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INTERVIEW : KEM LALOT – EUROCKÉENNES DE BELFORT

À l’occasion de la 30ème édition des Eurockéennes de Belfort, Kem, l’un des programmateurs, a pris quelques minutes pour répondre à nos questions afin d’évoquer la programmation des Eurockéennes.

 

Bonjour Kem. Merci de nous recevoir. Nous voilà pour la 30ème édition. Comment avez-vous construit la programmation des Eurockéennes cette année ? Est-ce qu’elle a été plus facile ou plus compliquée que les années précédentes ?

C’est à peu près comme les précédentes années. On va dire que ce n’est pas compliqué mais ce n’est toujours pas forcément évident. Là on avait un petit peu plus la pression du fait que ce soit la 30ème édition, donc on ne s’est pas mis une pression quand même si grosse que ça parce qu’on s’est dit qu’on allait faire la programmation comme on sait faire. C’est-à-dire avec autant d’éclectisme, avec des têtes d’affiche, avec des groupes découverte, avec des groupes middle . Donc on y est allé, on ne s’est pas dit qu’il faut absolument qu’on ait ACDC ou Bruce Springsteen, les grosses têtes d’affiche, parce que de toute manière on ne peut pas se le permettre. On a un festival qui a 30 000 places et qui ne peut pas se permettre d’accueillir ces têtes d’affiche. Je mets un petit bémol : il pourrait mais alors ça voudrait dire, par exemple, que le jour où il y a Bruce Springsteen ou ACDC, on ne fait que ça à côté d’une première partie. Ce n’est pas le but. L’idée c’est quand même de présenter des journées avec une quinzaine d’artistes, d’avoir un éclectisme sur toute la journée. Donc on a fait finalement les programmations qu’on sait faire tous les ans en essayant que ce soit équilibré sur les quatre jours.

 

Et du coup vous dépassez les 100 000 festivaliers, 130 000 l’an dernier. Où trouvez-vous l’idée de rendre ce festival unique ? Qu’est-ce qui le rend spécial chaque année ? Parce qu’il ne doit pas ressembler aux précédents.

On a une ligne directrice. On a un festival généraliste, quand même, on peut le dire. Même si dans son côté généraliste il y a beaucoup de choses assez pointues qu’on ne retrouvera pas dans d’autres festivals dits généralistes. Quand on dit généraliste, c’est-à-dire qu’on est ouverts à toute sorte de musiques. On fait aussi bien du métal, que de la pop, que du reggae, que de l’électro, que de la chanson … On est vraiment ouverts à tous les styles et après on va dire que sur les têtes d’affiche c’est plus difficile d’avoir des choix, des vrais choix, que sur les groupes, les petits groupes, sur les groupes middle, parce que les têtes d’affiche souvent il n’y en a pas tant que ça. Elles sont en tournée. On n’est pas un festival qui fait 100 000 personnes et qui peut se permettre d’attirer lui-même une tête d’affiche comme peut le faire Glastonbury ou Euroskills, qui eux attirent 100 000 personnes par jour, donc ils ont le pouvoir de se dire qu’ils peuvent déclencher une tournée de têtes d’affiche. Nous avec nos 30 000 on ne peut pas le faire. Donc notre idée c’est d’avoir aussi des coups d’avance sur les autres. Les autres festivals français notamment, en essayant d’avoir le pif sur certains artistes, comme ça a pu être le cas les années précédentes avec Amy Winehouse, Franz Ferdinand, Gossip, Arctic Monkeys, etc … qu’on a eus vraiment pas cher à l’époque et qui ont explosé pendant le festival.

 

Cette année il y aura 63 artistes. Comment faites-vous pour que votre choix soit aussi varié ?

En fait, on est plusieurs programmateurs déjà, avec tous des esthétiques background, on va dire différentes. Moi j’ai plutôt un background à la base pop-rock. Christian Allex a plutôt un background on va dire hip-hop, musicgroove et Vivien a plutôt un background électro qui tourne un peu sur le groove. Même si on écoute tous plein de musiques, on a quand même nos spécificités à la base et la rencontre de ces trois univers et la confrontation de nos goûts, de ce qu’on voit durant l’année, de ce qu’on écoute durant l’année, font que ressort cette programmation au final. On n’est pas toujours d’accord. Il y a des groupes, on fait des concessions. Des fois sur certains groupes il y en a un qui n’est pas d’accord mais il y en a deux qui sont d’accord donc la démocratie fait que la majorité l’emporte. Ou alors des fois, il y a des vrais choix stratégiques, quand on est en train de monter notre grille de programmation et puis qu’on regarde un petit peu les cases restantes. On se dit qu’on a un groupe de pop-rock alors on ne va peut-être pas remettre un groupe de pop rock en face donc on va peut-être choisir de mettre plutôt un groupe électro, de métal ou de reggae mais on essaye de faire vraiment attention au parcours musical de la journée aussi.

 

C’est pour ça que du coup vous êtes trois programmateurs depuis deux, trois ans. Au moins vous pouvez trancher. Avant c’était compliqué à deux.

Même des fois à trois tu as du mal à trancher (rires). Même si la démocratie tient beaucoup, quand il y en a un ou deux qui sont contre et il y en a un qui est pour, des fois le ”pour” arrive à convaincre les autres qu’il faut quand même le faire. Christian et moi ça fait longtemps qu’on travaille ensemble. On a eu pas mal de prises de tête mais on commence à bien se connaître aussi, donc si au bout d’un moment on sent qu’il y en a un qui est tellement insistant sur le groupe parce qu’il l’a vu, qu’il dit ”mais faites-moi confiance c’est de la bombe” … Ça fait maintenant 17 ans qu’on bosse ensemble et si Christian insiste autant, s’il dit qu’il veut absolument faire ce groupe-là, c’est que ça doit être quand même terrible. Mais s’il n’a pas forcément les arguments, moi je ne vois pas l’intérêt. Si ça insiste aussi bien de mon côté que du sien, il doit y avoir quelque chose autour du groupe.

 

Est-ce que vous avez des coups de cœur, des artistes que vous considérez incontournables ?

Je vais essayer d’en mettre un par jour et après de faire un bonus sur un cinquième, peu importe le jour. Le groupe pour moi inratable le jeudi, j’aurais tendance à dire Dream Wife. Donc il y a un groupe féminin, un trio féminin anglais qui a sorti un album, l’année dernière ou fin de l’année dernière, pop-rock assez tendu. Je les ai vues sur scène dans un festival qui s’appelle Eurosonic, en Hollande. J’ai trouvé qu’il y avait une super énergie, des belles compos et il y avait un côté un peu de teigne comme ça que j’aime bien sur scène. Un groupe assez ”rentre dedans” et surtout des beaux morceaux qui passent du rock limite punk à des trucs beaucoup plus katchi, beaucoup plus pop, beaucoup plus faciles d’accès et c’est un bon compromis entre tout ça. Puis en groupe totalement féminin, il n’y en a pas tant que ça. Ensuite sur le vendredi, il y a beaucoup de choses, aussi bien dans les têtes d’affiche. Je vais quand même donner une tête d’affiche, pas que de la découverte. Je dirais Nine Inch Nails pour plusieurs raisons. Je suis un grand fan depuis le début. Ça va être les 30 ans également de la carrière de Nine Inch Nails. 30 ans qu’ils existent, mais le premier morceau est sorti, je crois, en 88. Trent Reznor, pour moi, c’est une espèce de génie musical, qui a marié beaucoup de styles musicaux : la musique industrielle, la musique électro, le métal, enfin plein de choses. Tout n’est pas facile d’accès dans Nine Inch Nails, mais ils ont réussi à sortir quelque chose d’unique. Ils sont déjà venus deux fois aux Eurockéennes. Une fois en 2000, une fois en 2005. Et à chaque fois, ce sont toujours des shows assez fous et là maintenant, depuis à peu près une dizaine d’années, Nine Inch Nails sont connus pour faire des shows vraiment très inventifs et avant-gardistes au niveau de tout ce qui est création lumière. Ils sont beaucoup regardés à chaque fois qu’ils partent en tournée, sur une nouvelle tournée, parce qu’il y a toujours des trucs vraiment incroyables, révolutionnaires qui arrivent et ils sont beaucoup copiés après. Et puis après ça reste un groupe d’une puissance incroyable sur scène. C’est une vraie machine de guerre pendant une heure et demie. Ensuite le samedi 7 juillet, pas mal de belles choses aussi. Je vais parler d’un petit groupe parce que je les ai revus ce weekend. C’est tout frais. C’est Touts. Ce sont des irlandais qui viennent d’Irlande du Nord . Je les avais découverts également au festival Eurosonic. Je les ai revus au festival Greenscape à Brighton, dans un petit club bien comme il faut, dans une cave devant 300 personnes. Ils ont tout donné à fond et ce qui est marrant c’est que ce sont quand même des jeunes. Le guitariste a 16 ans je crois, le bassiste qui est le plus vieux a 20 ans et le batteur doit juste avoir 18 ans. Il y a un côté beaucoup plus punk. Là on voit le groupe qui vient quand même d’une ville qui est assez dure en Irlande du Nord, Londonderry. On sent le groupe qui a toutes les influences des groupes punk 77, avec un discours très engagé et vraiment sur scène, ça tient la route. C’est un groupe qui a à peine un album, qui va tenir 40 minutes sur scène mais ça va être 40 minutes d’une intensité folle et moi, c’est ce que j’ai vécu encore la semaine dernière. C’était vraiment un grand moment ! Artiste du dimanche, pareil. Plusieurs choix possibles. Je dirais Marlon Williams pour plusieurs raisons. Je l’ai découvert en septembre à un festival qui s’appelle IFF à Londres, qui est en fait un rendez-vous professionnel entre agents et agents anglais et festivals.

 

Comme le MaMA chez nous ?

Un peu comme le MaMA mais qui n’est pas du tout ouvert au public. C’est vraiment un réseau très professionnel et donc les agences anglaises en profitent pour présenter leur coup de cœur, le groupe qui, selon eux, va peut-être exploser cette année. En tout cas leur coup de cœur. Et donc, une agence qui s’appelle ATC avait présenté Marlon Williams et moi je suis resté scotché. J’ai pris une claque énorme, lui vraiment un crooner incroyable, une présence scénique incroyable, des compos vraiment très classes. J’ai fait des pieds et des mains pour les avoir sur générique en février et c’était impossible parce qu’il est quand même Néo-Zélandais et jusqu’à maintenant, il n’habitait pas en Europe. Je crois que maintenant il a décidé de s’installer en Europe. Je ne sais plus si c’est à Berlin ou à Londres. Ce qui fait que ça facilite le fait de pouvoir le faire jouer . Mais c’est vraiment un gros coup de cœur. Le cinquième que je vais piocher un peu dans toute la programmation … je vais jouer la carte locale, enfin franc-comtoise entre guillemets. Je peux parler de Truccks quand même. C’est un vrai coup de cœur, un groupe qui a les deux ans d’existence, originaire de Vesoul. C’était vraiment une grosse claque. Se dire qu’en fait ce groupe qui arrive de nulle part, un moment on reçoit une espèce de démo, on se dit que oui ça a l’air pas mal mais c’est encore enregistré dans le garage . Y’a un EP qui arrive. T’as un clip qui arrive. Et après quand tu les vois sur scène, tu prends une grosse claque parce qu’il y a encore cette énergie, cette fougue, cette innocence de la jeunesse qui fait qu’ils ne se posent pas de questions. Ils envoient. Ils n’ont pas besoin d’accompagnement. Je pense que ça va dénaturer un peu leurs projets. Il faut les laisser faire, ils savent très bien faire. Le fait de les avoir programmés déjà impetus et après, derrière les Eurockéennes, on peut dire que c’est peut-être un peu brûler les étapes par rapport à un groupe aussi jeune. Mais finalement moi je pense qu’ils vont très bien s’en sortir. Quand j’ai vu le concert qu’ils ont fait, ça m’a vraiment conforté dans mon choix. Ils vont tenir la scène des Eurocks. Même si c’est la plus petite scène, c’est quand même devant 5 000 personnes . Ils vont la tenir haut la main. Je pense que c’est un groupe qui a vraiment un bel avenir devant lui s’ils continuent dans ce genre-là et s’ils font vraiment que ce qu’ils ont envie. S’ils suivent vraiment leur ligne directrice, qu’ils ne se font pas happer par certaines personnes qui disent qu’il faut faire comme ci ou faire comme ça.

 

Il y a des groupes qui ont déjà joué plusieurs fois comme Shaka Ponk par exemple. C’est la troisième ou quatrième fois cette année il me semble ?

Troisième. Il y a des groupes qui reviennent, tout à fait.

 

Pourquoi ce besoin de les faire revenir ?

Alors déjà, 30ème anniversaire, on s’était dit qu’on allait marquer le coup en faisant revenir certains groupes qui avaient déjà joué. C’est le cas par exemple de Texas, qui est un groupe qu’on n’aurait pas fait revenir forcément si ça avait été la 29ème ou la 31ème. Et là on s’est dit qu’il fallait qu’on marque le coup par des groupes qui avaient marqué un peu les Eurockéennes. Et après si on regarde dans les groupes qui reviennent, c’est souvent les têtes d’affiche. Parce que c’est très difficile d’avoir des nouvelles têtes d’affiche  disponibles, dans nos prix, qui sont dans l’esprit aussi du festival. Donc forcément cette tête d’affiche, on a un peu tendance à tourner en rond mais c’est un peu ce qu’on voit sur tous les autres festivals partout. C’est très difficile d’avoir de la nouveauté en tête d’affiche et puis après sur les autres, à part FFF, c’était vraiment très particulier . C’est pareil … c’est parce que c’était la 30ème et en fait FFF a enregistré leur live qui s’appelle Vivant qui est sorti en 97 aux Eurockéennes. Et quand on est venu vers eux on leur a dit ”les gars il y a quand même quelque chose qui a marqué, qui vous a marqué vous et qui nous a marqué nous, c’est que vous avez enregistré votre seul live aux Eurockéennes. Est-ce que ça vous dirait pas de le rejouer pour ce 30ème anniversaire ?”. Ils ont dit ”on va rejouer le live en intégralité”, le même set. Une heure de show, le live dure une heure, pas de nouveaux morceaux, rien.

 

Est-ce que vous avez déjà des idées, des pistes pour l’année prochaine ?

Plein.

 

Des choses signées ou pas ?

Non. On a déjà des offres en cours mais rien de signé. On s’y prend de plus en plus tôt. L’édition des Eurockéennes n’était pas encore finie d’être programmée, celle de 2018, que j’étais déjà en train d’envoyer des offres sur 2019, sur les têtes d’affiche. Sur le reste on a aussi des pistes. Tiens, ce petit groupe que l’on a repéré, on a un œil dessus, on en fait part à l’agent, on lui dit ”tiens on va en reparler” mais pour l’instant c’est trop tôt ; mais on commence déjà à être vraiment à fond dans l’opération 2019.

 

Autre question difficile : est-ce qu’il y a un groupe qui vous a marqué ces dernières années ?

Dans ceux qui ont joué aux Eurockéennes ?

 

Oui.

Par son show, le show qu’il a fait aux Eurockéennes, sa carrière ?

 

De façon globale.

Celui qui m’a le plus marqué, ce n’est pas évident. Je dirais deux. Parce qu’il y a eu la période où j’étais programmateur et la période où j’étais festivalier. Jusqu’à 2000, j’étais festivalier donc on va dire jusqu’à 2000, le show qui m’a le plus marqué, je pense que c’était en 95. C’était Page and Plant. Jimmy Page et Robert Plant. Deux musiciens de Led Zeppelin, chanteur et guitariste. Ils ont fait un concert sur la grande scène, accompagnés d’un orchestre classique et d’un orchestre marocain et c’était vraiment un gros moment. Tous les morceaux de Led Zep repris avec ces orchestres en plus, c’était vraiment très fort. C’était vraiment un moment d’exception. Et le deuxième, Daft Punk en 2006. Pour plusieurs raisons. Parce c’était le seul festival français qu’ils avaient accepté de faire cette année-là quand ils avaient fait leur tournée. Ils faisaient un festival par pays et donc ils avaient choisi les Eurockéennes. Parce que j’ai rarement vu encore autant de monde devant la grande scène à 1h30 du mat’ avec une attente folle. Il y avait 25 000 personnes qui attendaient. Il y avait une excitation, on le sentait, et dès qu’ils ont commencé le concert, c’était de la folie quoi. Il y a eu une espèce de clameur monstrueuse, une ambiance monstrueuse qui restait tout le long du concert et c’était un moment d’exception ce concert de Daft Punk.

 

Pourquoi ils avaient choisi les Eurocks ?

Pour plusieurs raisons : déjà, parce qu’on les avait faits en DJ en 96 ; parce que Christian les connaissait également puisque Christian était programmateur de L’An-Fer, qui était un club électro à Dijon. Donc il avait eu l’occasion de les faire jouer plusieurs fois. Et la deuxième chose, c’est à cause du line-up. En fait, on avait quasiment fini notre programmation du vendredi quand est arrivée l’histoire de Daft Punk. Mais ils veulent savoir avec qui ils jouent ce jour-là pour se décider et donc voilà on a dit que ce jour-là y’a les Strokes. Ils ont dit ”n’en dites pas plus, c’est bon on confirme”. Ils étaient super fans des Strokes. Ils étaient ravis de jouer avec les Strokes. Ça s’est fait comme ça.

 

Est-ce que vous avez un objectif concernant les Eurockéennes ? Enfin, par exemple, ramener le plus de festivaliers ou un autre objectif ?

Ramener le plus de festivaliers, oui et non. Plus il y a de festivaliers, plus on est contents. Mais on est limités par la jauge donc on peut faire que 35 000 personnes par jour sur les Eurockéennes. Plus après, on rajoute les invités, on rajoute les pros, etc … L’objectif c’est que la fête soit belle, c’est surtout ça. C’est-à-dire qu’on a une belle fête, la météo, que tout soit cohérent. C’est-à-dire que le montage, l’assemblage, ce soit un parcours cohérent pour les festivaliers. Alors chacun à son propre parcours. Certains ont des parcours totalement différents à d’autres. Il y en a certains qui viennent aux Eurockéennes que pour les petites scènes. Il y en a qui ne bougent pas de la grande scène parce qu’ils pensent que c’est là que ça se passe s’il y a des têtes d’affiche, donc c’est plus important. Et puis après tu as des gens qui font leur parcours selon leurs goûts musicaux, qui peuvent être très éclectiques. Des fois on est surpris quand on annonce le timing, que des gens nous disent ”pourquoi vous avez mis ce groupe de reggae en face du groupe de métal ? Je veux voir les deux”. Ça devient compliqué de faire un planning. Mais voilà, c’est vraiment que les gens soient heureux, qu’on ait une super météo et que ce soit une super fiesta.

 

Alors cette année vous remettez un toit, un chapiteau.

Oui, alors, c’est justement toujours pour le 30ème anniversaire. C’est clin d’œil. C’est vrai que ce chapiteau était vraiment emblématique pour les festivaliers. On l’avait en fait démonté. Il était là jusqu’à l’édition 2010. On avait eu une édition un peu difficile et il fallait faire des économies financières, donc on avait supprimé une scène. On avait enlevé ce chapiteau parce que ce sont quand même des coûts, en structure c’est quand même des coûts assez importants. On s’était dit pour la 30ème qu’est-ce qu’on pourrait faire en plus de la prog et des petits clins d’œil, des petites choses différentes ? Ramener le chapiteau. Ça sera peut-être cette année uniquement ; on va voir un peu comment ça fonctionne, comment ça se passe. Peut-être qu’il sera là que cette année ou peut-être qu’on va le faire perdurer.

 

Il y a aussi la danse qui sera au rendez-vous . Pourquoi associer musique et danse ?

La musique est quand même assez liée avec la danse. Il y a un rapport assez important. On a toujours des danseurs sur scène. Il y a un vrai lien. Il y a un vrai lien avec le SSN aussi, avec qui on travaille toute l’année. Pas rien que sur les Eurockéennes mais aussi dans le cadre de générique, dans le cadre d’impetus. On a déjà fait des projets ensemble et là c’est un projet que Jean-Paul a monté avec eux sur la danse, mais pas sur scène. La danse sur les à-côtés, sur le montage des Eurockéennes . Plutôt de la danse contemporaine on va dire, principalement, mais pas que. Sur les coulisses des Eurockéennes pendant le montage, pendant le démontage, backstage, etc … C’est d’avoir des moments qui, après, feront des moments qui sont retransmis sur les écrans géants tous les jours, et après qui feront un docu au final un peu particulier sur la manière d’aborder la danse dans un festival, mais en n’étant pas sur scène.

 

Une dernière question : par rapport à la musique classique, est-ce que c’est dans les projets de tenter des trucs ?

Faire de la musique classique pur jus, c’est-à-dire de faire, je sais pas, du Beethoven ou du Bach sur la grande scène des Eurockéennes, non. Par contre, on a déjà fait des créations associant en fait des artistes, on va dire pop, pour être généraliste, avec de la musique classique. On a fait des créations avec l’école de musique de Belfort plusieurs fois avec des étudiants. J’ai parlé de Page and Plant avec un orchestre classique ainsi qu’un orchestre marocain. Après, de jouer par exemple une pièce dans un orchestre classique pourquoi pas, mais il faudrait que ce soit quelque chose d’assez contemporain et de moderne. On est ouvert à tout. S’il y a vraiment un projet qu’on voit un moment qui nous fait halluciner, on pourrait le présenter, je sais pas, en ouverture du dimanche sur la grande scène des Eurockéennes, pourquoi pas. On ne se met aucune limite à ce niveau-là.

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