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THE DIVINE COMEDY + LISA O’NEILL, jeudi 10 novembre 2016, Grand Théâtre, Dijon (21)

Ne se laissant pas intimider par une série de travaux, Yann Rivoal et son équipe de la Vapeur investissent le Grand Théâtre de Dijon pour accueillir Lisa O’Neill et The Divine Comedy. Neil Hannon revient avec un onzième album, Foreverland, sorti le 2 septembre dernier.

Annoncé à 20h, le premier concert débute finalement trente minutes plus tard. Une aubaine pour les quelques retardataires qui se voyaient déjà faire une entrée remarquée et casser la pureté de cette première partie. Sur scène, Lisa O’Neill, oscille entre le français et une articulation méticuleuse pour tenter de faire oublier son accent irlandais. Mais le public parvient très vite à comprendre cette femme et ses pauses teintées d’humour. Comme le jour et la nuit, Lisa O’Neill passe d’une image attendrissante à une voix puissante et envoûtante. Elvis In My Kitchen parvient définitivement à séduire le public.

Un passage au bar plus tard, il est temps de se préparer à accueillir un deuxième irlandais.

Quel meilleur décor que le Grand Théâtre pour recevoir The Divine Comedy à Dijon ? Protégés de l’humidité hivernale, les spectateurs s’enfoncent doucement dans les fauteuils noirs, prêts à écouter celui qui tient le groupe depuis plus de 25 ans. Dans un costume napoléonien et des lunettes anachroniques, Neil Hannon fait une entrée fracassante. Il attaque rapidement son dernier album avec How Can You Leave Me on My Own. Un premier merci, celui d’une longue série, puis Neil Hannon se désole de la distance qui le sépare du public. Si le décor colle à l’univers de ce dernier album, les conditions sont moins rock’n’roll que dans le passé… Coup du hasard ? Certainement pas pour les fans des premières heures. Qu’ils se rassurent, le concert s’annonce aussi bipolaire que l’album, tourné vers le passé tout en cherchant à atteindre un but tant espéré, le tout mené par un empereur pas si cinglé que ça. Un timing parfait pour Neil Hannon qui mentionnera à plusieurs reprises l’élection de Donald Trump aux présidentielles américaines. The world is ending. Don’t panic and don’t vote for Marine Le Pen!, demande-t-il avant d’enchaîner sur I Joined the Foreign Legion (To Forget). Le songwriter réfléchit quelques secondes à un moyen de faire un lien entre Trump et le prochain morceau avant de mettre les russes sur le tapis et d’entamer Catherine The Great ! (ndlr : Catherine II, surnommée la « Grande Catherine », est impératrice et autocrate de toutes les Russies du 28 juin 1762 à sa mort le 17 novembre 1796). La découverte de ce onzième album se poursuit avec  To the Rescue et Neil Hannon offre même un secouage d’épaules avant de faire un retour sur la Fin de siècle pour s’envoler en Suède. Avant la fin de The Certainty Of Chance, le pillier de The Divine Comedy quitte la scène pour revenir en costume, chapeau rond et parapluie. Le temps d’interpréter Bang Goes The Knighthood de l’album éponyme pour rassurer son public Hey it’s me, Neil Hannon (dit-il en soulevant son chapeau), il revient à la charge et prévient que la prochaine chanson, Generation Sex, n’a « rien à voir avec Trump. On se change rapidement  les idées grâce à l’album « Absent Friends » avec Our Mutual Friend et The Happy Goth.

Cathy Davey, chanteuse et compagne du songwriter, étant absente, c’est Lisa O’Neill qui revient sur scène pour accompagner Neil Hannon sur Funny Peculiar. Et qui pensait que ce doux hommage au duo de Frank et Nancy Sinatra suivi de sa chanson d’amour (Songs Of Love) allaient faire revenir un Neil Hannon plus électrique que jamais ? « Let’s do rock’n’roll ! If you can get up please do ! ». Le public n’attendait apparemment que ça et se réveille pour At The Indie DiscoSomething For The WeekendI Like… Chacun sait qu’un compliment annonce très souvent la fin d’une relation ou d’un moment : « Vous êtes fantastiques ! » promet le songwriter tout juste après avoir présenté les membres du groupe. National Express sonne le glas de cette soirée d’hiver.

A 23h passées et après une vingtaine de chansons, le public n’est toujours pas rassasié. Le groupe revient et Neil Hannon en profite pour ouvrir le terrible bar globe terrestre qui trône sur le coin de la scène. Le temps de se servir et les membres lèvent leurs verres aux « Absent Friends » de l’album éponyme. Petit plaisir personnel, Neil Hannon décide de se dédicacer un morceau et entame Assume The Perpendicular. Un ultime merci au public et à Dijon pour sa beauté et sa moutarde et The Divine Comedy tire sa révérence : « Tonight We Fly ».

 

  • Sarah Belnez

Photo © Rémy Grandroques (extrait du live Arte d’avril 2016)

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