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ROCK EN SEINE (par Fred), vendredi 26 août 2016, Domaine national de Saint-Cloud (92)

 

La 14ème édition du festival Rock en Seine était encore attendue comme le temps fort de cette fin d’été. Mais cette année, il aurait pu être écrasé par une chaleur pesante, mais pas assez pour décourager les festivaliers. La qualité sonore et les choix d’emplacement divers sans pertes d’écoute sont appréciés.

En se calant près de la Grande Scène pour entendre la prestation de Bastille, on aurait eu l’impression d’entendre la master d’un album. La pop mélodique et très construite du groupe laissait un goût de légèreté vive, comme savent le faire les musiciens profondément marqués par l’Angleterre. D’entrée, des plans au piano donnaient du volume à la voix de Dan Smith. Le chanteur rendait mielleuse sa voix et puisait dans les accents empreints de soul-music. Une manière sans doute d’être raccord aux chansons qui, progressivement, allaient se fondre dans une certaine énergie funky. Aussi, la pop mélodique pouvait reprendre le dessus, mais vêtue de fines tintes d’électro. Et cette idée d’avoir repris le Rythm of the night avec lequel Corona cristallisait les boîtes de nuit en 1993. La version proposée par Bastille à Rock en Seine se voulait assez subjective, mais dans le même goût festif. D’autres moments, sautillants, étaient le prolongement d’introductions trahissant le reste.

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Plus tard, sur la scène Cascade, Damian Marley, le représentant de la culture rasta pour l’été 2016, s’est d’abord entrepris dans de beaux élans ragga-muffin. Un courant qui aura été dominant sur l’ensemble du concert. L’esprit afro s’est un instant invité à son tour, sous les racines, avant que la musique prenne les allures d’un roots bien fourni instrumentalement. Surtout, Damian Marley exploitait la force de sa voix qui portait loin, avec le soutien de choristes féminines. Le public était empoigné. Lorsque des morceaux ragga ont à nouveau émané de la scène, l’organe du chanteur paraissait alors légèrement érodé par les minutes, le don de soi ayant été optimal. L’état chaud de cette voix a donné davantage d’émotion aux paroles déclamées par Damian sur l’adaptation Patience, un titre d’Amadou & Mariam. Le refrain enregistré par Mariam altérait le débit des phrases monocordes. Lors d’au moins un autre festival d’été, le fils de qui-vous-savez avait repris plusieurs morceaux de son père. A Rock en Seine il n’en a repris qu’un seul : Could you be loved, interprété sans en faire trop. L’artiste a eu l’intention d’y ajouter sa patte. Une partie ragga-muffin s’est ainsi incrustée en entraînant le public, avant la fin de la chanson.

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Le groupe qui pouvait impacter la mémoire du festivalier sur la Grande scène ce jour-là était le surprenant Two Door Cinema Club. Si l’on écoute leurs albums, cela convient au plaisir qui ne demande pas autre chose que la fraîcheur pétillante. La prestation scénique du 26 août à Saint-Cloud a, en revanche, provoqué quelque chose de plus complexe et accrocheur. La voix fluette d’Alex Trimble se montrait provocante et narguait toute oreille qui chercherait à résister. N’hésitant pas à monter souvent dans les aigus, elle rejoignait les notes d’électro. Cela suffisait d’ailleurs à convaincre. Sauf que la guitare finissait par prendre une grosse charge de pop, dont la ferveur influait sur la façon de chanter. Timble n’allait pas se laisser submerger par ses compères, sa haute voix s’est mise à surfer sur les vagues mélodiques, et avec l’insolence qui surenchérissait.

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Un peu après 23h, du côté de la scène de l’Industrie, une douce musique symphonique a traversé la nuit. C’était le début du concert de Breakbot. Le thème de cet introduction était reconnaissable. Il s’agissait de celui d’X-Files, façon musique de film. Aucun instrument baroque sur scène, juste Thibaud, le DJ. Les notes synthétiques enrichirent la musique. Le classique et l’électro ont fait corps quelques minutes durant, au point qu’on aurait pu y croire, même lorsqu’une voix de chanteur s’est ajouté tardivement. Après, le concert s’est d’abord épris d’un son disco teinté de new-wave avant de poursuivre vers des sonorités funk, style années 70 et 80. Des variantes R&B et une voix féminine sont venues agrémenter le set. Mais les rythmes disco toujours en toile de fond.

Breakbot

  • Fred

 

Crédits photos : 

Ambiances : Zélie Noreda

Bastille, Damian Jr Gong Marley, Two Door Cinema Club : Victor Picon

Breakbot : Olivier Hoffschir

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