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CHEMICAL BROTHERS, Born In The Echoes

Cinq ans maintenant écoulés, depuis l’album Hanna, bande originale du film éponyme, pour voir réapparaître Tom Rowlands et Ed Simons, aux commandes de Born in the Echoes, nouvel et déjà huitième album du duo.

Après une carrière que l’on peut qualifier, sans se mentir, de plutôt bien rodée pour les deux mancuniens, on peut s’interroger quand à la sortie de ce huitième opus ; L’ultime ? Le renouveau ? La continuité ?

Pour ce qui est du dernier, seul le prochain pourra nous le confirmer ! Mais il semblerait plutôt que ce cher Born in The Echoes soit un rappel évident de tout ce que maîtrisent, plutôt parfaitement bien, les Chemical Brothers.

L’électro mêlée au rock sur fond de grosses basses rythmiques façon hip-hop est reconnaissable et identifiable aux deux artistes dès la première écoute.

Celle-ci, qui s’entame forcément par le premier titre et single, Sometimes I Feel So Deserted, semblerait tout à fait être, pour les oreilles aimantes et connaisseuses du groupe, une parfaite synthèse de tout ce que peuvent nous exécuter royalement le duo, et qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler Leave Home du mémorable et premier album Exit Planet Dust de 1995. Ce dernier étant d’ailleurs bien connu comme un petit bijou intemporel mettant en avant plus que jamais le style big beat que les Chemical Brothers ont si bien su populariser (sans occulter, quelque temps avant eux, les Prodigy). Block Rockin’Beats (de l’album Dig Your Own Hole) restant, il faut se le dire, l’un des titres indéniablement représentatifs et populaires au possible du duo sur cette question. Toutes ces perles du duo laissent explicitement une ombre insistante sur les compositions de ce huitième opus.

La cohésion de l’album se fait finalement au travers du premier (Sometimes I Feel So Deserted) et dernier titre (Wide Open), qui célèbrent à eux deux, et en osmose, bien que presque tout semble les séparer, la patte majestueuse et singulière que l’on doit aux deux compères.

Une majeure partie fortement énergique, saccadée, presque excitée, avec des morceaux tels que Go (qui, au passage, se dote pour la réalisation de son clip de l’expérience assurée du fameux Michel Gondry), ou encore I‘ll See You There, à la limite de la cacophonie musicale ;

Cet enchaînement de dynamisme laisse place, sur la toute fin de l’album, à des mélodies s’approchant de l’hypnotique voir du psychédélique, remis d’ailleurs au goût du jour par le duo, on s’en souvient, au travers du titre The Private Psychedelic Reel, il y a quelques années.

Un calme planant aujourd’hui donc, lunaire même au travers des titres tels que Radiate, Wide Open ou bien Taste Of Honey, dont on ressort quelque peu perché !

Mais c’est aussi un album de featurings, et pas seulement du neuf ! On retrouve aux côtés des Chemical, sur le titre house EML ritual, Ali Love, qui posait déjà sa voix, on s’en souvient, sur le célèbre Do It Again, tiré de l’album We Are The Night, dont on oublie un peu trop souvent que sa provenance ne se trouve pas du côté de Pacco Rabane lui-même, et non ! D’autres invités, à l’image de Q-Tip, St. Vincent, Cate Le Bon ou encore Beck viennent assister les faux-frères.

Sans surprise véritable mais avec un plaisir certain, les Chemical Brothers nous livrent ce huitième album comme étant explicitement un témoignage d’une expérience riche et variée datant de nombreuses années. Ils nous démontrent une fois de plus, même si finalement peu de choses restent à prouver, que les pionniers du big beat sont toujours bel et bien là, et s’ancrent davantage dans l’histoire de ce style qu’ils ont eux-mêmes fait connaître.

Artiste : The Chemical Brothers

Album : Born in the Echoes

Label/Distribution : Virgin EMI Records

Date de sortie : 17/07/2015

Genre : électro

Catégorie : Album Rock

-Juliette

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