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BLACK REBEL MOTORCYCLE CLUB + THE VACANT LOTS, le dimanche 12 novembre 2017, La Laiterie – Grande Salle, Strasbourg (67)

Et de trois ! Les Black Rebel Motorcycle Club sont désormais des habitués de la salle strasbourgeoise. Après des passages en 2007 et 2014, le trio, portant le noir à merveille, était de retour à La Laiterie pour un concert à guichets fermés. Avec une première partie de choix, puis un show de 22 titres en un peu plus de deux heures, les soirées du dimanche ont une autre « gueule ».

Embarqués sur la route avec le BRMC durant tout novembre, The Vacant Lots démarrent la soirée. Installé dans une atmosphère des plus minimalistes, quoiqu’agrémentée de saisissantes lumières vertes et roses, le duo du Vermont propose son punk aseptisé sur une trame electro. A l’abri derrière ses lunettes teintées, Jared Artaud balance des riffs acérés empreints de garage rock. Le son est volontairement crade, les motifs insistants. Son acolyte, Brian MacFadyen, est pour sa part un homme-orchestre moderne. Affairé derrière ses machines, qu’il triture de sa main droite, il écrase allégrement sa cymbale, voire des toms postés sur sa gauche. Le tout en chantant, évidemment ; minimaliste ne veut pas dire simpliste. Par contre, les voix des deux gaillards se font nonchalantes et trainantes. (…) Les titres s’enchaînent avec facilité, lents et marqués par des formules très répétitives. Un vent de psychédélisme, accompagné de bourrasques électro, souffle sur une Laiterie qui se remplit petit à petit. Par endroits, Anton Newcombe et son BJM ne semblent pas très loin. Ce premier show généreux dépasse aisément les 30 minutes accordées de coutume aux chauffeurs de salle. Peu importe, c’est plaisant et l’on sait d’avance que le meilleur reste à venir.

20h00, les voilà.

Et c’est un nouveau titre, Little thing gone wild, qui ouvre le bal. La salle comble s’embrase en un instant. A quelques semaines de la sortie de Wrong creatures, leur neuvième effort, les BRMC viennent tester en live le nouveau matériel. 5 chansons dudit LP sont interprétés (Little thing gone wild, King of bones, Haunt, Question of faith, et Carried from the start), auxquelles se rajoute Bandung hum, un morceau non prévu sur le tracklist déjà dévoilé. Un constat s’impose : le public est conquis. Preuve en est, l’attente jusqu’au 12 janvier 2018 – date de sortie du disque – semble interminable car au cœur des nombreuses discussions dans la fosse pendant l’entracte. En marge de ces nouveautés, le Club égraine les perles qui font sa renommée. A la fois électrique et porté par un psychédélisme débordant de saturations savoureuses, de wah wah (White palms, Stop) ou de rythmes appuyés servis par la batteuse Leah Shapiro (Berlin, Conscience killer ou Six barrel shotgun), le concert se veut aussi plus délicat et empreint d’authenticité bluesy (Beat the devil’s tattoo). Les pièces maîtresses sont alors puisées dans Howl, cet album qui tranche nettement dans la disco du groupe. Shuffle your feet nous renvoie aux premières heures des studio d’enregistrement: le son est râpeux, vintage . Le chant de Peter Hayes est capté par le micro de l’harmonica, à l’occasion du titre sudiste Ain’t no easy way. Idem lorsque l’ex-BJM vient, seul sur scène jouer la sublime Complicated situation. On apprécie le dépaysement spatio-temporel. Le public strasbourgeois jubile et chavire définitivement lorsque les premières notes de Spread your love retentissent. Inhérent à son jeu de scène, le bassiste vient au contact de son auditoire ; certains semblent alors entrer en communion.

Bien sûr, le trio reviendra pour le traditionnel rappel. Avec Rival, c’est l’album Specter at the feast qui est invoqué. La foule interpelle à l’issue du titre le bassiste afin qu’il lui offre Lose yourself. Robert Turner est touché, il sourit même et s’excuse : cela fait un bail qu’ils ne l’ont pas faite sur scène. Le public insiste de plus belle. Finalement, l’homme s’exécute alors durant une trentaine de secondes. Un ange passe et laisse place à une grosse salve d’applaudissements. Mais c’est avec un autre registre que le gang californien a décidé de refermer cette soirée: l’indémodable Whatever happened to my rock’n’roll (Punk song). L’effet escompté est au rendez-vous, la fosse est incontrôlable, ça pousse en tous sens. Les BRMC ont réussi leur coup.

Même baigné par une moiteur conséquente, le public quitte la salle dans une extrême lenteur. Nombreux se ruent également sur le stand de merchandising. Je me répète mais ce soir, pour sa troisième venue à Stras’, les Black Rebel Motorcycle Club semblent avoir joué à domicile, tant l’interactivité avec la salle fut palpable. Chapeau bas. Now, wait and see Wrong creatures…

Setlist de BRMC

Little thing gone wild

Bandung hum

Beat the devil’s tattoo

Ain’t no easy way

King of bones

Berlin

Conscience killer

Haunt

Question of faith

White palms

Stop

Carried from the start

Acoustic #1 – ??? (Robert Turner solo)

Acoustic #2 – Complicated situation (Peter Hayes solo)

Shuffle your feet

666 conducer

In like the rose

Shade of blue

Six barrel shotgun

Spread your love

Rappels

Rival

(quelques secondes)

Whatever happened to my rock’n’roll (Punk song)

-Benoît GILBERT

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