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INTERVIEW VON PARIAHS

Les Nantais de Von Pariahs viennent de sortir avec « Radiodurans » un superbe album, très différent dans l’esprit de leurs deux premiers opus. Le groupe d’album en album, innove, se renouvelle, sort des sentiers battus. Rencontre à Paris avec ce groupe toujours aussi audacieux.

Le nouvel album a été assez long à se faire.
« La production a pris du temps. On a fonctionné d’une manière nouvelle sur cet album en faisant intervenir quelqu’un d’extérieur en la personne d’ Eric Pasquereau, le guitariste chanteur de Papier Tigre. Il a bossé avec nous deux ans durant en revoyant les morceaux un par un. Il a été comme le capitaine d’un bateau. Il a réfléchi au son, à l’arrangement des morceaux. »

Vous aviez produit vos deux premiers albums vous mêmes ?
« Oui, tout à fait. »

Comment créez-vous vos morceaux ?
« A partir de jams. On en a enregistré à plein de moments différents durant l’élaboration de ce disque. »

Quelle direction vouliez-vous prendre avec cet album ?
« Une direction futuriste. L’énergie du deuxième album est très rock. Là, on est parti dans une dimension opposée avec des sonorités très modernes et léchées. On a pas voulu sur ce disque retranscrire l’énergie du live. »

The West », le dernier single, sonne très différent de ce que vous avez pu faire dans le passé.
« On a kiffé la manière dont Aaron Cupples qui a mixé le disque a traité le morceau. Il sait produire un son très clair obscur, entre chaud et froid. On joue ce morceau en live depuis peu et on prend plaisir à le faire. »

Il y a déjà eu cinq singles depuis la sortie de l’album. C’est beaucoup.
« Pas tant que cela, en fait. L’idée était de donner des choses à écouter aux gens avant l’album. On a réfléchi à la façon d’amener notre musique aux auditeurs. Cela faisait trois ans que les gens n’avaient pas eu de nouvelles de nous. On voulait un peu marquer le coup. On a pensé ces singles comme une track-list. Il y a une cohérence dans l’ordre de leurs sorties. »

Le premier single « Suffocate » est très post-punk.
« Oui, mais les refrains ont presque un côté metal. On a tous en nous une sorte de rage. Le disque n’est pas très optimiste, les paroles sont assez négatives. Nous ne nous plaignons pas mais un artiste est une éponge par rapport à la société qui l’entoure. Nous n’avons jamais été dans le trip de faire de la feel good music, de toutes façons. »

Le clip de « Decisions » a un côté oppressif.
« Oui, cela a été fait dans un parking en trois prises. Ce clip introduisait bien les combinaisons que nous portons sur scène désormais. »

Vous venez de Nantes. La ville a une belle scène musicale.
« Il y a une grosse dynamique à Nantes, en effet. On a un super studio là-bas ce qui est une chance énorme. On connaît les anciens groupes nantais comme les Little Rabbits. Il y a des interactions entre les différentes générations de musiciens à Nantes. »

Vous avez eu d’excellentes critiques de vos deux premiers albums. Cela vous a-t-il mis une quelconque pression au moment de l’enregistrement de ce troisième disque ?
« Pas trop. Cela fait plaisir de lire des choses positives sur soi, bien sûr. C’est intéressant de savoir comment ta musique est reçue par les critiques. Mais ça ne nous met pas de pression particulière. »

Vos albums sont très différents les uns des autres.
« On se ferait vite chier si l’on faisait toujours la même chose. On passe vite d’une énergie à une autre. Et puis, il y a aussi le fait qu’ avec l’expérience, tu découvres d’autres choses qui te nourrissent. »

Vous allez beaucoup tourner l’an prochain.
« Oui. Il y aura pas mal de dates en 2020, effectivement. »

Pierre-Arnaud Jonard

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