THE FRE3 BASTARDS, Loud heavy rock for all

Précédemment mis en lumière dans nos colonnes via un article Découverte en 2018, The Fre3 Bastards ont passé la seconde en mars de cette année 2020. Quasiment trois années après leur première livraison, un EP de 5 plages, intitulée In our world of Bastards (chronique à retrouver en suivant le lien ci-joint), la formation de la Cité du Lion a lâché son premier album, Loud heavy rock for all, un titre reprenant à la lettre l’étiquette que le groupe a annoncé dès le début: déverser une musique “Loud heavy rock“! L’auditeur est prévu, ça sent le bitume qui se décolle sous le cagnard estival, la poussière matinée d’huile moteur, en somme ne dites pas que vous n’êtes pas prévenu avant même d’appuyer sur “PLAY “! 

 

Loud heavy rock for all.

For all? Clin d’oeil à l’ironique … and justice for all de Metallica ou désir d’attirer de nouvelles oreilles à soi? À méditer, mais commençons par le début. Ce disque est paru le mois dernier, mais son annonce fut précédée d’un premier extrait en avril 2019, Friends, dont Sensation Rock vous avait proposé le clip vidéo. Cependant l’album n’était pas encore prêt pour autant. Il fallait encore le peaufiner et l’enregistrer. Les trois comparses ont finalement porté leur dévolu sur le studio White Bat Recorders, plaçant de fait derrière les machines Rémi Gettliffe, homme déjà à l’ouvrage pour les galettes de Dirty Deep, The Wooden Wolf ou encore Last Train pour ne citer qu’eux. Rémi Gettliffe, White Bat Recorders, le parti était pris pour une réalisation analogique. C’est donc à la lisière alsacienne, qu’ils accouchèrent de 9 titres sauvages et décapants.

 

The Fre3 Bastards, In our world of bastards

Si les ambiances et sonorités développées dans leur premier EP sont à nouveau au programme de ce 9-titres dès les premières secondes (Friends, …), la bride abattue, le tempo soutenu, le contrepoids est tout aussi rapidement donné par des titres davantage mid-tempo, à l’approche mélancolique même (Day by Day, In my head). Preuve, s’il en fallait une, qu’en deux années le trio a davantage réfléchi ses compositions, les a affutées au point de créer ici ou là des passages étonnants, car clivés du reste du morceau (So cute when naked). Du heavy, du stoner certes, avec tout son Barnum de distorsions grasses, de riffs tout droit sortis d’un Rated R (Day by Day), de basse dévorante –  en somme le gros son est roi -, mais face à cette prime identité sonore des touches distinctes musicalement parlant émergent petit à petit.

L’âme de Lemmy est présente sans l’ombre d’un doute (The devil’s box, See the invisible), mais elle s’accompagne dans ce voyage de celle des formations des années 1990 qui véhiculaient aussi cette idée de jouer puissamment (heavy), voire bruyamment (loud) avec un regain de mélodies accrocheuses (rock for all). Ce sont les deux dernières pistes, Bad seed et One ton heavy, qui épousent le mieux cette couleur grunge de la fin du XXe siècle: arpèges saturés à l’accent mélancolique, tempo ralenti, nervosité contenue jusqu’au refrain libérateur, … Ça fleure la nostalgie. Soundgarden et consort apparaissent comme les guides tutélaires de cette conclusion; avis personnel.

L’éther est également de la partie avec Forget about your dreams. Cette plage downtempo à la silhouette blues rock décomplexé, introduite par une basse loufoque, des voix sous effets, une guitare aux accords délicatement égrainés, accueille ponctuellement un harmonica; un titre comme une bouffée, une charnière clivante, avant d’attaquer les deux derniers tours de pistes de l’album, dans la veine évoquée plus haut (Bad seed, One ton heavy). Enfin, faisons mention de la voix de Joris, qui se veut plus errante lors des ponts chargés d’ambiances flottantes (Friends), introspectives (In my head), réverbérée comme si cet organe heurtait les tempes de la boite crânienne. Bref, des propositions nouvelles, aventureuses et à bonne distance du EP de 2017. Un plus né en studio, de la collaboration avec Rémi Gettliffe, grand amateur aussi des 90’s (Posez une oreilles sur les réalisations de son groupe Shineski).

Loud heavy rock for all est un album de stoner, style musical qui a fait sa nid aujourd’hui dans l’Hexagone, un album qualitatif, avec des gages de nouveautés sonores, mais aussi le réel désir de tout envoyer valser grâce à des titres prêts à être interprétés pied au plancher sur scène. 

Loud heavy rock for all! Il ne manquait que le point d’exclamation, c’est désormais chose faite! 

 

NB: Loud heavy rock for all est à retrouver sur le Bandcamp du groupe en cliquant sur le lien suivant: https://thefre3bastards.bandcamp.com/album/loud-heavy-rock-for-all-2

Bonne écoute!

-Benoît GILBERT

Total
1
Shares
Related Posts
%d blogueurs aiment cette page :