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BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB, Wrong Creatures

Depuis Howl, l’écoute de tout nouvel album du BRMC est un paradoxal mélange d’excitation et de déjà-vu. Parce qu’on sait exactement à quoi s’attendre : du fuzz, du shoegaze, des rythmiques lancinantes et des prêches ténébreux, recette qui devient, au bout du 9e album, assez lassante avouons-le. C’est tout le défaut de ce nouvel album du trio de San Francisco, qui manque d’audace et fait sombrer l’auditeur dans un long voyage au bout de l’ennui.

A l’époque de l’éponyme Black Rebel Motorcycle Club (2001), le BRMC et quelques autres groupes indies – dont le Brian Jonestown Massacre –, représentaient le rock alternatif US, nouvelle vague érigée par certains en opposition au courant plus mainstream (encore que…) porté par les Strokes. Désormais le BRMC a pignon sur rue et nous propose Wrong Creatures, son dernier album produit par Nick Launay, également artificier d’Arcade Fire et de Nick Cave & the Bad Seeds.

Pourquoi une si longue attente depuis Specter at the Feist, sorti en 2013 ? « Appelez ça un break si vous voulez, mais tout ce temps passé loin de la musique vous permet de prendre du recul, faire un point sur votre vie, de savoir si vous pensez vraiment ce que vous dites, et si vous dites ce que vous pensez… D’observer aussi quel est l’état du monde, et comment vous réagissez à ça” confessait Peter Hayes dans une interview donnée récemment à franceinfo. 5 années pendant lesquelles la batteuse du groupe, Leah Shapiro, a surtout dû se battre contre la maladie. Toutefois, à écouter Peter Hayes, le ver était dans le fruit dès l’origine : Il a été si long à produire que je l’ai haï avant de l’apprécier vraiment.”

Venons en à l’album. Les douze titres sont assez inégaux et mélangent classiques du genre et audaces ratées. S’ouvrant sur DFF, intro planante rappelant Mohammed du Dandy Warhols, l’album se poursuit avec Spook et King of Bones, deux chansons pleines de distorsion puant le gazole. Seulement voilà, c’est en abordant la suite qu’on comprend qu’on a déjà laissé le temps fort de l’album dans le rétroviseur. Haunt et Echo sont deux ballades qui pourraient rappeler l’americana planante de « Howl » si ces deux titres n’étaient pas trop produits pour être intéressants. Malgré deux chansons plaisantes, Ninth Configuration et Question of Faith, dont les guitares s’enlacent dans des riffs estampillés BRMC®, la suite (Calling Them All Away, Little Thing Gone Wild, Carried From The Start) n’a pas grand intérêt mais formerait un ensemble cohérent sans les catastrophes industrielles que sont Circus Bazooko, pastiche des Doors, et All Rise qui aurait toute sa place sur un album de Coldplay.

En somme, un album qui s’oublie aussi rapidement qu’on ne l’a écouté mais qui ne changera toutefois pas la bonne opinion qu’on garde du BRMC.

 

  • Alexandre

 

 

Artiste : Black Rebel Motorcycle Club

Album : Wrong Creatures

Label/distribution : Vagrant Records

Date de sortie : 12/01/2018

Genre : Alternatif/indé

Catégorie : Album rock

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