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FESTIVAL EUROCKEENNES, dimanche 03 juillet 2016, Belfort (90)

Déjà le dernier jour de festival, mais aussi le plus attendu avec notamment The Kills en guest-star. Si la fatigue pouvait se faire sentir, elle fut d’entrée de jeu balayée par Frank Carter and The Rattlesnakes.

Tôt dans la journée, nous nous rendons sur le site pour profiter de cette dernière après-midi ensoleillée aux Eurockéennes. Les festivaliers ne sont pas encore très nombreux pourtant Blossoms sont prêts à officier sur la Greenroom. Les lads issus de la banlieue de Manchester se sont imposés comme des espoirs de la britpop. Cette formation prend place sur les planches et dévoilent leur univers très mélodieux. On comprends d’emblée leur aisance à composer des mélodies captivantes. Ça joue carré, il n’y a rien à dire. La voix du chanteur nous fait penser à celle d’un autre groupe anglais, Peace. La prestation est sans bavure, les sons bien maîtrisés et propres, ce groupe est une belle découverte, parfait pour débuter cette nouvelle journée.

Ensuite, Courtney Barnett, une jeune australienne, débute son set à la Plage. Et là, grosse surprise, on découvre un petit bout de femme qui envoie une rafale rock sans précédent. Les compositions sont très bien écrites, et les structures intéressantes. On trouve même une ressemblance physique avec PJ Harvey et Courtney n’hésite pas à déployer des sons de guitares saturées. On se croirait dans les années 60. Ses mélodies sont attachantes et son set passe malheureusement trop vite.

Pendant ce temps, Kurt Vile accorde ses guitares et son banjo et va commencer son set sur la loggia. L’ancien musicien de The War On Drugs mène sa barque en solo depuis plusieurs années. Sa musique est teintée de soul et derrière ses longs cheveux, Kurt Vile nous fait passer un agréable moment balançant entre folk, country et blues. Son songwriting nous transporte right away en Amérique. Décidément, cette journée du dimanche est exquise.

Pas loin de là, le chanteur du groupe hardcore Gallows, venu pour l’occasion habillé en dandy anglais, ne tarde pas à retourner la Grande Scène -et ce n’est pas qu’une façon de parler. Il invective le public, vient lui marcher dessus, puis lui demande de former le plus grand circle-pit possible : la poussière se soulève et tout le monde se met à courir de la scène à la régie. Chaque morceau est inauguré par quelques explications sur les raisons de son écriture et son destinataire. Le leader est charismatique et complètement hors de contrôle. Il occupe tout l’espace de la scène. Frank Carter obtiendra aussi la palme de l’artiste le plus reconnaissant envers son équipe, que ce soit ses musiciens, l’équipe technique, les organisateurs des Eurockéennes ou la sécurité. Chacun est vivement et longuement remercié.

Vient ensuite des excursions hors des sentiers battus par le rock, puisque nous partons en terre hip-hop avec Action Bronson puis Nekfeu. Pour ces deux concerts, les basses surpuissantes sont gonflées au maximum, le public manifestant un engouement fait d’acclamations. Nekfeu n’est pas seul sur scène et laisse ainsi transparaître son intérêt pour la dimension collective de l’engouement qu’il suscite. Cependant, le concert est assez vite ennuyant, on décide alors de foncer en direction du concert des Kills.

Il est 20h30 tapantes sur la GreenRoom, plutôt bondé vu l’heure, lorsque déboulent Jamie Hince et Alison Mosshart accompagnés de deux musiciens. Très lookés, toujours autant charismatiques, ils n’ont cessé d’attirer les flashs des photographes, avec une Alison Mosshart convulsive qui nous rappelle l’attitude scénique d’un Miles Kane, entre performance, “minauderies” et attraction.

Jamie Hince est un guitariste hors pair, jouant d’une façon primitive, tapant sur sa guitare pour la faire rugir, et distillant des sons venus de nulle part dont lui seul à le secret. Cependant, le rendu final reste un tantinet brouillon, on a du mal à distinguer les instruments dans ce brouhaha sonore.

Le magnétisme de Mosshart opère également, investissant la scène de long en large derrière sa chevelure blonde, quasi platine. Sa voix voluptueuse nous emporte. Les morceaux de leur nouvel albums, Ash & Ice, sont joués avec davantage d’entrain que les anciens, pourtant toujours aussi forts.

U.R.A Fever est un classique, et ce n’est pas ce soir qu’on pourrait dire le contraire tant le public chante d’une seule voix le refrain. Heart Of A Dog est un morceau salvateur qui nous donne la bougeotte, grâce à des nappes subtiles de synthé et un rythme assez effréné. 

La setlist de ce soir alterne entre les morceaux des cinq albums de la formation. Après plus d’une heure de concert, on commence un peu à trouver le temps long, on notera peut-être une manque de prise de risque. Pour résumer, les Kills sont toujours aussi efficaces mais manquent de renouveau, c’est dommage car ce duo-là à du potentiel et beaucoup d’énergie à revendre.

Pour ajouter une touche électronique à ce dimanche, voici M83 et son univers bercé d’onirisme. Le créateur du projet Anthony Gonzalez, exilé à Los Angeles -artiste discret qui a peu écumé les scènes ces dernières années, préférant s’occuper de bandes originales-  a mené un set partagé en deux temps.

La première moitié nous a transporté à travers les mélodies lyriques de ses premières productions, avec Carry On, tandis que la seconde moitié voit arriver Mai Lan sur scène, chanteuse sur plusieurs titres du dernier album, Junk, dont l’attitude fait virer de l’onirique au show purement électro à la Disclosure. Le show visuel est époustouflant, le concert est multidimensionnel, on en prend plein les yeux et les oreilles. Pour ceux que cet aspect trop pop dérange, il était donc temps de clore la soirée avec le rock puissant et salvateur des barbus de ZZ Top avant de reprendre la route.

On se retrouve alors quasiment instantanément transporté dans le Texas des années 70 grâce à la performance des deux texans qui ne vieillissent jamais. Les solos de guitares s’enchaînent sans pour autant se ressembler, on sent que la formation a su garder de l’énergie et en a sous le capot. Les barbus légendaires jouent avec passion et fougue, mais on est cependant assez déçus par la monotonie du concert. Les morceaux bluesy sont joués à la suite et la formation manque de nous embarquer dans leur univers sur la durée.

Après un set bien rodé des ZZ Top, nous assistons à un magnifique feu d’artifice depuis les berges du lac, le spectacle est magnifique. Cette édition 2016 des Eurockéennes se termine en beauté, aussi bien qu’elle avait débuté à vrai dire. Ces 3 jours au paradis nous ont permis de découvrir une belle poignée d’artistes confirmés ou encore en développement et d’assister à de beaux instantanés rock. On a désormais grande hâte de revenir sur la Presqu’île l’année prochaine. Chapeau bas aux organisateurs.

-Alex : Blossoms + The Kills + Courtney Barnett + Kurt Vile & The Violators + ZZ Top + Outro

-Clémence : Frank Carter + M83

-Crédits photos : Eric

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