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FAKEAR + AZUR, le mardi 27 mars 2018, La Laiterie – Grande Salle, Strasbourg (67)

20h, les portes s’ouvrent. Beaucoup attendent certainement devant La Laiterie avec la mélodie de La lune rousse en tête. Ce soir Strasbourg se pare des habits d’ailleurs avec la venue de Fakear. Première date d’une tournée précédant la sortie de son prochain album, la capitale alsacienne connaît donc le privilège d’entendre en avant-première les nouveaux sons sophistiqués de Théo Le Vigoureux.

 

« Azur, nos bêtes sont bondées d’un cri »

Et c’est vrai qu’il y a un peu de C. Clavier, pardon de Saint-John Perse en ce début de soirée avec la première partie assurée par Azur. Seul en scène, l’homme propose un set dépaysant, empreint de 90’s, de rave party et d’exotisme. Un choix qui semble fonctionner car les premiers rangs danseront durant la demi-heure prévue au rythme des beats métronomiques. Le final coincé entre Fakear, Moby et Ibiza saisira également une partie du gradin. Fermant les yeux un instant, il ne manquerait plus que le sable entre les orteils des spectateurs martelant le sol de la Laiterie pour se sentir transporté bien loin de l’Alsace. Le regard grand ouvert, ce n’est que Strasbourg Plage.

 

Bollywood im Elsass

Si Azur a assuré un DJ set, il n’en est plus de même ensuite. Fakear déboule à l’heure dite dans une version groupe, à savoir une harpiste, un batteur – installés côté jardin – un bassiste et un claviériste occupant la droite de la scène ; Théo se réservant la partie centrale et surélevée. Un groupe, un réel plus quand il s’agit de faire vivre de la musique electro en live. Rapidement, la fosse se métamorphose de nouveau en dancefloor. Comble, la Grande Salle se laisse transporter au gré des sons oniriques, enfantins et des nappes vaporeuses (Lou, Animal). L’Orient nous tend alors la main. Une longue et colorée escale indienne s’offre au public (Karmaprana), mélangeant les nouveautés aux titres bien identifiés (Darjeeling).

L’instant black mirror

Au premier abord, les échanges avec l’auditoire sont rares. Théo affiche une prime fébrilité qui s’efface au terme de trois morceaux, l’effet début de tournée. Strasbourg l’accueillante et en totale symbiose avec son univers artistique lui délie la langue : l’opus sortira le 13 avril, précédé de Something wonderful qu’il enchaîne en solo avec ses seuls pads. Pari gagnant ! La multitude de morceaux nouveaux ravit le public qui poursuit ses trémoussements, voire qui les accentue lorsque la dynamique harpiste et le Caennais à sa casquette retournée font pleuvoir leurs baguettes sur des toms placés en avant de la scène (Ankara).

Alors que les premières notes de La lune rousse retentissent, un grand cri de contentement est suivi d’une séquence digne de la glaçante série britannique Black mirror : une forêt de portables hérisse la fosse (et les gradins, pas de jaloux). Ou comment s’être placé devant, voire en première ligne afin d’être au plus prêt de l’artiste et de se mettre une barrière, un filtre entre lui et vous. Fakear cloué dans une petite boîte, vague silhouette sombre de quelques millimètres, capturée par une caméra vite limitée question luminosité et un micro qui sature quand résonnent les basses ultra généreuses. Le summum du grotesque / snobisme qui aurait régalé un certain Boris Vian…

Les rappels s’appuient sur Neptune et Chakra. Dans cette soirée au charme évident, véritable invitation au voyage basée sur la synthèse du chill et de l’évasion, desquels émergent des voix féminines, le show de Fakear gagnerait en langueur et en sensualité avec la présence de chanteuses en lieu et place de loops extraites de ses machines. Quid de Charlotte Savary et IDIL pour Wax Tailor, de Szjerdene pour Bonobo ? Etc.

La femme est l’avenir de l’homme.

Setlist de Fakear

Lou

Karmaprana

My own sun

Song for Jo

Out of reach

Lost colours

Something wonderful (solo)

Silver (solo)

Training lesson (solo)

Lost in time

Sacred feminine

Animal

La lune rousse

Consciousness

Damas

Darjeeling

Tigers

Ankara

Rappels

Neptune

Chakra

 

-Benoît GILBERT

Crédit photo : Benoît GILBERT

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