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PLEYMO + VEGASTAR, le vendredi 30 mars 2018, La Laiterie – Grande Salle, Strasbourg (67)

La soirée des retrouvailles mais aussi des adieux. Avant-dernière date de sa tournée française, Pleymo est venu faire la fête en ce début de weekend à Strasbourg. Avec eux, leurs potes de Vegastar pour assurer la première partie. On se croirait revenu en 2004 en plein cœur du Rock Tour. Au menu donc de ce vendredi, du nu metal, de l’emo, des larmes, de la sueur, une voix cassée, …

 

L’ombre de nos vies

Les Orléanais de Vegastar ont donc l’honneur de chauffer la salle strasbourgeoise. C’est un groupe séparé en 2009 et qui a assuré quelques shows en 2015 qui s’avance. Vu en janvier 2004 au cours de la susnommée tournée, les visages accusent clairement quatorze années de plus au compteur, à l’instar de Franklin Ferrand. Le chanteur a changé de faciès: finie la raide chevelure noire corbac, aujourd’hui c’est une coiffure bien plus classique qui est affichée. Poivre et sel de surcroît. Pis, ce soir il est également accablé par une voix fatiguée qui l’empêche d’envoyer la sauce ! Résultat de sept dates sur la route avec Pleymo. En somme, le goût des cendres aux lèvres.

 

Dernier tour de piste

D’autant que cette date fait sens pour le groupe : il s’agit de son dernier concert. La der des ders. Faisant contre mauvaise fortune bon cœur, le chanteur s’accroche et tend à plusieurs reprises le micro en direction du public. Des nostalgiques reprennent les paroles avec un sourire non feint. C’est visiblement un bon choix d’entame de soirée pour certains, mais cette dernière étant annoncée sold out et au vu de la salle clairsemée, nombreux ont boudé le baroude d’honneur du désormais quatuor. Dans ce contexte, Jérôme Riera le gratteux assure au mieux le SAV. Agitant sa guitare tel un Dillinger Escape Plan (véridique), il est celui qui retient le plus l’attention à ce moment. Entre deux titres, il fait même preuve d’autodérision : il rappelle qu’ils ont toujours véhiculé un statut de groupe clivant, car trop pop, trop emo, trop lisse, …, autant rédiger d’emblée son acte de décès. Il est vrai qu’à l’époque le nu metal hexagonal s’imposait ; n’oublions pas qu’en face, il y avait aussi la vague Kyo. No comment. A réécouter ce soir, Vegastar se situait au milieu du gué. Si la guitare s’avère féroce, la batterie bien présente, le reste tient plus d’un genre musical prompt à séduire les jeunes filles en fleur/pleurs (100eétage). Quoiqu’il en soit, les techniciens qui bordent la scène sont taquins et ne cherchent pas à faciliter le final du groupe, notamment lorsqu’ils balancent à plusieurs reprises de l’eau sur les musiciens (ensuite on s’étonne que le chanteur n’a plus de voix après 7 concerts). On veut finir en beauté et dans la bonne humeur certes, mais les faiblesses de Franklin sont gênantes, on a presque pitié du frontman qui termine son tour de chant avec grande peine. Une dernière photo avec le public; fin de partie. (…)

 

« … Pleymo fout la foire … »

Durant le changement de plateau, les vivats et les sollicitations se font de plus en plus entendre. A 21h30, le sextet fend enfin la pénombre et Mark Maggiori entre d’un bond magistral. Avec United nowhere et Ce soir c’est grand soir, le concert démarre tambour battant. La crash barrière vibre sous les coups de boutoir d’une foule prise aux tripes, fosse et gradins compris. Des radiateurs poussés au max semblent avoir été semés aux quatre coins de la salle. les premiers slammers atterrissent dans les bras d’une sécurité largement sollicitée ce soir. Le flow de Mark est relayé par celui de Franck Bailleul, le DJ au corps noueux et à la casquette Suicidal Tendencies (Nawak, Muck). Côté instruments, les guitares jouent au ping-pong sonore entre les motifs suraigus, torturés par des whammys et de lourds accords nu metal (Tout le monde se lève). Benoît Julliard affiche une aisance déconcertante alors que son jeu de basse complexe se rapproche de celui de Les Claypool. Au menu slaps, tappings, etc. toute la panoplie est de sortie et ça claque (Polyester môme).

 

Crowd surfing à gogo

Appuyés contre la barrière, les chanteurs ne cessent d’aller au contact d’une foule déchaînée avant que le guitariste Davy Portela ne se laisse choir à son tour dans les spectateurs. Au bout de quatre titres, Mark se fend d’un aveu : l’ambiance est survoltée ce soir en Alsace. Il est en nage et peine à reprendre son souffle, une chose qui lui arrive d’habitude bien plus tard dans la soirée, preuve que le public strasbourgeois est bouillant. Comme dans une arène romaine, le peuple en aura donc pour son argent. Un braveheart est convoqué et c’est dans une immense joie que l’on se percute gaiement.

 


« Il y a moyen de faire une bonne machine à laver »

À l’annonce de cette invitation à un nouveau moment de communion (metal), un moshpit aspire tout sur son passage dans la fosse. Quid des gradins ? Également en osmose, au point qu’un slammer remonte au-delà de la régie lesdites tribunes avant de les redescendre comme il est venu, à bout de bras. Une première ici. Au mitan du spectacle, l’intensité s’estompe volontairement. Deux morceaux piochés dans le dernier album Alphabet prison (Le nouveau monde et Je regrette) sont proposés, en prise totale avec l’actualité (dixit Mark), notamment le fanatisme. Fin de cet interlude, le crew balance la très attendue New wave suivie de Tank. Dégoulinante de sueur, la foule exulte. Le show se clôt sur un medley furieux K-Ra/Kongen/Ce soir laissant sur place une Laiterie rincée mais pas exsangue. Pour preuve, le rappel composé de Zéphyr, Divine excuse et de Blöhm, en guise d’apothéose, est l’occasion rêvée pour un second et très jubilatoire wall of death.

Mission accomplie : le retour de Pleymo fut gagnant. Cette tournée française fut riche en émotions tant pour le public que le groupe trop heureux de constater que malgré le temps les fans ne se sont pas évaporés dans la nature.

Setlist de Pleymo

Intro

United nowhere

Ce soir c’est grand soir

Rock

Adrénaline

Tout le monde se lève

1977

Chérubin  

Nawak

Muck

Le nouveau monde

Je regrette

New wave

Tank

Polyester

K-Ra/Kongen/Ce soir (medley)

Rappels

Zéphyr

Divine excuse

Blöhm

 

-Benoît GILBERT

Crédit photo : Benoît GILBERT

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