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LIVE-REPORT : JACK & THE BEARDED FISHERMEN + THE IRRADIATES, samedi 30 mai 2015, à L’entrepôt, Besançon (25)

Ce soir c’est le grand soir. Celui des 10 ans d’existence des Jack and the bearded fishermen. 10 ans déjà que le capitaine, son équipage et son rafiot écument les mers, font escale, bravent la tempête pour rapporter au public bisontin des trésors sonores pêcher au grand large. 10 ans que ces fidèles marins remontent, des profondeurs océaniques, leurs filets chargés de vestiges et autres merveilles obscures. Ce soir une fois de plus, ils ont jeté l’ancre à Besançon, leur port natal, et toute la ville est venue fêter leur retour à l’entrepôt.

Sur le chemin de Halage, en route pour le concert, je croise des pêcheurs – comme un effet d’annonce –.  Ils ont tendu leurs lignes dans les eaux taciturnes du Doubs, espérant peut-être attraper quelques sirènes et autres créatures marines aux haillons d’argent. Le ciel est clair et les derniers rayons du soleil viennent mourir dans le feuillage des arbres qui bordent la rivière. Tout semble présager une bonne soirée.

À l’abord de l’entrepôt – lieu du crime – le clapotis de l’eau laisse place à un léger bourdonnement. C’est que les réjouissances font rage de l’autre côté de la façade grise de la bâtisse désaffectée. Une pancarte en bois nous invite à entrer. Et, surprise : derrière les murs de la masure se cache un lieu hors du commun, petit coin de paradis perdu, à la fois enchanteur et onirique : une charmante buvette en bois se dresse sur la gauche, tandis qu’un jardin parsemé de tables et de chaises multicolores accueille les convives, venus siroter leurs boissons aux lueurs de quelques lampions et bougies. Sur la droite, deux stands de merch : un pour les vinyles – véritables cavernes d’Ali Baba du rock local signé Impure Muzik – un pour les sérigraphies – T-shirts et affiches aux graphismes signés Floriane Miny –.

the irradiates

Lorsqu’on pénètre dans l’édifice, on tombe nez à nez avec la première partie du concert : The Irradiates ou les représentants du surf rock local. Bien connus des Bisontins et amis des Jack, c’est mus par un amour conjoint de la musique et de la science que le groupe, fidèle au poste, est venu poursuivre sa quête savante sur la manipulation mentale par le biais des ondes sonores. Dans le halot bleu des lights, le groupe abat sur son public une déferlante de riffs ingénieux et un amas de plans de batterie tonitruants. Nous voilà plongés quelque part entre un film de Quentin Tarantino – avec des titres comme Dark Matter ou encore Locked In The Chromatic Spectrum  qui créent l’engouement auprès du public ; une serre remplie de plantes carnivores – Herbivore issue de leur dernier album en date : Revenge of the Plants – où le Dr Holydays s’adonnent aux expériences Biometric les plus folles ; et une grande réunion de famille.

The irradiates 2

Puis c’est au tour des Jacks de faire leur entrée sur scène. La salle est pleine à craquer : les amis, la famille ainsi que tout le milieu de la musique bisontine s’est rendu sur les lieux pour l’occasion, celle de fêter l’anniversaire du capitaine et de ses matelots, celle de convoquer sur le pont tous les marins ayant joué, à un moment ou à un autre, un rôle sur le navire – soit 5 batteurs, 5 guitaristes et 2 bassistes, rien que ça –. Celle encore de dépoussiérer les vieux morceaux créés par le groupe il y a bien longtemps, mais qui font encore aujourd’hui leur fierté et la joie de leurs fans. Dans la salle la tension est palpable : tous n’attendent plus qu’une chose : voire voguer à nouveau le navire.

the jack

C’est alors que nos compères s’élancent sur les flots impétueux avec Reminder – comme un cri déchirant les ténèbres  d’un « rappelez-vous de notre nom » —. S’en suit Way Out où les guitaristes distillent des riffs précis et angoissants qui répondent à un ronronnement de basse sourd, venu du tréfonds de la nuit. Puis le groupe met le feu aux poudres avec Minor Noise, petit bijou taillé dans un rock noir et précieux issu de leur dernier album éponyme, considéré par beaucoup, comme un de leurs titres les plus profonds. Le public ému, se déchaîne et applaudit à tout rompre. S’en suit Scenario, Beginner et invisible song, des titres à la noise stoner, sombre et rugueuse issue de l’album Places to hide. C’est l’émulation : les Jack dansent, sautent, balancent leurs cheveux d’avant en arrière. Ça joue vite et bien.jack slam

Soudain, quelque part entre Good Bye Black Wolves et DF Code et Lightning Colt, les guitaristes quittent tour à tour la scène, s’élançant en slam dans le public tout en continuant à jouer de leur instrument, se laissant porter par les vagues. Performance. Le set se termine sur Minneapolis, mais on rappelle bien vite les matelots sur scène pour que viennent enfin danser avec le diable sur Shipwrecked & Survivors ; un morceau au rock métallique, où les riffs de guitare sont à la fois obscurs, sexy et dirty. Après cette dernière danse, le public comblé scande un « joyeux anniversaire » sincère, et fait couler les larmes qui se mêlent à la sueur sur les joues des marins qui repartent voguer en paix, avec la satisfaction du devoir accompli.

jack

Les Mighty Worms animent la troisième partie de soirée et font danser les filles aux sons des platines et des vieux vinyles. Ça swingue dans la joie et la bonne humeur. La soirée bat son plein à l’extérieur entre quelques éclats de rire, des discussions enflammées ou encore des retrouvailles aux détours d’une bière ou à la faveur d’une cigarette. Un anniversaire rondement mené, que les Jack and the bearded fishermen ne sont pas prêt d’oublier.

Crédit photo : Clémence Mesnier.

Remerciement aux groupes, aux organisateurs, et aux associations de l’entrepôt, Impure Muzik et Vouhvoue.

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