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DAVID GILMOUR, samedi 23 juillet 2016, Saline royale d’Arc-et-Senans (25)

Un public d’un calme olympien fait face à la grande scène montée spécialement pour l’occasion. 19.000 personnes sont rassemblées en ce lieu de grande envergure, dans ce cadre idyllique qu’a choisi David Gilmour himself pour la partie 2k16 du Rattle That Lock Tour. Nous sommes aux Salines Royales d’Arc et Senans, le samedi 23 juillet 2016 et sur les coups de 21h30, le maestro entre humblement en scène sous une pluie de respectueux applaudissements. Calculé minutieusement, le spectacle durera trois heures coupées en deux parties, séparées par un court entracte d’une quinzaine de minutes.

Le show commence sur 5 a.m et le guitar hero met tout de suite le public dans sa poche. Cette introduction, qui est également celle de l’album promu ce soir, est une instrumentale démontrant tous les talents de l’ex-Pink Floyd avec sa légendaire six cordes. Le public est conquis et c’est sur le célèbre air de la SNCF que David Gilmour enchaîne avec Rattle That Lock. Le son est excellent, la guitare est bien détachée du reste des instruments et la voix de Gilmour est quelque peu éraillée, ce qui donne cependant un côté rauque aux morceaux interprétés avec grande classe. Le premier morceau de Pink Floyd interprété ce soir (et ils furent nombreux !) est le magistral Wish you were here. Le public hurle de joie dès l’introduction, on sent que de fervents admirateurs du groupe sont là pour entendre du Pink Floyd, mais heureusement Gilmour ne se cantonne pas à cela. Ainsi, c’est une alternance de morceaux variant du répertoire Pink Floydien à son propre répertoire personnel que nous aurons l’honneur d’écouter ce soir.
Les morceaux s’enchaînent et nous nous faisons très vite la réflexion que M. Gilmour n’a pas encore adressé la parole à son assemblée. La déception est grande mais il est là pour faire un spectacle et nous profitons alors de chaque morceau interprété avec ferveur. Les enchaînements sont faits avec délicatesse, chaque morceau semblent se répondre et le spectacle sur scène est d’une grande beauté. Grâce à un écran en forme de cercle installé sur une grande toile en fond de scène, les personnes situées assez loin peuvent tout de même voir le grand monsieur, lorsque celui-ci n’est pas remplacé par des extraits de clip et de films. La première partie se termine sur In Any Tongue, probablement l’une des plus belles chansons du répertoire personnel de l’artiste, puis sur une merveilleuse version de High Hopes introduites par ses légendaires sons de cloches et clôturées par un solo qui a mis une grande partie du public en émoi. Au bout d’une heure et quart, il prend enfin la parole afin de souhaiter une bonne soirée et nous annonce qu’il va faire 15 minutes de pause pour revenir au plus vite.

Aussitôt dit aussitôt fait, 15 minutes tapantes plus tard, il remonte sur scène accompagné de ses musiciens dont on a peu parlé jusqu’ici, mais qui n’ont rien à envier à la star de la soirée. Les deux choristes marient leurs voix à celle de Gilmour à la perfection, et nous noterons les envolées lyriques impressionnantes de la demoiselle.
Cette deuxième partie fait la part belle aux jeux de lumières sur scène, ainsi l’écran rond est encerclé de petites loupiottes qui lancent des lasers en direction de la scène et particulièrement de Gilmour, un peu à la manière d’une fenêtre d’église éclairant le Christ.
Shine on You Crazy Diamond débute donc cette seconde partie et c’est avec émotion que le public scande en chœur ce refrain entêtant. S’en suit un petit enchaînement blues-jazzy. Nous noterons par ailleurs la seconde intervention de Gilmour lors de l’introduction de The Girl with The Yellow Dress, qu’il qualifie, en français s’il vous plaît, de plutôt jazzy et traduit son titre en français ce qui lui vaut de chaleureux applaudissements.

C’est d’ailleurs un public extrêmement respectueux auquel nous avons à faire ce soir, il y a très peu de cris lors des moments de calme entre les chansons et il est important de préciser que les gens écoutent sans parler entre eux pendant les chansons, ce qui n’est pas toujours le cas lors de gros événements comme celui-là et cela mérite d’être précisé. Il y a là donc un public respectueux, calme et attentif, applaudissant avec respect et sincérité. La seconde partie se termine moins en douceur que la précédente, sur deux morceaux de Pink Floyd dont le sublime Run Like Hell, agrémenté de très jolis jeux de lumières. À son issue, Gilmour présente un à un ses musiciens qui reçoivent une salve d’applaudissements., puis quittent la scène quelques minutes avant de réapparaître et de lancer le magnifique Time et ses lasers verts traversant la Saline au-dessus de la foule. C’est un moment solennel, tout le monde chante en chœur, on repère même quelques personnes tellement possédées qu’elles ferment les yeux pour savourer la musique et cela rend la scène encore plus belle. Enfin, le concert se termine inévitablement sur Comfortably Numb et son mythique solo de guitare classé par beaucoup comme le plus beau du monde… rien que ça !

Il est agréable de voir un artiste aussi généreux présenter un show de cette longueur avec autant de classe et le seul bémol reproché à cette soirée restera tout de même le manque de proximité avec le public. Cependant, le répertoire de chansons variées laissait la place à autant de grands morceaux réputés que de morceaux extraits de ses albums personnels, ainsi qu’un cadre idyllique pour présenter un show de cet envergure. S’il y avait bien une date de la tournée à laquelle il fallait être, c’était celle-ci !

-Marion ARNAL
Crédit photos : Eric

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