avec un groupe comme Idles. Mais c’est un peu comme une décoration, comme d’aller à un show habillé et branché. Le genre de cérémonie marrante mais au final un peu chiante. »

 

  • « Avant le groupe, vous écriviez de la poésie. Vous en écrivez toujours ? »

« Oui. Dès que l’on se lève nous en écrivons. C’est très agréable d’en écrire très tôt le matin. La poésie est toujours aussi importante dans nos vies. Nous continuons d’en écrire comme nous continuons d’en lire. »

 

Propos recueillis par Pierre-Arnaud Jonard

 

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