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DÉTONATION FESTIVAL, jeudi 27 septembre 2018, La Friche Artistique, Besançon (25)

Annoncée sold-out depuis plus de 15 jours, cette septième édition du Festival Détonation s’affiche déjà comme une grande réussite. La pression était donc déjà à son comble pour cette soirée inaugurale placée sous le signe du hip-hop, du slam et du R’n’B. Petite particularité pour cette première nuit, seule la grande scène accueillera des concerts. Le line-up est donc serré mais de haute volée.

C’est Sorg qui est chargé d’ouvrir le bal. Le beatmaker bisontin propose un DJ set où hip-hop et électro se mêlent durant  25 minutes et les festivaliers sont ainsi accueillis sous un soleil rasant. D’un beatmaker à une autre, Estère investit la Grande Scène pour le premier live de la soirée.

La jeune néo-zélandaise propose un savant mélange de sonorités électro, de basses puissantes et entêtantes saupoudrées de textures acoustiques chaudes. Ajoutez à cela une voix magique, une joie de vivre communicative et tous les ingrédients sont réunis pour passer un beau moment. Les morceaux Guilty, Flashlight, L’Oiseau dans l’étoile ou encore Control Freak captent peu à peu l’attention d’un public séduit. La jeune productrice entraîne une partie de l’assemblée dans ses pas de danse.

 

Le public est finalement chaud pour accueillir la première grosse tête d’affiche de la soirée : Eddy de Pretto.

La foule est déjà compacte devant la grande scène à 20h30 lorsque le kid de région parisienne fait son entrée sur scène, devant un public majoritairement adolescent. Le set débute avec le titre Rue de Moscou, et pour ceux qui ne connaisse pas la petite particularité d’Eddy de Pretto en concert, c’est la surprise de découvrir que l’artiste n’est accompagné que d’un batteur et de son smartphone. De suite, la voix particulière se démarque et nous sommes transportés dans l’univers atypique d’Eddy de Pretto. Le set nous permet de découvrir les différents arrangements proposés pour les titres issus du premier album de l’artiste, Cure.

Jimmy, Jungle de la Chope, Beaulieue ou encore Random sont interprétés par le chanteur et son musicien, et repris en choeur par un public connaissant chacun des titres sur le bout des doigts. C’est d’ailleurs assez impressionnant de voir une foule aussi enthousiaste et investie, aucun des morceaux n’est épargnés, tout le monde connaît chacun des titres et se sent missionné par l’artiste de chanter avec lui. Kid, Normal et Mamere apportent une tendresse innocente au set, on apprécie l’humilité et la pudeur d’Eddy de Pretto. Ego nous apporte une touche groovy face à Musique basse et sa sensibilité. Bien entendu, l’heure passée en présence de l’artiste se termine sur Fête de trop, que le public chante à l’unisson sous le regard ému d’Eddy de Pretto. Nous avons passé un agréable moment, sans doute moins intimiste qu’en début d’année aux Oiseaux mais toujours aussi sincère et c’était très plaisant.

 

22h00, pas le temps de redescendre on accueil Antoine car comme il le dira rapidement « Si vous me croisez dans la rue mon nom c’est Antoine. Appelez-moi Antoine ». Derrière Antoine se cache Lomepal ou bien est-ce le contraire ? Car c’est bien là sa signature. Brouiller les codes, s’en amuser pour nous surprendre.

Flip, son premier album, est déjà un classique. Il suffira de quelques notes pour que soit repris en coeur le refrain de Palpal suivi de Ray Liotta. Dans un décor travaillé aux tonalités roses et bleues en référence à la pochette de son album, Palpal enchaîne les morceaux. On est bercé par le spleen de Danse, La pop classieuses de 70, la puissante et révoltée Pommade… Quant à Bécane, elle rebat les codes de la chanson d’amour. Chez Lomepal, poésie et rugosité font bon ménage. On le répète, il aime la confusion, le mélange des genres et la maîtrise est totale. Malaise, Avion, Yeux Disent marquent un peu plus ce parti pris. L’énergie déployée fait monter la température de plusieurs degrés sous le chapiteau de la Grande Scène.

Quand ce ne sont pas les classiques qui sont interprétés, Antoine joue des nouveautés avec Tout Lâcher et 1000°C qui seront sur son prochain opus. Quasiment 1h30 de show mené tambour battant avant de nous quitter et de laisser à nouveau place à Sorg aux platines pour clôturer une soirée réussie. On quitte le site du festival les oreilles comblées. Demain, les quatre scènes seront de nouveau ouvertes au public et nous pourrons découvrir plus amplement les nouveaux aménagements du site.

 

  • Marion ARNAL, Rémy POIDEVIN
  • Photos par l’association Pixscènes : Clément Airiau, Brigitte Faivre-Chalon, Lucile Volpei et Charlotte Ronot pour la photographie en tête d’article.

Merci à la Rodia et aux photographes.

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